Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Harcèlement des producteurs ou redressement productif ?
Voici ce qu’écrit l’AFP et qui dans tout autre pays que la France ferait rire les poules comme on dit chez nous : « Arcelor Mittal cherche à faire table rase de son passé à Florange en se donnant désormais l’image d’un groupe qui investit en France, comme à Saint-Chély d’Apcher (Lozère) où il a inauguré vendredi une nouvelle ligne de production d’aciers électriques ».
En effet, le groupe Mittal vient d’investir 90 millions d’euros pour produire des aciers électriques destinés aux éoliennes et aux voitures hybrides et électriques.
L’AFP en conclut absurdement que cet investissement est destiné à changer l’image de Mittal suite à l’affaire Florange, tout cela parce que les élus locaux de Lozère ont dit que l’industriel était le bienvenu en Lozère ! Le groupe Mittal n’a que faire d’être bienvenu ou non. Il y a certainement un savoir-faire très important en Lozère dans ces usines qui fabriquent des aciers spécialisés dont la valeur au poids est certainement tellement élevée qu’à l’évidence l’éloignement de la Lozère n’est pas un inconvénient.
Il faut véritablement être ignorant de la vie de l’industrie pour croire qu’un industriel va dépenser 90 millions d’euros en Lozère pour sa communication ! Il ne va pas le faire bien sûr pour sa communication car, à ce niveau-là, cette opération si elle n’offrait aucune perspective de rentabilité, serait constitutive d’une faute lourde de gestion. Il investit une telle somme parce c’est raisonnablement rentable avec à long terme un intérêt stratégique pour un risque limité. Comme je l’ai dit et écrit plusieurs fois, si le four de Florange a été arrêté, c’est parce qu’au-delà de sa relative petite taille (2 millions de tonnes/an) et son éloignement de plusieurs centaines de kilomètres de la mer le rendait infiniment moins rentable que ceux de Dunkerque (12 millions de tonnes/an).
Dès lors, il est évident qu’il valait mieux remettre en production un des hauts-fourneaux de Dunkerque plutôt que de faire repartir Florange et laisser partiellement fermé Dunkerque.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le groupe Mittal fait désormais tourner à plein ses sites de Fos-sur-Mer et de Dunkerque.
Quant à déclarer que le premier, et de très loin, sidérurgiste du monde n’est pas bienvenu en France, c’est à tout le moins une erreur même si le groupe en question continuera tout de même d’investir en France dès lors qu’il y aura intérêt.
En tout état de cause, il faut mesurer ses paroles et ne pas croire que le harcèlement des producteurs puisse contribuer au redressement productif.
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/09/2013
Les peuples seront d’autant plus respectueux et curieux les uns des autres qu’on leur aura permis de rester ce qu’ils sont.
Voici mon intervention lors d'un séminaire de l'UNESCO consacré à la diversité linguistique, le 18 septembre 2013, auquel participaient Boutros Boutros-Ghali, Ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Zohra Chatterji, Secrétaire Générale, Ministère Indien du Textile, Mira Kamdar, auteur et chroniqueuse au Courrier international, Salikoko Mufwene, Professeur et Directeur Académique, Le Centre de l’Université de Chicago à Paris

akshara_seminar___french.pdf Akshara seminar - French.pdf  (2.01 Mo)
interventionunesco18_09_13.pdf InterventionUNESCO18.09.13.pdf  (56.88 Ko)

Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/09/2013

Mon point de vue et les amendements au projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové examiné actuellement à l'Assemblée nationale


Pour une compatibilité directe entre les PLU et le PADDUC
Le projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové limite l’obligation de compatibilité : le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ne doit être compatible qu’avec le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), le SCOT, quant à lui doit être compatible avec le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse(PADDUC).
La simple exigence de compatibilité (et non de conformité) laisse déjà une marge d’appréciation au rédacteur du PLU. Si, en outre, elle n’est limitée qu’au rapport avec le SCOT, le risque de distorsion avec les dispositions du PADDUC est certain.
Ainsi est dévoyé l’objectif de s’accorder sur des règles globales pour un territoire (en l’occurrence insulaire) puisqu’on lui préfère des règles inférieures.
Plus les normes intermédiaires se multiplient, plus se creuse l’écart avec les orientations supérieures décidées pour une échelle plus large.
L’ambition du PADDUC ne peut se limiter à ce qu’il n’y ait pas de contrariété entre un PLU et lui-même. Il faut une compatibilité directe entre les PLU et le PADDUC. Le SCOT forme une norme écran entre le PLU et le PADDUC qui entame nécessairement la probabilité d’adéquation.

