Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Dura lex, sed lex

17/10/2013
Dura lex, sed lex
Si je comprends bien le message véhiculé par des lycéens en révolte humanitaire, des politiques de tous bords et de tous poils, et des médias déchaînés, à propos de l’expulsion d’une lycéenne en situation irrégulière, le reproche fait au ministre de l’intérieur et à ses services c’est d’avoir appliqué la loi.
Cette affaire est désolante. En effet, chacun d’entre nous peut être choqué de voir interpelée par les forces de l’ordre une élève d’un lycée en sortie scolaire parce qu’elle se trouve en situation irrégulière sur le territoire français alors même qu’elle est mineure et qu’elle n’a fait naturellement que suivre sa famille.
Cependant, la loi est ainsi faite en France comme d’ailleurs dans tous les pays occidentaux qui attirent sur leur territoire des étrangers venant de pays infiniment moins favorisés.
On peut donc contester la loi, demander en tout cas qu’elle soit réformée, mais il est assez singulier de voir les uns et les autres et, en particulier, les parlementaires qui font la loi se plaindre qu’elle soit appliquée !
On dira qu’il faut qu’elle soit appliquée avec discernement et c’est à juste titre qu’une circulaire recommande de ne pas interpeler un mineur dans cette situation dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement et cela se comprend tout à fait.
Il y a cependant beaucoup d’hypocrisie et beaucoup d’ignorance dans tout ce que l’on dit à ce propos.
Tout d’abord une circulaire ne peut aboutir à interdire pratiquement l’exécution de la loi : si l’on ne peut interpeler une famille en situation irrégulière ni le jour parce que les élèves sont scolarisés, ni la nuit parce que les domiciles sont inviolables à ce moment, ni les vendredis ou dimanches parce que ce sont des jours marqués par la religion éventuellement et/ou le samedi parce que les enfants peuvent pratiquer ces jours-là des activités de loisirs et que l’on trouvera toujours à redire sur le plan de la fraternité ou de la simple humanité lorsque l’on interpelle un enfant qui n’est coupable de rien sauf du fait que sa famille a choisi de fuir la misère ou le danger pour se réfugier dans notre pays.
A moins d’être totalement hypocrite, il nous faut bien admettre que c’est la loi elle-même qui pose un problème humanitaire et non pas la manière dont elle est exécutée car quelle que soit cette manière, on y trouvera toujours à redire et matière à émouvoir l’opinion publique.
Ayons donc le courage soit d’assumer la loi telle qu’elle est, soit de la réformer, sachant que cette réforme ouvrirait grand les portes de notre pays à toute la misère du monde.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/10/2013
Paolo Cremonesi (à gauche) et son interprète
Paolo Cremonesi (à gauche) et son interprète
Le professeur Paolo Cremenesi a présenté à la presse à l'Assemblée nationale, le 15 octobre 2013, les résultats et les questions soulevées par l’enquête de l’Ospedale GALLIERA de Gênes sur les retombées sanitaires du nuage radioactif en Corse.
Il était accompagné par Paul GIACOBBI et Josette RISTERUCCI, présidente de la commission « Tchernobyl » de l’Assemblée de Corse, ainsi que par des conseillers à l'Assemblée de Corse, membres de cette comission.

Cette étude, réalisée pour la première fois en France à l’initiative d’une région, la Collectivité territoriale de Corse, visait à dissiper le climat de polémiques et de confusion qui entourait, depuis 25 ans, les retombées sanitaires du nuage de Tchernobyl, résultant notamment des lacunes des enquêtes effectuées précédemment par les organismes d’Etat.

Il s’agit d’une enquête innovante à plus d’un égard : confiée à un groupement associant hôpitaux, épidémiologistes et statisticiens ; bénéficiant d’un budget de 300.000 € ; exploitant une base de données médicales suivant 16.000 patients (10% de la population concernée) avant, pendant et après le passage du nuage ; ayant éliminé les principaux biais statistiques potentiels, elle évalue avec un haut degré de précision les impacts probables sur les diverses catégories (hommes, femmes et enfants).

Alors que cette étude, présentée à l’Assemblée de Corse le 4 juillet, soulève plusieurs questions importantes, l’Etat et ses organismes de santé ne lui ont opposé à ce jour qu’une fin de non-recevoir fondée sur des réfutations sommaires voire contradictoires.

Soucieux que toutes les leçons soient tirées d’un tel évènement, M. GIACOBBI et la commission Tchernobyl souhaitent interpeller à nouveau l’Etat, garant de la santé publique de nos concitoyens, afin que :

- le débat se poursuive dans la communauté scientifique pour améliorer la prévention des risques,

