Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Le visage de la République
Laisser faire ou laisser dire des choses hideuses envers les autres, c’est se condamner à les subir un jour soi-même.
Les injures qui ont été proférées de manière répétitive, que des familles indignes ont même inculqué à des enfants pour qu’ils les scandent sans les comprendre, à l’encontre de Christiane Taubira n’ont pas eu d’équivalent dans la bassesse et l’abjection depuis le nazisme.
Il y a en effet des degrés, des degrés descendants, dans l’abjection raciste.
C’est se situer déjà bien bas que de dire de l’autre parce qu’il est différent par la couleur de la peau, la religion ou la culture, qu’il serait sale, stupide, laid ou maudit.
Mais l’assimiler à l’animal, lui dénier la qualité humaine, le comparer à un singe, c’est un degré encore inférieur qui est la marque de l’hitlérisme.
Que dans un pays comme le nôtre, lui-même tombé si bas, soient proférées de telles injures sans que la presse n’en fasse la une de l’actualité ne m’étonne pas : avons-nous encore une presse ?
Qu’elle laisse le Parlement indifférent, à l’exception d’une question d’actualité, ne me surprend pas plus : avons-nous encore un Parlement ?
Qu’elle laisse muet le président de la République, hors le huis-clos du conseil, des ministres me choque plus encore. Car enfin, c’est une ministre d’Etat, Garde des Sceaux, c’est-à-dire de la loi que l’on traite ainsi !
Comment ne pas se souvenir du poème de Martin Niemöller à cette occasion ?
J’en rappellerai quelques strophes :
« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste…
Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif…
Et quand ils sont venus me chercher, il ne restait personne pour dire quelque chose. »
La République a donc perdu la face en ces tristes circonstances.
Il lui reste encore un visage, celui de la tristesse et de la réprobation d’une femme digne, une réprobation qui a l’élégance de souligner qu’injurier un ministre de cette manière n’est pas grave en soi puisque le ministre sait se défendre mais est bien plus grave pour tous les autres, les faibles qui sont eux sans défense.
Ce visage, ce sourire triste de la République, c’est celui de Christiane Taubira.
La France en est donc là : muette et lâche. Comme si en 2013, elle était à nouveau comme en 1940, résignée à subir l’abomination après avoir renoncé à lui résister.
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 31/10/2013

Explication de vote sur la première partie du projet de loi de finances pour 2014, 23 octobre 2013


Monsieur le ministre, il n’y a rien de plus difficile que de gouverner les finances publiques en temps de crise, et vous en faites l’expérience. Nous connaissons la plus grave crise depuis celle de 1929, à ceci près que l’ampleur de la crise de 2007 a été beaucoup plus violente par rapport aux PIB respectifs du monde de 1929 et de celui de 2007, puisque 5 000 milliards de dollars de valeurs financières ont été détruits. C’est aussi une crise aux multiples facettes, qui a atteint sérieusement les valeurs privées – immobilier, obligations, entreprises – puis les valeurs publiques, jusqu’à menacer le crédit public à l’échelle des continents, de l’Europe d’abord, de l’Amérique aujourd’hui.

Dans un monde bien plus interdépendant qu’il ne l’était en 1929, la crise est universelle, avec des mécanismes de transmission redoutables du public au privé et entre les économies nationales et continentales à l’échelle planétaire.

Nous savons, par exemple, que la menace qui a pesé sur le crédit public des États-Unis menaçait tout à la fois, et menace encore, sous la forme redoutable d’un risque de hausse des taux d’intérêt, tout le système bancaire mondial, ainsi que, à hauteur de 1 300 milliards de dollars, les réserves publiques de la République populaire de Chine.

Dans un contexte aussi grave, le Gouvernement a, pour la première fois, avec un courage que la France n’avait pas connu depuis des décennies, inversé la tendance naturelle à laisser filer les déficits, c’est-à-dire à laisser exploser la dette. L’effort demandé à la nation porte d’abord sur la maîtrise des dépenses. Vous jugez, à droite de l’hémicycle, cet effort insuffisant, et sans doute avez-vous raison,…

M. Bernard Accoyer. Vous n’allez donc pas voter ce budget !

M. Paul Giacobbi. …mais c’est tout de même la première fois que l’on touche au cœur de notre dépense publique.

L’imposition a porté globalement beaucoup plus sur les ménages que sur les entreprises, c’est vrai.

M. Jacques Myard. Scandaleux !

M. Paul Giacobbi. Cela peut paraître injuste et attiser tous les embrasements et les indignations démagogiques. Cependant, dans un pays qui bat les records mondiaux d’épargne et où la compétitivité des entreprises est, au contraire, extraordinairement basse, fallait-il ponctionner encore les entreprises par la fiscalité et encourager l’épargne, ou, au contraire, faire contribuer les ménages, en tout cas ceux qui le peuvent, voire ceux qui bénéficient des revenus les plus élevés, et préserver les entreprises pour leur permettre de revenir sur la voie de la compétitivité ?

Le Gouvernement a institué le CICE, dont il est trop tôt pour tirer le bilan, mais dont nous demandons qu’il soit évalué au cours de l’exercice 2014.