Une telle disposition semble poser de multiples problèmes :

- Elle créerait tout d’abord un processus de normes écrans successives qui généreront de multiples contentieux ; de fait le SCOT devient une norme écran entre PLU et PADDUC ;

- Elle semble aller à l’encontre du principe de simplification souhaité par le gouvernement et par ailleurs, revendiqué par les collectivités locales ;

- Elle renforcera largement l’insécurité juridique sur un territoire déjà éprouvé.

Les amendements que j'ai déposés avec les membres de mon groupe parlementaire visent à résoudre ces problèmes et à créer une sécurité juridique.


amendement512pjlogement.pdf Amendement512PJLogement.pdf  (20.64 Ko)
amendement521pjlogement.pdf Amendement521PJLogement.pdf  (22.66 Ko)
amendement524pjlogement.pdf Amendement524PJLogement.pdf  (18.72 Ko)

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/09/2013

Guerre et paix

10/09/2013
Guerre et paix
Une pesanteur sémantique nous ramenant comme toutes les pesanteurs vers le bas veut aujourd’hui que dans le monde occidental on ne veuille plus appeler les choses par leur nom et ne les désigner que par un succédané politiquement correct.
Ainsi ne veut-on plus faire la guerre à personne et lorsque l’agressivité naturelle des gouvernements en péril nous pousse à une action guerrière, on ne déclare plus la guerre et l’on baptise des opérations militaires de toutes sortes de noms variables selon les situations : « intervention militaire ciblée », « frappes dissuasives », « opérations de protection des populations civiles », « opérations militaires pour le respect du droit international » etc…
Ne pas appeler la guerre par son nom permet aux Etats modernes de prétendre respecter le droit, interne et international, voire prendre sa défense « par des actions militaires appropriées » alors même qu’il s’agit de violer le droit constitutionnel comme le droit international.
Dans le projet de frapper la Syrie militairement en représailles à l’attaque chimique du 21 août, et quel que soit le bienfondé moral ou politique de ce projet, force est de constater une double violation interne et internationale.
La Constitution française rend obligatoire une autorisation de l’Assemblée nationale préalable au déclenchement d’une guerre. On peut effectivement dans l’urgence lancer une opération militaire sans déclarer la guerre mais rappelons ici qu’il n’y avait aucune urgence qui ait exonéré notre gouvernement d’une autorisation préalable puisque l’on savait que le déclenchement des opérations militaires ne pouvait être immédiat, que deux autres partenaires et alliés avaient décidé de consulter leurs Parlements respectifs en requérant leur autorisation et qu’en France même puisque « l’urgence » nous laissait largement le temps d’organiser un débat parlementaire qui plus est dans le cas d’une session extraordinaire exclusivement dédiée à cette affaire, nous aurions eu largement le temps d’organiser un vote.
Sur le plan international, chacun sait qu’en vertu de la Charte des Nations unies, quand la France est signataire, le recours à la force n’est permis qu’en cas de légitime défense ou lorsque le Conseil de Sécurité l’a expressément autorisé.
Sans d’ailleurs qu’il ait été nécessaire de recourir à la force, la diplomatie va permettre sans doute à l’ONU de prendre le contrôle des armes chimiques syriennes et d’en organiser la destruction.
Pour autant, la menace de recours à la force n’a peut-être pas été inutile puisqu’elle a pu contribuer à susciter la position russe relative aux armes chimiques et le régime de Damas de l’accepter.
Pour l’heure, il importe de replacer ce débat dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies et quoi qu’il arrive de revenir au respect de nos institutions en faisant précéder toute intervention d’une déclaration préalable de guerre et d’un vote du Parlement.
Faute de quoi, nous partirions en guerre comme d’autres partent en vrille sans nous rendre compte que celle-ci peut nous conduire très bas et très vite !
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/09/2013
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