Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Tarte à la crème

28/11/2013
Tarte à la crème
Se dit d’un gâteau qui peut être projeté sur votre visage au nom de je ne sais quelle manifestation politique ou d’un sujet souvent évoqué mais jamais traité : c’est toute l’ambivalence de la « grande réforme fiscale » dont on parle souvent mais que l’on n’entreprend jamais et que l’on se prend toujours en pleine figure comme la pâtisserie du même nom…
La première des réformes fiscales seraient tout de même de mieux présenter l’impôt. Savez-vous que, contre toute attente ou tout présupposé, les bénéfices des entreprises sont plus lourdement taxés en Irlande qu’en France mais que tout le monde pense que c’est le contraire parce que la loi irlandaise affiche des taux très bas sur l’imposition des sociétés appliqués à une assiette universelle qui n’est diminuée que par très peu d’exemptions, tandis que la loi française affiche des taux exorbitants appliqués à une assiette réduite à une peau de chagrin par la plus belle collection de niches fiscales du monde ?
Réalisez-vous que la CSG, dont finalement fort peu de gens se plaignent, tant et si bien que la plupart des contribuables n’ont même pas conscience de la payer, rapporte bien plus à la République que l’impôt sur le revenu par lequel tout citoyen se sent accablé ?
Cinq milliards par an de diminution de la TVA sur la restauration n’ont pas plus réussi à abaisser le prix des repas dans nos restaurants qu’à créer des emplois dans ces honorables établissements et l’on a mis la Bretagne à feu et à sang pour une écotaxe sur les transports routiers qui avait été votée à l’unanimité et dans l’enthousiasme par tous les partis politiques qui composent l’Assemblée nationale et le Sénat alors qu’elle n’aurait rapporté net que quelques centaines de millions d’euros par an.
La recette d’une véritable réforme fiscale consisterait avant tout à simplifier les calculs d’assiette et à baisser considérablement les taux. Cela permettrait en définitive une bien plus grande justice sociale, une considérable stimulation de l’économie et des recettes fiscales plus abondantes pour notre République.
Mais nous nous cramponnons à nos faux-semblants fiscaux, dans un pays où il a été depuis longtemps démontré qu’une multi-milliardaire pouvait acquitter moins de 10% d’impôt sur le revenu, alors qu’un cadre moyen dont les revenus peuvent être mille fois inférieur est proportionnellement taxé plus lourdement.
Le Premier ministre a raison de lancer le chantier de la réforme fiscale. Espérons qu’il la mènera à bon port, et qu’il ne se la prendra pas en retour dans la figure.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/11/2013
La communauté européenne de défense
Voilà que l’on reparle, sans même avoir conscience d’une très malheureuse redite, de l’Europe de la défense… ce que l’on appelait jusqu’en 1954 la Communauté européenne de défense lorsque l’Assemblée nationale française rejetait le traité signé en 1950 qui l’instituait entre les six pays fondateurs de la Communauté européenne de l’époque !
La vérité c’est que peut-être l’Europe politique est morte ce jour-là et qu’elle n’a jamais réussi jusqu’à présent à renaître de ses cendres malgré toutes sortes de discours qui n’ont pu laver ce pécher originel.
Il faut dire aussi que depuis 1954, l’Europe ne représente plus - et d’une certaine manière c’est plutôt heureux - un enjeu stratégique comparable.
J’ai vécu dans un monde où l’on en était encore à calculer le temps de parcours des chars soviétiques s’ils recevaient l’ordre d’envahir l’Europe occidentale et où l’installation ou non de missiles américains en Europe face aux missiles installés à l’Est faisait l’actualité.
L’Europe n’est plus ce terrain d’affrontement des grands de ce monde qui se disputent plutôt la mer de Chine, l’Asie en général, et les routes stratégiques de l’Arctique, en particulier la fameuse route du nord-ouest qui relie bien plus facilement l’Asie à la façade Atlantique de l’Amérique que les routes traditionnelles…
Et puis, après l’échec de l’Afghanistan, les difficultés de l’Irak et le fiasco de Libye, l’Occident est saisi de ce doute stratégique qui lui fait enfin comprendre qu’une armée supérieure en nombre, en organisation et en armement ne garantit en rien la victoire finale qui ne se caractérise en définitive, aujourd’hui comme hier, que par le fait de rester maître du terrain.
L’histoire nous l’a enseigné depuis très longtemps, au moins depuis le désastre de la première expédition anglo-afghane en 1842 où la force expéditionnaire britannique a été anéantie par un ennemi infiniment moins structuré, beaucoup moins bien armé, ne disposant même pas d’une véritable supériorité numérique mais possédant cette force invincible que donne une bravoure atavique d’autant plus extraordinaire qu’elle est décuplée par le fait de défendre son territoire ancestral.
La vérité, c’est que l’Europe n’a plus envie d’aller faire la guerre ailleurs, qu’elle s’en sent incapable, qu’elle pense qu’elle peut se dispenser de défendre un territoire qui ne serait plus menacé et que même les Etats-Unis ne ressentent plus le besoin d’y déployer des forces tant il est vrai qu’ils donnent aujourd’hui la priorité dans leur vision stratégique à leur interface avec l’Asie.
Il restera peut-être quelques discussions à avoir entre européens sur une mutualisation de nos armées ou sur une coopération plus active dans le domaine des industries de l’armement.
Dans un tel contexte, on ne peut pas parler d’Europe de la défense : celle-ci ne saurait grandir ou se renforcer puisqu’elle est morte avant même d’avoir vécu, voici déjà soixante ans.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/11/2013
Entre stagnation et rechute
L’économie mondiale en 2013 est encore et pour longtemps non pas en convalescence, pas même en rémission, mais entre stagnation et rechute.
Bien loin des fanfaronnades sur la croissance retrouvée, toutes les institutions et les académies s’accordent à prévoir pour deux ou trois ans encore une croissance atone, c’est-à-dire une stagnation prolongée.
Les taux d’intérêt des banques centrales se situent entre 0 et 0,5%, la liquidité quantitative qu’ils fournissent à l’économie est en millions de milliards de dollars par an.
Nous nous trouvons dans une situation bien connue des économistes par laquelle l’abondance sans limite de la liquidité et son prix dérisoire ne parviennent pas à faire repartir l’activité et l’emploi tandis que l’inflation est au plus proche du zéro. C’est ce que l’on appelle une trappe à liquidité.
Le pire est qu’elle suscite une nouvelle éclosion de bulles spéculatives (immobilier, pétrole, or, obligations, marchés financiers etc…) lesquelles, en l’absence de tout effort de réglementation de la spéculation bancaire (la Volcker Rule n’est toujours pas en vigueur trois ans après son instauration par la loi des Etats-Unis…) vont fatalement, tôt ou tard, éclater.
La seule question que l’on peut se poser est de savoir quand la rechute interviendra.
Nul ne le sait. En revanche, on peut mécaniquement prévoir que cette rechute sera d’autant plus violente qu’elle tardera à venir.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/11/2013
Attractivité des stations de tourisme : report du délai d’instruction au 1er janvier 2018
Grâce à un amendement du groupe parlementaire RRDP au projet de loi de finances pour 2014 (en pièce jointe) dont je suis cosignataire, les stations de tourisme classées, dont Calvi notamment, qui n’ont pu se conformer aux nouvelles règles en vigueur garderont leur classement et les avantages financiers induits jusqu’en 2018. Une loi de 2006, entrée en application en 2009, avait prévu de revisiter le classement des 537 communes touristiques françaises. En raison de lourdeurs administratives, 90 % des communes classées auraient perdu leurs avantages financiers dès 2014.

