Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Le compte-rendu est en ligne.


Rencontre avec Bill Gates
Président de la Fondation Bill et Melinda Gates, le 10 juin 2013, à la Commission des affaires étrangères pour un échange sur l’aide au développement.

cr_rencontre_bill_gates.pdf CR Rencontre Bill Gates.pdf  (48.53 Ko)

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/06/2013

Mon intervention dans le débat sur l’immigration professionnelle et étudiante, 13 juin 2013


Etudiants étrangers et attractivité de la France
Souvent traité sur un mode passionnel, parfois hystérique, les uns mettant en avant l’humanisme, les autres le nationalisme, ce débat devait être posé en termes économiques et plus spécifiquement en termes de développement, au sens large.

C’est chose faite cet après-midi, et tant les propos des ministres que le rapport qui nous est présenté vont dans le sens d’une approche rationnelle de la question.

Je m’en tiendrai à quelques considérations sur l’importance des étudiants étrangers, en me fondant en particulier sur l’exemple des étudiants originaires de l’Inde, ce qui ne surprendra certainement ni mes collègues ni le Gouvernement.

En 2010, dans un rapport sur l’attrait de la France pour l’investissement étranger, je rappelais à quel point la présence d’un nombre significatif d’étudiants étrangers en France, notamment dans les secteurs stratégiques, était une condition à long terme pour le développement du commerce extérieur de notre pays comme pour le développement des investissements étrangers créateurs d’emplois chez nous.

Comme cela a été déjà dit, il se trouve que les deux plus grandes économies du monde, celles qui émergent le plus vite en tout cas, la Chine et l’Inde, ont un problème quantitatif et qualitatif important dans leurs formations supérieures sur place au point qu’elles envoient des dizaines de milliers d’étudiants à l’étranger. Ainsi, l’Inde envoie 100 000 étudiants aux États-Unis, ce qui représente un apport pour l’université américaine de l’ordre de 2 milliards de dollars par an. En France, et le ministre l’a regretté, nous recevons moins de 3 000 étudiants indiens, quatre fois moins qu’en Allemagne mais beaucoup plus qu’il y a une dizaine d’années où l’on en accueillait une cinquantaine.

Cette situation ne résulte pas d’un problème linguistique, même si l’on parle mieux anglais en Allemagne qu’en France, mais manifestement d’un problème d’un autre ordre.

Qui sont les étudiants indiens en France ? Contrairement aux étudiants chinois qui fréquentent surtout l’université dans notre pays, ces étudiants indiens sont majoritairement inscrits dans de grandes écoles. 70 % d’entre eux ont suivi un cursus dans leur pays dans des établissements de très haut niveau, comme les Instituts indiens de management, les IIM, ou les Instituts indiens de technologie, les IIT, des établissements qui ne sauraient se comparer chez nous qu’à Polytechnique ou HEC. Je signale au passage que l’élève indien recevra, à sa sortie de l’IIT de Bombay, un salaire en dollars supérieur à celui de l’élève français à la sortie de Polytechnique. Ces élèves indiens ne créeront donc pas de la concurrence pour les emplois de cadre ou d’ingénieur en France, même si un certain nombre d’entre eux y restent.

La société indienne d’informatique, Wipro, qui emploie 145 000 personnes dans le monde, n’en compte pratiquement aucune en France. Elle vient d’annoncer la création de 1 000 emplois en Allemagne où elle est déjà un peu implantée. Vous me direz qu’elle s’implante en Allemagne en raison du dynamisme de l’économie allemande. Je me suis entretenu, il y a deux ans, avec le dirigeant de cette entreprise, M. Azim Premji, qui m’a indiqué qu’il connaissait très bien la France sur le plan industriel dans son activité propre, qu’ayant un passé agricole il l’admire beaucoup, mais que la rigidité du marché du travail français dont il a fait une amère expérience à Sophia Antipolis et l’insuffisance d’ouverture de la France aux échanges académiques avec son pays ont été déterminants dans son choix industriel, pensé depuis longtemps, de ne pas s’implanter en France.

Je prends acte avec grand bonheur de la volonté affichée par le ministre de l’intérieur et la ministre de l’enseignement supérieur – c’est la première fois que se tient un débat rationnel, me semble-t-il, dans cette assemblée sur ce sujet – de nous présenter des mesures courageuses fondées sur l’intérêt bien compris du développement de notre pays et qui renvoient dos à dos ce que j’appellerai d’une part l’humanisme incantatoire et d’autre part un nationalisme anachronique dans un monde désormais ouvert.

L’apport académique des étudiants étrangers n’est pas à négliger. En dehors des considérations économiques qui ont souvent trait aux filières d’ingénierie, de management, etc., la présence d’étudiants étrangers est un vecteur de promotion de la langue et surtout de la culture française dans le monde. Les études françaises au sens large prospèrent bien dans d’autres pays que le nôtre. Nous ignorons trop souvent, pour citer un exemple qui m’est cher, que les études académiques, les thèses consacrées à l’un de nos plus grands écrivains, Marcel Proust, ont été longtemps remarquablement dynamiques aux États-Unis et qu’aujourd’hui c’est plutôt au Japon que des chercheurs japonais de très grande qualité soutiennent des thèses sérieuses sur cet écrivain fondamental. Le fait que des étudiants japonais traitent de ces sujets, à la Sorbonne, avec un niveau de maîtrise remarquable, n’est pas pour rien dans la promotion de la culture, j’allais dire de la civilisation française.