- le législateur prenne en compte les conséquences de tels accidents au niveau de la réparation des dommages individuels.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 16/10/2013
L’économie mondiale otage des taux d’intérêt
Pour les particuliers, les taux d’intérêt se résument au rapport qu’il peut y avoir entre les taux de leur crédit immobilier et l’inflation et éventuellement les taux auxquels ils paient, bien qu’ils en soient rarement conscients, leurs crédits à la consommation.
Pour le monde financier, le taux d’intérêt est une donnée volatile, absolument fondamentale pour l’économie, parfois manipulée par les banques centrales.
Depuis plusieurs années, s’est installée dans notre économie mondiale une mécanique planétaire par laquelle les banques centrales, pour atténuer une crise économique persistante, maintiennent des taux d’intérêt anormalement bas à coup de milliers de milliards de dollars d’injection de liquidités dans les banques commerciales.
Ces dernières, en particulier aux Etats-Unis, désormais habituées à ces taux d’intérêt très bas qu’elles prennent pour une donnée intangible, ont pris le risque de détenir une grande partie de leurs avoirs à long terme sous forme de bons du Trésor. Ces banques possèdent donc, à titre de contrepartie à leurs prêts, et donc à leurs risques, des avoirs à long terme publics à des taux d’intérêt bas, ce qui fait que si les taux d’intérêt généraux remontent, elles essuieront des pertes qui peuvent être colossales et entraîner pour l’économie un tel déséquilibre qu’il génèrera une nouvelle crise financière d’une ampleur nettement supérieure à celle que nous subissons depuis 2007.
Or, le risque d’augmentation des taux d’intérêt est bien réel pour deux raisons principales :
- Les banques centrales ne peuvent éternellement continuer à doubler tous les deux ou trois ans leur bilan en produisant d’immense quantité de monnaie qui sans stimuler l’économie abondent la spéculation financière.
- Les pays monstrueusement endettés comme les Etats-Unis d’Amérique savent bien qu’ils ne peuvent pas continuer ainsi éternellement
Ce qui se passe aux Etats-Unis est particulièrement significatif puisque exactement au même moment un nouveau président est nommé à la tête de la Banque centrale, le professeur Janet Yellen, et que cette dame a pour mission essentielle de ralentir la fourniture massive de liquidités sans pour autant ruiner l’économie, ce qui est une tâche impossible, tandis que le Congrès, même s’il exprime ses contradictions à la manière d’un scenario de western, s’interroge sur le moyen de ralentir la fuite en avant budgétaire du pays.
Ce qui est extraordinaire, c’est que dans un moment aussi tendu où nous marchons au bord de l’abîme, sans entrevoir à ce jour aucun moyen d’écarter le risque d’y tomber, on entend de petites musiques rassurantes qui nous susurrent au motif que la croissance serait passée de 0,1 à 0,2%, que la crise est bientôt terminée !
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 11/10/2013
Génocide culturel, exception culturelle…
Je reçois une invitation d’une fondation « Res publica » sur le thème de l’exception culturelle à l’invitation d’un certain Jean-Pierre Chevènement.
Je n’irai pas pour deux raisons. La première est que je ne crois ni aux quotas ni aux règlements, encore moins aux exceptions dans le domaine culturel.
La seconde est que je suis un modéré qui réfute toute forme d’extrémisme et de fanatisme.
Je défends la langue et la culture corse, souhaitant la ratification par la France de la Charte européenne des langues minoritaires et militant surtout pour que notre Constitution rende possible une forme d’officialisation de nos langues régionales.
Pour autant, je ne saurais admettre l’opinion excessive voire fanatique de ce Monsieur Jean-Pierre Chevènement quand il écrivait dans son livre « Le vieux, la crise, le neuf » : « C’est un fait que l’Etat-nation en France s’est constitué au fil des siècles par une suite de génocides culturels dont nous prenons seulement aujourd’hui la mesure… ».
Même si ceci a été écrit en 1974 par le monsieur en question et qu’il y a donc prescription, je le considère comme injuste et excessif. Jamais, lors des débats de l’Assemblée de Corse, à ma connaissance, on est allé si loin et si brutalement dans la critique de l’histoire des relations parfois difficiles entre la nation française et la région corse.
Je laisserai donc ce monsieur à ces excès et à ses revirements – car on me dit qu’aujourd’hui il serait plutôt dans l’excès inverse – et je m’en tiendrai sur ces sujets difficiles aux positions modérées et réfléchies de l’Assemblée de Corse.
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 11/10/2013
L’alternance dans la plus grande démocratie du monde
Lors des prochaines élections en Inde qui auront lieu au début de 2014, une nouvelle coalition gouvernementale pourrait porter au poste de Premier ministre M. Narendra Modi candidat du parti nationaliste indien, le BJP.
C’est une personnalité controversée qui a été mise en accusation par une partie de l’opinion publique et notamment ses adversaires politiques pour avoir laissé se développer des émeutes sanglantes au Gujarat, l’Etat dont il est actuellement le chef-ministre, il y a plus de dix ans.
C’est aussi un homme dont la probité n’a jamais été mise en cause et qui a maintenu son Etat dans une croissance industrielle forte malgré la crise.
Après avoir pratiqué à son égard une sorte de gel de toute relation publique et officielle, les représentants des pays européens multiplient aujourd’hui les contacts, souvent ouvertement et cordialement, dans la perspective de son accession au pouvoir.
La France, elle, reste campée sur sa position ainsi que j’ai pu le constater à l’occasion du déplacement du Président de la République en Inde.
Lors d’une très récente rencontre à Paris, un sénateur indien, ancien ministre, pilier du parti du Congrès actuellement au pouvoir, ami historique de la famille Nehru-Gandhi, m’a indiqué que selon lui la vague qui portait électoralement Narendra Modi ne pourrait être endiguée et qu’il était très vraisemblable qu’il accède à la responsabilité de Premier ministre.
Il est grand temps que la diplomatie française se prépare à ce changement tant qu’il en est encore temps.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 11/10/2013
1 2 3
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives