Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Extrait du compte-rendu de l'examen du projet de loi portant création de l’établissement public chargé de la formation professionnelle des
adultes, 19 janvier 2017.


Madame la présidente, Madame la secrétaire d’État, Chers collègues,
voilà un projet de loi composé d’un article unique qui vise à ratifier une ordonnance afin
de créer un établissement public pour la formation professionnelle des adultes en
remplacement de l’AFPA. Nous sommes dans une procédure accélérée : il était temps !
Le temps nous est en effet compté puisque nous avons atteint la limite pour pouvoir
ratifier.
Mes chers collègues, dans une carrière politique et de service public déjà longue -
même si elle n’est pas encore tout à fait terminée - , il y a plusieurs choses que je ne
suis jamais parvenu à comprendre, et d’abord l’étrangeté de certaines institutions
publiques.
Comment est-il possible qu’une association gère l’AFPA ? C’est une absurdité, qui ne
s’explique que par l’histoire. Une association financée et contrôlée par l’État, cela n’a
aucun sens ! Les complexités existent aussi dans le monde privé, mais elles ont toujours
une logique - les sociétés en commandite, les sociétés en participation : c’est
compliqué, mais au moins il y a une logique. En revanche, une association - qui
associe-t-elle ? L’État avec l’État ? - pour gérer un service public, cela n’a pas de sens.
C’est donc une excellente chose que le projet de loi y apporte une issue salvatrice.
La deuxième chose que je n’ai jamais comprise - je ne vous dirai pas tout ce que je n’ai
pas compris dans la vie publique : ce serait trop long ! -, c’est l’incroyable complexité de
la formation professionnelle en France.
Du reste, l’histoire de l’AFPA en témoigne : créée dans une période de plein-emploi pour
pallier les évolutions des métiers par la formation, elle s’est ensuite, par la force des
choses, repositionnée massivement sur la formation des demandeurs d’emploi.
Accessoirement, il est parfois arrivé que l’on se serve de la mise en formation pour
alléger la statistique du chômage - ce n’est naturellement pas le cas aujourd’hui ! Puis,
elle revient à sa vocation fondamentale, ici même, c’est-à-dire la qualification des agents
et des employés, ainsi que la prise en compte de la transformation.
Entre-temps, elle a dû faire face à deux défis : la décentralisation de la formation
professionnelle et l’irruption massive de la concurrence dans ce domaine.
Enfin, troisième point - je m’arrêterai là sur ce que je ne comprends
pas : la faible importance accordée en France, au fond, à la formation. Certaines choses
sont parfois assez surprenantes : un certain rejet de l’apprentissage - même si ce
Gouvernement a d’ailleurs développé ce dernier -, des formations initiales oscillant
entre généralités non-professionnelles et spécialisations parfois absurdement outrées -
formations aux postes qui n’ont aucun sens - et oubli profond de ce qu’était la notion
d’éducation permanente alors que c’est elle qui nous permet d’exister intellectuellement
et, parfois, d’exister tout court.
Je suis toujours frappé de constater, lorsque l’on se livre par exemple à des
comparaisons internationales, combien la formation peut être parfois la raison d’être
même d’une entreprise. Je connais de grandes entreprises dans le domaine de
l’informatique dans d’autres pays, notamment en Inde, pays que je connais bien, dont
les établissements sont littéralement appelés des « campus ». Ce ne sont ni des
universités, ni des lieux de formation principalement mais ils s’appellent des « campus ».
Pourquoi ? Parce qu’une grande partie de leur activité consiste à former en permanence
des employés pourtant déjà incroyablement qualifiés et de grande qualité.
J’en reviens à notre AFPA. L’association nationale, qui n’a aucun sens, est donc
remplacée par un établissement public industriel et commercial - EPIC - parfaitement
adapté puisqu’il s’agit d’une intégration au service public de l’emploi et de l’inclusion de
cette activité très importante qu’est la formation des personnes qui n’ont pas d’emploi -
mais, également, de celles qui en ont, des salariés - et que le statut d’EPIC permet
d’encaisser des recettes en fonction de l’activité, etc.
Un conseil d’administration comprend donc des représentants de l’État, des régions, des
organisations syndicales de salariés, des organisations professionnelles, enfin, de tout
