Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Dégradation

13/11/2013
Dégradation
Mon grand-père disait je crois qu’en politique “il faut voir les choses comme elles sont et non comme on voudrait qu’elles soient”.
On peut tout dire à propos de l’abaissement du crédit français par Standard & Poor’s de AA+ à AA : que ces agences de notation sont sans influence sur le crédit d’un Etat, qu’elles sont guidées par je ne sais quel mauvais esprit anglo-saxon voire inspirées par un véritable complot anti-français d’une supposée internationale de la finance, que même un prix Nobel, Paul Krugman, a pris notre défense dans le New York Times etc…
Il n’en reste pas moins que c’est un signe et un très mauvais signe pour la France.
A terme, cela peut nous coûter le prix considérable d’un renchérissement de notre recours au crédit : des milliards d’euros par an au début, très vite des dizaines de milliards d’euros.
Mais surtout, au lieu de pousser des cris d’orfraie, pourrions-nous considérer ce qu’il peut y avoir de juste dans l’analyse : en l’absence de réforme structurelle profonde, le pari de la reprise et de la compétitivité pourrait bien échouer.
Ce qui est le plus grave, ce n’est pas ce que pense et dit Standard & Poor’s, c’est ce que pense et dit le peuple de France. Et ces derniers temps, il me semble qu’au-delà des appartenances partisanes, le peuple de France, qu’il se situe à droite ou à gauche, a dégradé notre pays bien plus sérieusement que cette agence de notation.
Car enfin si l’on interrogeait les français en leur demandant comment ils notent la France sur le plan économique, je redoute que le résultat serait très en-dessous de AA+.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/11/2013
The smiling villain…
On october 1st, John Bolton wrote a paper in the Wall Street Journal : « How Rouhani is playing Obama”. He pointed out Rouhani’s strategy : “his conciliation strategy is intented to buy time and legitimacy to build a bomb”. And quoting Shakespeare, he concluded that “one may smile, and smile, and be a villain”.
I generally don’t share the views of American republicans, but when they are right, it is our duty to consider their point of view.
So I entirely approve the strong and realistic attitude of Laurent Fabius in Geneva.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/11/2013

Le député du jour

12/11/2013

http://lcp.fr/153082


Le député du jour
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/11/2013

Mon intervention en discussion générale, le 6 novembre 2013


Monsieur le président, monsieur le ministre du budget, il faut nous garder, en examinant ce budget de l’action extérieure de l’État, de mesurer le volontarisme de nos politiques à l’aune des moyens qui leur sont consacrés. Ce n’est pas en effet parce que l’on diminue les crédits qu’il y a nécessairement une dégradation de notre politique. Après tout, le baron Louis, qui fut d’ailleurs aussi diplomate et qui avait même été pressenti pour le ministère des relations extérieures, disait : « Faites-moi de bonne politique, je vous ferai de bonnes finances ».

Cependant, si la qualité de notre politique extérieure n’est pas fonction directe du budget qui lui est consacré, il existe tout de même des seuils en deçà desquels il ne reste plus beaucoup de place pour l’action et pour la politique. Nous n’en sommes pas encore là, et nous en sommes même assez loin ; mais pour parler crûment, nous ne sommes plus très loin de l’os, après avoir éliminé tout le gras et taillé assez profond dans la chair du ministère des affaires étrangères.

Je voudrais brièvement évoquer trois points : le redéploiement, les organisations internationales et ce que l’on appelle maintenant la diplomatie d’influence.

Le redéploiement commence à devenir réalité mais, au regard des efforts colossaux de restructuration qu’il nous faudrait entreprendre, cela reste modeste. Un seul exemple : nous avons aujourd’hui 93 agents au Togo et 81 au Nigeria, c’est-à-dire nettement plus d’agents au Togo qu’au Nigeria, ce qui ne correspond pas à une appréciation de l’importance spécifique de ces pays. La qualité l’emporte parfois peut-être : autrefois, M. Myard était en poste au Nigeria. Avec de tels diplomates, la France était certainement fort bien représentée, mais enfin il n’y est plus, et je ne sais pas s’il reste des diplomates de cet acabit au Nigeria.

Par ailleurs, à l’ère des voyages aériens et des télécommunications, le concept des représentations permanentes mérite évidemment d’être revisité. Nombre de nations, non négligeables, ont parfois ce que l’on appelle des laptop ambassadors – pardonnez-moi cette expression : il n’existe pas de traduction française –, c’est-à-dire des gens de grande qualité, qui agissent seuls, descendent à l’hôtel, sont compétents pour plusieurs pays et font un travail qui n’est pas nécessairement mauvais. Je me demande si ce concept ne mérite pas d’être étudié, voire expérimenté.