Le Gouvernement a préservé le crédit d’impôt recherche, même s’il faut veiller à réprimer des abus qui ne remettent nullement en cause l’intérêt et l’efficacité reconnus de ce mécanisme.

Le Gouvernement a mis à contribution les collectivités territoriales, mais force est de constater que les collectivités sont encore globalement proches de l’équilibre quand l’État en est encore loin. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Ces décisions courageuses ne sont pas populaires, et le sont d’autant moins que le débat a laissé une très grande place, une trop grande place à la démagogie.

Ceux qui ont laissé filer les déficits à partir de 2008 et alourdi de plusieurs centaines de milliards d’euros notre endettement ont naturellement trouvé que le Gouvernement n’en faisait pas assez, ce à quoi celui-ci a répondu qu’il aurait fait bien plus si ses prédécesseurs l’avaient précédé sur la voie de la vertu et du courage budgétaire. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Le groupe RRDP, qui soutient le Gouvernement, salue dans cette circonstance son courage et ne l’en soutient que plus. Notre groupe est heureux qu’un certain nombre d’amendements aient été acceptés : augmentation de 4 % du revenu fiscal de référence, maintien de la réduction d’impôts pour les parents d’enfants scolarisés, renforcement de l’attractivité du crédit d’impôt dans les outre-mer, accompagnement du retour progressif au droit commun de la fiscalité des successions en Corse – voté à l’unanimité de l’Assemblée, avec l’accord du Gouvernement et de la commission. Je les remercie les uns et les autres à ce propos.

J’espère que le Gouvernement acceptera prochainement de considérer les demandes relatives au financement des aires marines protégées par l’instauration d’une redevance sur les granulats. Cette disposition aurait permis à une agence de l’État d’accomplir les missions qui lui sont confiées pour la création et la gestion des parcs marins, avec une redevance qui est la contrepartie de l’utilisation d’un bien public, tandis que les futurs payeurs – c’est assez rare pour être souligné – ont donné clairement et publiquement leur accord pour acquitter cette redevance.

Telles sont, monsieur le ministre, les raisons générales et particulières pour lesquelles le groupe RRDP votera unanimement en faveur de ce budget. (Applaudissements sur les bancs des groupes RRDP, SRC et écologiste.)
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/10/2013

Extrait de la discussion générale, mardi 15 octobre 2013, 1ère partie du projet de loi de finances pour 2014


Madame la présidente, je ferai deux remarques rapides sur le contexte de crise mondiale dans lequel s’inscrit ce budget et sur la compétitivité française dans ce contexte. Il est vrai que je suis un lecteur du Financial Times, comme me l’a rappelé M. le président de la commission des finances, mais nous ne pouvons pas nous intéresser uniquement à ce qui se passe en France. Nous devons également savoir ce qui se produit ailleurs, car cela peut bouleverser les conditions d’exécution de ce budget à un point que nous mesurons mal

En 2007, je disais ici que l’on rêvait en croyant que la crise financière américaine ne toucherait pas la France. Six ans après, nous voilà à nouveau au bord de l’abîme sans que ni nous ni les autres n’ayons fait ce qu’il fallait pour éviter d’y tomber. On évoquait précédemment, suite aux remarques de M. Olivier Carré, le risque des taux d’intérêt. Celui-ci est réel et immense. Il n’y a qu’en France que l’on pense que les taux d’intérêt resteront bas.

Le monde entier soutient qu’il est impossible d’augmenter les bilans des banques centrales à l’infini. Au reste, Mme Janet Yellen, aux États-Unis a notamment pour mission d’essayer d’atterrir sans provoquer la récession, de freiner sans aller dans le mur, mission au demeurant impossible à laquelle M. Bernanke, son prédécesseur, a renoncé parce qu’il ne voulait pas en assumer les conséquences.

Par ailleurs, les Trésors publics ne peuvent pas augmenter sans fin et sans limite l’encours astronomique de la dette. Celle des États-Unis va atteindre ces jours-ci 16 800 milliards de dollars et dépassera sans doute cette somme, à moins que le crédit ne soit brusquement remis en cause, ce qui provoquerait une hausse immédiate des taux d’intérêt à un niveau inouï et une crise bancaire.

Dès lors, quand j’entends dire que le fait de passer de 0,1 à 0,2 % de croissance ou d’atteindre 0,9 % serait un signe encourageant, je ne comprends pas de quoi on parle. Nous sommes au bord de l’abîme et, jusqu’à preuve du contraire, je ne sais pas comment nous allons y échapper.

Qu’a-t-on fait, au plan mondial, pour éviter cela ? Depuis six ans, on parle de régulation bancaire. Mais je citerai un seul exemple. Aux États-Unis, la règle d’interdiction des opérations pour compte propre des banques – la fameuse Volcker Rule – a été votée il y a trois ans dans le Dodd-Frank Act. Croyez-vous qu’elle s’applique aujourd’hui ? Pas du tout : les modalités d’application ne sont pas encore en place. M. Volcker a pris sa retraite définitive, et nous en restons là.

Nous nous trouvons dans une situation dans laquelle la liquidité des banques a été considérablement augmentée, sans qu’aucune règle sérieuse ne freine ce processus, au contraire !