ce qui fait que les conseils d’administration de France et de Navarre se ressemblent.
Peut-être regrettera-t-on un peu le pouvoir discrétionnaire de nomination par arrêté des
ministres de tutelle mais, très honnêtement, je pense que cela se passera plutôt bien en
pratique : des gens généralement représentatifs seront choisis de façon plutôt
consensuelle.
Certes, quelques problèmes demeurent peut-être mais, dans l’ensemble, des questions
fondamentales sont réglées, dont la dévolution du patrimoine immobilier de l’État, lequel
pourra être mis à disposition de cet établissement public de l’État, ce qui est assez
logique.
Tout a été dit sur l’activité de l’AFPA à proprement parler, ses difficultés financières, le
soutien de l’actuel Gouvernement afin d’assurer sa survie - sans les actions qui ont été
menées, plus aucune question ne se poserait puisqu’il y aurait défaut, faillite ou
extrêmes difficultés de l’association.
Je connais bien l’exemple corse : les centres de formation de l’AFPA, bien répartis
géographiquement sur l’île, ont accompagné en 2015 2 500 actifs, plus de 1 000 salariés
et 1 400 ou 1 500 demandeurs d’emploi dans des domaines professionnels très variés :
le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, les services à la personne, le bâtiment, la
gestion, l’administration des entreprises… Pendant plusieurs années, au Salon de
l’agriculture de Paris, le restaurant du beau stand de la Corse était tenu par des
stagiaires de l’AFPA dans des conditions d’ailleurs difficiles puisque ce n’est jamais très
aisé de cuisiner dans un espace extraordinairement réduit et de faire face à la presse, à
la foule d’un grand salon ! Eh bien, cette gageure pour la direction de l’AFPA et ses
stagiaires était remarquablement tenue ! En 2016, avec 3 000 personnes, cet
établissement répond à la mission qui est la sienne, en Corse et dans les autres régions.
Évidemment, un plan de sauvetage de l’AFPA - il faut appeler les choses par leur nom
- a été mis en place par le Gouvernement et il faut revenir à l’équilibre en constituant
des produits suffisants via les redevances de services rendus, c’est-à-dire via la clientèle
et les ressources que l’on en tire, afin de faire fonctionner la machine de la formation
professionnelle. Cela s’accompagne évidemment d’un certain nombre de difficultés et de
restructurations, comme l’on dit, donc d’une diminution du nombre d’emplois mais je
pense que cela se passera convenablement.
Mes chers collègues, madame la secrétaire d’État, je n’ai pas besoin de le dire : le
groupe RRDP - même si je suis le seul présent mais c’est déjà beaucoup (Sourires) ! -
votera bien entendu cet excellent texte sans la moindre hésitation. Il vient à point
nommé et même, si j’ose dire, sur le fil du rasoir.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/01/2017
Pourquoi j’apporte mon parrainage à Emmanuel Macron.
Membre du mouvement En Marche dès sa création, j’ai choisi de soutenir l’ancien ministre de l’Economie, bien avant qu’il ne présente sa candidature.
Je partage son diagnostic lucide sur le manque de compétitivité de la France et adhère à ses propositions de réformes, notamment en faveur d’un cadre fiscal favorable à l’investissement des entreprises.
En matière d’organisation du travail, je suis convaincu de la nécessité de penser différemment l’accès à l’emploi et à la formation pour que chacun puisse d’abord vivre de son travail et que ce travail corresponde à ses moyens, ses compétences, sa formation.
Sans abolir les 35 heures, il convient d’assouplir ce cadre, dans la concertation et d’abaisser les charges salariales pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages.
Sur les retraites, je suis favorable à une retraite par points qui reflèterait la réalité du travail.
En matière de chômage, je suis favorable à sa proposition d’ouvrir les droits aux indépendants, aux commerçants et aux artisans. Très logiquement, il estime que le financement devrait être plus supporté par l’impôt que par une cotisation qui pénalise ceux qui travaillent.
La Corse sera une étape importante de sa campagne. J’ai eu l’occasion de m’entretenir, à plusieurs reprises, avec lui des défis qui attendent notre île.
Il prendra le temps prochainement de la visiter, de l’écouter, d’essayer de comprendre avant de proposer et de partager des idées et des projets.
Avec Emmanuel Macron, la France doit se mettre en marche et la Corse avec elle !
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/01/2017