En outre, plusieurs collègues de la commission des affaires étrangères ont fait remarquer qu’il existait dans certains pays, notamment les États-Unis d’Amérique, plusieurs secrétaires d’État, au nombre de trois ou quatre, auprès du ministre des affaires étrangères, qui parcourent le monde et pourraient nous représenter à bon niveau, en s’appuyant sans cabinet particulier sur l’infrastructure du Quai d’Orsay. Cela nous permettrait, à moindres frais, de démultiplier notre présence ministérielle en coûtant infiniment moins cher qu’une représentation de quatre personnes – parfois relativement médiocres, pardonnez-moi de le dire –, qui n’a pas beaucoup d’influence pour le rayonnement de la France dans un pays donné.

S’agissant des organisations internationales, je ne me réjouis que très relativement de ce que notre contribution baisse, puisqu’elle traduit finalement le recul relatif de la France au titre de sa capacité contributive. On ne doit pas s’en faire une gloire, mais simplement remarquer que l’on recule.

J’insiste sur la nécessité d’être actifs, plus que nous ne le sommes, dans le contrôle de l’utilisation des fonds que nous versons à des organisations internationales, qui restent des modèles de mauvaise gestion et parfois de corruption, y compris du reste dans leurs tâches internationales les plus « régaliennes ». Je vise en particulier les opérations de maintien de la paix, qui peuvent donner lieu à des remarques extrêmement graves et qui, normalement, pourraient envoyer en correctionnelle – si ce n’est pire – un certain nombre d’agents. Il faut que l’on cesse de nous dire que l’argent mis dans les organisations internationales est sanctifié : il est parfois blanchi.

S’agissant de la diplomatie d’influence, le recul des bourses pour les étudiants étrangers en raison d’une raréfaction des crédits est malheureusement dans l’air du temps. Je m’inquiète surtout de savoir si nous avançons dans l’idée de constituer un véritable réseau, connu et entretenu, des étrangers qui ont étudié en France, boursiers ou non.

Cela n’existait pas jusqu’à présent ; Campus France en est aujourd’hui chargé. Il est tout à fait essentiel de disposer d’un outil précis et fiable, opérant un recensement rigoureux par pays de tous ceux qui ont étudié en France – en particulier les boursiers, mais pas seulement –, et animant ce réseau des alumni français de telle ou telle institution universitaire et éducative française. Cela doit devenir un outil d’influence et un outil pratique de relations publiques pour la diplomatie française.

Pour conclure, le ministre des affaires étrangères n’est pas là, mais un ministre qui connaît Cognocoli-Monticchi est évidemment qualifié pour la diplomatie, cela va de soi ! S’il était là, j’aurais dit au ministre des affaires étrangères que si la réduction des moyens n’empêche pas de faire progresser notre diplomatie, il en est au fond un excellent exemple puisqu’il fait progresser la diplomatie française avec des moyens en baisse. Voilà pourquoi notre groupe apportera son soutien à ce budget. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 08/11/2013
Trois principes de fiscalité politique
Il y a bien longtemps, quand j’étudiais les finances publiques, des professeurs expérimentés nous expliquaient que pour bien faire passer l’impôt auprès du contribuable, il fallait à tout le moins respecter trois règles :
- Ne jamais créer d’impôt nouveau. Les impôts nouveaux ne sont pas populaires même lorsqu’ils n’entrainent qu’une très faible charge pour le contribuable et même lorsqu’ils remplacent d’autres impôts qui sont supprimés. Au surplus, la quasi-totalité des recettes fiscales provient de trois impôts anciens et dont personnes ne remet en cause le principe, à savoir la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.
- Toujours augmenter l’assiette de l’imposition, jamais les taux. L’Irlande a une assiette très large pour son impôt sur les sociétés et un taux très faible. La France a une assiette assez réduite de son impôt sur les sociétés grâce à l’amortissement dégressif, au crédit impôt-recherche et aux mécanismes de localisation de l’imposition. Mais la France a un taux qui avoisine les 40%, compte tenu des nouvelles surtaxes et l’Irlande est à 12,5%. Cependant, les entreprises irlandaises qui paient en moyenne 10% sont persuadées de vivre dans un paradis fiscal alors que les entreprises du CAC40 français se plaignent de n’acquitter en réalité que moins de 8%.
- Toujours avoir présent à l’esprit qu’un impôt est fait pour procurer des recettes à l’Etat et non pour induire un changement de comportement des contribuables…
Ce sont des principes simples mais il n’est malheureusement pas venu à l’esprit de nos gouvernants de les appliquer, ce qui n’est pas sans expliquer le début de révolte fiscale à laquelle nous assistons.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/11/2013
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