En définitive, nous ne risquons pas grand-chose à accueillir des étudiants étrangers en France et à en faire une politique d’accueil, comme Mme la ministre l’a souligné à juste titre tout à l’heure avec un grand volontarisme, à condition de cibler des étudiants de bon niveau, y compris dans les domaines littéraires. C’est, au contraire, évidemment un facteur de promotion de la langue, de la culture, et surtout un facteur de développement de notre économie.

J’ai entendu mon excellente collègue, Mme Mazetier, regretter que le système d’identification électronique en Russie soit d’origine indienne. Mais je lui signale, pour la rassurer, qu’en Inde le système d’identification qui concerne 1,3 milliard de personnes est mené notamment sur une identification de l’iris qui est organisée par une entreprise française. On voit donc que la mondialisation joue dans tous les sens, et pas toujours à notre détriment.

M. Julien Aubert. Nous voilà rassurés !

M. Paul Giacobbi. Oui, il y a plus d’Indiens – ils sont 1,3 milliard – que de Russes !

M. Julien Aubert. On n’y peut rien !

M. Paul Giacobbi. Par conséquent, il vaut mieux pour l’industrie française développer le système dans un pays que dans l’autre.

Un mot sur la fameuse querelle linguistique, la fameuse question de la langue qui a fait dire beaucoup de bêtises dans tous les sens.

Il y a une grande confusion dans les esprits, parfois chez les meilleurs esprits, entre deux usages complètement distincts des langues. Le français est une langue de culture fondamentale. Dans nombre de pays, de la Russie à la Turquie, le français a longtemps été la langue de prédilection de l’élite aristocratique ou intellectuelle. Aujourd’hui encore, la maîtrise du français est un signe de différentiation intellectuelle et sociale tout à fait considérable. Et, comme le dirait l’un de mes amis, excellent connaisseur de la vie académique sur les deux rives de l’Atlantique, parler français aux États-Unis aujourd’hui et pouvoir parler de nos écrivains c’est manifester que l’on se classe dans l’Upper crust et que l’on est Highbrow intellectuellement.

Pour autant, le Français n’est pas une langue véhiculaire planétaire, contrairement à une idée reçue selon laquelle les traités diplomatiques auraient été rédigés en Français. À ma connaissance, un seul, entre la Russie et la Turquie, a été rédigé en français, tout le reste appartenant très largement à la mythologie. Certes, le français a joué un rôle de langue véhiculaire dans une partie de l’Afrique francophone, mais pas au niveau planétaire.

Il n’est pas du tout incompatible de promouvoir et défendre le français comme langue de culture et d’admettre la langue véhiculaire de facto de notre monde, c’est-à-dire l’anglais, y compris dans nos universités. Évidemment cette démarche est exigeante. Elle suppose que l’on ne s’en tienne pas à cet « A

anglais d’aéroport » comme l’a dit l’un de mes amis…

M. Julien Aubert. Ce n’est pas de l’anglais, c’est du globish !

M. Paul Giacobbi. …ce globish comme vous dites, monsieur le député, une affreuse expression.

Cette démarche permettrait au Français tout à la fois d’être promu à travers les lettres françaises au sens le plus large, sans pour autant mener le combat perdu d’avance pour un Français langue véhiculaire des sciences, de la technologie et de la communication.

M. Roger-Gérard Schwartzenberg. Très bien !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 14/06/2013

Extrait du compte-rendu des débats, 12 juin 2013


L'Assemblée nationale crée une commission d'enquête sur la privatisation de la SNCM.
M. le président. La parole est à M. Paul Giacobbi, pour le groupe radical, républicain, démocrate et progressiste.