Pace e Salute !

10/01/2017
A l’aube de cette nouvelle année, je vous présente mes meilleurs vœux pour 2017.
Que cette année apporte à toutes et à tous la santé, le bonheur et la réussite dans les projets entrepris. Mes pensées vont aux malades, à ceux qui souffrent, qui sont seuls ou dans la pauvreté mais également à ceux qui subissent des épreuves.
L’année 2016 a été marquée par le terrorisme et il est nécessaire d’être unis et solidaires face à ces atrocités. Je souhaite que la nouvelle année soit placée sous le signe de l’apaisement et de l’espoir. Nous devons rassembler nos forces afin de construire un avenir prometteur à nos enfants. En 2017, vous aurez l’occasion de donner votre avis. J’ai toute confiance en la Corse pour relever ensemble les différents défis à venir.

Très bonne année 2017 ! Pace è salute.

http://voeux.assemblee-nationale.fr/cartes/5037_940793/ http://voeux.assemblee-nationale.fr/cartes/5037_940793/

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/01/2017

Extrait du compte-rendu du débat sur le projet de loi relatif à l'égalité et la citoyenneté, 22 décembre 2016.


Monsieur le président, madame, monsieur les ministres, une fois de plus, nous consacrons une séance – la dernière de l’année 2016 – à l’examen d’un projet de loi sur l’égalité et la citoyenneté. Deux siècles après l’instauration de la République, ce n’est pas le premier du genre, ni certainement le dernier.

Même si ce texte ressemble à un inventaire à la Prévert – comme on dit maintenant lorsque l’on ne sait pas le français –, il n’est nullement surréaliste. Il est même, pour une fois, remarquablement pratique et réaliste, du moins pour certaines de ses dispositions, normatives et concrètes – je ne parlerai pas des autres, qui n’ont aucun intérêt.

C’est d’ailleurs ce qui a fait la difficulté de l’exercice, notamment dans les navettes avec le Sénat. Finalement, celui-ci nous a rendu service en ne discutant pas de ces dispositions, ce qui a permis d’accélérer les choses et de clore aujourd’hui l’examen. C’est dommage pour le débat, mais assez pratique.

Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des dispositions qui, pour être hétéroclites, vont toutes dans le même sens. Je remercie Mme Chapdelaine, rapporteure thématique, d’avoir rappelé que l’obligation d’accueil des enfants dans les cantines scolaires est issue d’une proposition de loi signée par Roger-Gérard Schwartzenberg et l’ensemble des membres du groupe radical, républicain, démocrate et progressiste. Ce texte a été présenté lors d’une niche parlementaire, mais nous n’avons pas eu le loisir d’aboyer beaucoup. (Sourires.) Toutefois, le cri, ou l’aboiement, que nous avons émis à cette occasion, a été repris par le présent projet de loi, de telle sorte que ces dispositions, qui n’ont l’air de rien mais peuvent faire beaucoup dans certaines circonstances, sont adoptées.

Ce qui est intéressant, c’est que ce projet de loi prend en compte les zones défavorisées, rurales, économiquement fragiles, périphériques, qui tendent à subir un décrochage économique et social, mais aussi un décrochage citoyen. Dans ces zones, l’accès aux services publics, aux transports, aux télécommunications, qui semble aller de soi ailleurs, est devenu difficile.

Les bons esprits sont frappés aujourd’hui de ce qui se passe sur le plan politique dans les pays occidentaux : une partie, souvent majoritaire, de l’électorat – donc du peuple –, en marge du système en place, des journaux, de la classe politique, vote de manière parfois surprenante, et regrettable – même si le peuple a toujours raison. Or cela ne vient pas par génération spontanée : ce phénomène est lié en grande partie au fait que les personnes en question habitent les périphéries, les marges, les banlieues, les zones rurales. Si cela est particulièrement frappant aux États-Unis, on observe la même chose en France, avec – entre autres – ce paradoxe extraordinaire que ces zones rurales, où le phénomène d’immigration n’existe pratiquement pas, montrent une sensibilité extravagante à la question de l’immigration. On voit bien que c’est un état d’esprit général, qui rend les choses difficiles. Si nous ne prêtons pas attention à ces décrochages citoyens, à ces décrochages d’accès, nous aurons – et c’est déjà le cas aujourd’hui – à faire face à des difficultés et à des contradictions politiques.

Bien entendu, ce projet de loi n’est qu’une contribution modeste. Même si son contenu est relativement riche, il en faudra bien d’autres pour espérer s’approcher de l’égalité en droit. Lorsque nous étions jeunes et que nous faisions des études de sciences politiques, on nous disait : « L’égalité, ça n’existe pas, mais au moins, la Constitution et la République nous ont apporté l’égalité en droit ». En réalité, non. Ce que nous essayons d’approcher, à travers un projet de loi comme celui-ci, c’est l’égalité en droit. Mais nous sommes encore loin de ce qui demeure un objectif à atteindre.