Par ailleurs, il est vrai que les politiques budgétaires restrictives existent, notamment en Europe, mais elles n’ont pas à tout le moins démontré leur efficacité à court terme. Rogoff et Reinhart, que citait M. Carré, ont reconnu quelques erreurs, mais leur raisonnement n’est pas fondamentalement faux.

M. Gilles Carrez, président de la commission des finances. Le raisonnement n’est pas faux, c’est exact !

M. Paul Giacobbi. En tout cas, le retour à la croissance n’est jusqu’à présent pas garanti par une politique budgétaire rigoureuse. Voilà les remarques que l’on peut faire sur le contexte, qui est relativement terrifiant et inquiétant. Il n’empêche que l’on ne peut pas totalement le prendre en compte dans le budget. Le Gouvernement est bien obligé de faire avec ce qu’il a.

Ma seconde remarque porte sur la compétitivité. L’obligation de compétitivité s’est considérablement accrue avec la crise. Il ne s’agit pas, en effet, de revenir à la bonne compétitivité d’avant la crise. Des pays comme l’Italie ou même l’Espagne ont de facto retrouvé une compétitivité considérable par la force des choses. Pour la première fois, en France, nous avons un gouvernement, un gouvernement de gauche, qui prend à bras-le-corps le problème et qui agit au lieu de se contenter de parler.

Je suis très sincère. C’est tout de même une évolution fondamentale. On peut, et on doit sans doute critiquer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ; on peut l’améliorer. Il n’en demeure pas moins que c’est la première manifestation concrète d’un nouvel état d’esprit tout à fait favorable. Le Gouvernement entreprend, dans le même temps, la réindustrialisation du pays. Il ne se contente pas d’en parler, il essaie de la planifier et de l’organiser, et c’est extrêmement positif.

Toutefois, et je le dis très clairement, ces avancées considérables s’accompagnent de reculs inquiétants dans les discours et dans les faits. La mise en cause permanente et absurde du crédit impôt recherche est un signal très négatif dès lors qu’il s’agit de la disposition la plus favorable – j’allais dire la seule – à l’innovation de tout notre arsenal législatif et fiscal.

Mme la présidente. Merci de conclure, mon cher collègue !

M. Paul Giacobbi. Je conclus, madame la présidente. J’espère que le Gouvernement restera ferme sur ce point, comme le Président de la République s’y est engagé. Par ailleurs, je ne rappellerai pas la tentative de taxer l’EBE. Elle a avorté et c’est heureux. L’IVG de l’EBE, si j’ose dire, a été une excellente chose et j’espère qu’une telle tentative ne se renouvellera pas.

Je dirai, enfin, un mot sur la Corse pour remercier, par avance, le ministre du budget.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/10/2013

Explications de vote contre les motions de procédure à l'encontre du projet de loi de finances pour 2014, 15 octobre 2013


M. Paul Giacobbi. J’avoue avoir au début, même sans être convaincu, écouté l’intervention de M. Mariton : M. Mariton sait compter, c’est là son moindre défaut !

Puis, j’ai réagi, au milieu d’une demi-torpeur, en l’entendant parler du déficit et expliquer que 4 % était un crime. Je lui ai dit qu’il avait lui-même rêvé d’atteindre 4 %. Ce à quoi il m’a répondu : « nous l’avons fait ». Il avait raison, vous l’avez même fait même deux fois : vous avez atteint 8% !

Il m’a semblé que la mémoire vous faisait défaut et cela m’a rappelé ce personnage un peu particulier, dans un film, qui sait admirablement compter, qui est un prodige en matière de comptabilité et presque de mathématiques, mais qui a perdu la mémoire immédiate et même la mémoire lointaine.

Le ministre a donc bien fait, monsieur Mariton, de vous rappeler la mémoire, pas si lointaine que cela puisqu’elle remonte à seulement un exercice ou deux. Nous avons connu des déficits, nous avons même connu le dérapage du siècle ! Vous me direz que ce siècle est jeune, mais j’espère il n’en connaîtra pas de nouveau de sitôt ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

La gravité de la situation internationale et nationale, la gravité du sujet rend ridicule et presque immoral un débat où nous n’arrivons pas à nous élever au-delà de la politique partisane. Il y a, de part et d’autre, des gens extrêmement compétents. Nous avons réussi ce prodige pour la France d’échanger des postes importants : nous avons un président de la commission des finances qui est parfaitement respecté et qui est un membre de l’opposition, comme précédemment, il y a eu deux présidents de la commission des finances membres de l’opposition de l’époque.

Mme la présidente. Merci de bien vouloir conclure, monsieur le député !

M. Paul Giacobbi. Si nous pouvions conserver cet esprit et ce ton plutôt que de dériver vers l’injure et l’amnésie, ce serait mieux ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/10/2013

Extrait du débat sur l'article 8 du projet de loi de finances pour 2014


amendementsmiot2014.pdf AmendementsMiot2014.pdf  (41.6 Ko)
amendementsdonations.pdf AmendementsDonations.pdf  (202.11 Ko)

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/10/2013
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