M. Paul Giacobbi : Monsieur le président, monsieur le ministre des transports, mes chers collègues, j’ai suffisamment ennuyé l’Assemblée sur ce sujet pour ne pas vouloir la lasser davantage. Les conditions de privatisation de la SNCM ont d’emblée posé problème. Cela s’est malheureusement trouvé confirmé par un certain nombre de décisions juridictionnelles ou para-juridictionnelles qui, même si elles sont sans doute contestées à juste titre, montrent la difficulté de l’entreprise et, au fond, que tout n’avait pas été parfaitement défini et qu’il y avait des irrégularités.
La commission des finances a examiné la proposition de résolution dont votre serviteur est l’auteur récidiviste - j’avais en effet déjà déposé, en 2011, au titre du groupe SRC qui avait bien voulu l’accepter, une proposition à peu près semblable.
Il ressort des débats en commission - que je me dois de rapporter très brièvement - que les représentants des différents groupes considèrent que cette proposition de résolution est recevable, opportune.
Reste qu’il s’est établi une sorte de consensus autour du fait que la commission d’enquête envisagée porte bien sur les conditions de privatisation de la SNCM à l’époque et non pas sur ce qu’il conviendrait de faire aujourd’hui pour sortir de la situation où nous nous trouvons. Ce n’est pas, en effet, l’objet d’une commission d’enquête parlementaire mais bel et bien le rôle du Gouvernement. Et, à titre personnel, je fais parfaitement confiance au Gouvernement pour trouver les voies et moyens de sortir de la situation actuelle. Voilà ce que je souhaitais dire sur le sujet.
L’affaire est suffisamment importante sur le plan financier, puisque les montants en jeu sont considérables et se comptent en centaines de millions d’euros ; elle l’est aussi, et c’est encore plus important, par les risques qu’elle fait peser sur l’emploi, puisque mille quatre cents à mille cinq cents emplois sont directement concernés, et un peu plus de manière indirecte.
Cela nous incitera à examiner soigneusement, à l’avenir, les méthodes employées, et à déterminer, dans ce cas précis, comment la collectivité territoriale de Corse aurait dû être associée aux décisions qui ont été prises au plan national, puisqu’elle ne l’a pas été suffisamment.

Pour toutes ces raisons, monsieur le président, mes chers collègues, le groupe RRDP est évidemment favorable à cette proposition de résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe RRDP.)
(...)
Vote sur la création d’une commission d’enquête

M. le président. Je rappelle qu’aux termes de l’article 141, alinéa 3 du règlement, la demande de création d’une commission d’enquête est rejetée si la majorité des trois cinquièmes des membres de l’Assemblée s’y oppose, soit 346 voix. Seuls les députés défavorables à la création de la commission d’enquête participent au scrutin.

Qui est contre ?

(La majorité requise pour le rejet n’est pas atteinte.)

M. le président. La demande de création d’une commission d’enquête est adoptée. (Applaudissements sur plusieurs bancs.)
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/06/2013
L'Assemblée nationale crée une commission d'enquête sur la privatisation de la SNCM
Je suis très satisfait de la création, à mon initiative, par l’Assemblée nationale d’une commission d’enquête sur les conditions de privatisation de la SNCM.
La proposition de résolution a fait l’objet de l’adhésion unanime de tous les groupes parlementaires tant sur sa recevabilité que sur son opportunité.
Il y a également eu un consensus sur l’objet de cette commission, à savoir les conditions de la privatisation opérée en 2005 et non pas les voies à emprunter pour sortir de la situation difficile que connaît actuellement la compagnie, ce qui appartient au gouvernement en qui je fais entièrement confiance pour cela.
Sur le plan humain, c’est un enjeu de près de 1 500 emplois directs et des centaines d’emplois induits.
Sur le plan financier, les montants se chiffrent en centaines de millions d’euros.
Le rapport de la commission d’enquête devra faire la lumière sur les raisons pour lesquelles ni le Parlement qui représente le peuple actionnaire, ni la Collectivité Territoriale de Corse responsable de la continuité territoriale, n’avaient été associés dans cette affaire.

Paul GIACOBBI
Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/06/2013
La Chine et l’Occident confrontés au dilemme monétaire
Fin avril 2013, dans une intervention à l’Assemblée nationale sur le programme de stabilité européen, je faisais remarquer le risque que nous faisait courir « l’explosion de la bulle du shadow banking ou celle de l’immobilier en Chine ».
Un article de ce jour du Wall Street Journal intitulé « China risks GDP growth to cut credit » nous rappelle les données du problème : « China is moving to slow a surge in credit that could produce a wave of bad debts and financial failures, but it risks reducing the pace of growth in the world second-largest economy ».
Après des années au cours desquelles aux Etats-Unis et en Europe, on a cru que l’on pouvait résoudre le risque d’éclatement des bulles financières en leur procurant assez de monnaie fabriquées par les banques centrales pour les gonfler encore plus, les autorités monétaires du monde redoutant d’être accusées d’avoir provoqué une nouvelle crise financière, au moins aussi grave que celle de 2007, décident enfin de tenter de freiner une machine qui s’est depuis longtemps emballée.
Tout cela pose le dilemme insoluble : à partir du moment où l’on a laissé les choses déraper de manière inconsidérée, si l’on décide de ralentir, on provoque à court terme une récession très grave, et si l’on décide d’accélérer encore, on provoquera une explosion plus grave encore.
La Chine n’échappe pas à ce dilemme. Elle a cependant le courage, à moins que ce ne soit le privilège des dictatures que de pouvoir provoquer une récession relative sans risquer la révolution, de décider clairement d’appuyer sur le frein alors même que l’économie chinoise qui a passé des années au-dessus de 10% terminera peut-être 2013 en dessous de 7%.
Quoi qu’il en soit, il me semble que l’attitude chinoise est plus raisonnable : il vaut mieux admettre une récession en mettant fin à la folie monétaire plutôt que de continuer une fuite en avant dont chacun sait qu’elle se terminera par une explosion financière comme nous n’en avons jamais connu.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/06/2013
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