Le groupe que je représente – un député pour dix-sept, le ratio est l’un des plus élevés dans l’hémicycle aujourd’hui ! (Sourires) – est, par définition, républicain, progressiste, démocrate et même radical. Il ne peut donc que voter avec enthousiasme l’ensemble de ces dispositions. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/01/2017

Extrait du compte-rendu de la séance du 22 décembre 2016.


Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, nous voici donc réunis pour la dernière séance, qui me fait penser à la fois à la veille de Noël, avec tout de même quelques petits cadeaux empoisonnés, et aux Adieux de Haydn, puisque nous ne sommes plus très nombreux et que cette symphonie comporte un message subliminal.

Cet ultime texte de la mandature en matière budgétaire est marqué par la réalisation du plan triennal d’économies pour l’année 2016. C’est un effort considérable, même si l’on nous dit, sans doute à juste titre, qu’il marquera le pas en 2017. Il est évidemment plus facile d’exiger des dépenses quand on a quitté les responsabilités ou qu’on ne les occupe pas encore. Nous avons vu ces jours-ci, avec la dépense militaire, que d’aucuns pouvaient tomber dans ce travers : alors qu’ils ne sont plus en charge, ils exigent maintenant des efforts en dizaines de milliards d’euros par an.

La vérité, vous la savez tous, et, si vous l’avez oubliée, je vais vous la rappeler : les taux d’intérêt vont tôt ou tard augmenter, probablement d’un point au moins en 2017 et d’autant en 2018, voire bien davantage ; nous ne voyons pas comment nous pourrons faire face à l’augmentation des frais financiers qui en découlera, car elle devrait atteindre – sachant que la dette se renouvelle avec une maturité moyenne de sept ans – plusieurs dizaines de milliards d’euros en deux ou trois ans, soit à peu près l’équivalent de nos dépenses militaires.

Mme Marie-Christine Dalloz. Exactement !

M. Paul Giacobbi. Nous sommes donc face à une impasse future. Il est vrai que cette mandature a connu des taux d’intérêt anormalement bas, complètement fous, en raison d’une politique monétaire assez folle, même si elle avait ses avantages.

C’est cependant sans flagornerie, monsieur le secrétaire d’État, que je voudrais vous rendre hommage. Vous avez tenu votre poste, sans renier vos convictions sur les priorités de la dépense publique et sans céder sur la trajectoire, même si l’on peut toujours estimer qu’il aurait été possible de faire mieux. Je souhaite d’ailleurs à ceux qui vous critiquent aujourd’hui de faire aussi bien que vous demain.

Un mot, maintenant, à propos de la Corse.

Mme Marie-Christine Dalloz. Ah !

M. Paul Giacobbi. Sans vous, nous n’aurions pas réglé la question des arrêtés Miot, même si, pour des raisons de sécurité constitutionnelle, ce règlement ne figure pas dans une loi de finances. Les polémiques absurdes de ces jours-ci sur l’utilisation de l’enveloppe de continuité territoriale, que nous aurions voulu affecter au monde rural, n’ont aucun sens : c’est vous qui avez accepté la fongibilité avec les routes territoriales, ce qui est à la fois logique et suffisant. Je vous rends d’autant plus hommage sur ce point que vous l’avez fait non pas à contrecœur, mais disons avec un enthousiasme modéré – en tout cas, ce n’était pas votre inclination naturelle –, conformément à ce que doit être la loyauté dans la conduite des affaires publiques.

Enfin, notre groupe a souvent trouvé auprès de vous une oreille attentive ; ce PLFR en témoigne à travers plusieurs amendements.

Sans flagornerie, encore une fois – qu’attendre d’une fin de législature ? –, vous avez marqué les finances publiques françaises, chacun le reconnaît déjà. C’est un rôle ingrat. L’inventeur de nos finances publiques modernes, l’ancien abbé Louis, devenu baron Louis, disait simplement : « Faites-moi de bonnes politiques, je vous ferai de bonnes finances. » Reste à savoir si l’on vous a fait de bonnes politiques ; les avis sont à tout le moins partagés mais je n’entrerai pas dans la polémique.

Pour l’ensemble de ces raisons, le groupe radical, républicain, démocrate et progressiste approuvera naturellement ce PLFR, qui lui convient globalement, malgré les difficultés de l’heure. Il le fera avec plaisir, parce que c’est vous qui l’avez défendu. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 03/01/2017
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