adntstationstourisme.pdf AdntStationsTourisme.pdf  (68.42 Ko)

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 15/11/2013
Nos banques pourraient apprendre quelque chose des lois islamiques.
Ce titre provocateur est la traduction à peu près littérale d’un article paru le 9 novembre 2013 dans le Financial Times sous la signature de l’éditorialiste Gillian Tett qui n’est pas économiste mais anthropologue de formation.
Dans cet article, elle relate sa rencontre avec un expert de la finance islamique, le pakistanais Sheikh Muhammad Taqi Usmani. Elle souligne que si, durant les années précédant la crise de 2007, bien peu d’occidentaux critiquaient la manière dont les finances occidentales fonctionnaient, M. Usmani se lamentait sur la tendance des banques européennes et occidentales à créer de la monnaie sans lien avec les actifs réels.
Il comparait les finances occidentales à une gigantesque boule de barbe à papa que l’on ferait grossir en y accumulant cette gourmandise volumineuse et attractive, mais légère et inconsistante.
« Assets are spun and re-spun in the way a piece of sugar can be turned into candy floss ».
A l’inverse, dans la finance islamique, l’argent n’existe que par son lien direct avec les actifs qui forment l’économie réelle.
On objectera qu’il y a loin du dogme religieux et de la pratique financière et qu’une banque supposée respectueuse de l’Islam, la BCCI, s’est, au début des années 1990, tristement illustrée dans une faillite retentissante…
Pourtant, nous sommes au cœur des causes de la crise : l’économie réelle stagne et la finance s’envole à nouveau, ce qui nous promet un retour de la crise aussi fortement qu’en 2007.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/11/2013
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