Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
L’épreuve de vérité
Voici plusieurs années que je mets en garde dans ce blog et surtout à la tribune de l’Assemblée nationale sur les risques liés à une montée brutale des taux d’intérêt consécutive à un recours monstrueux à l’emprunt pour des montants jamais atteints dans l’histoire économique par les Etats et, en particulier par les Etats-Unis d’Amérique, l’Europe et le Japon.
Jusqu’à ce jour, cette évolution a été efficacement retardée par le recours massif aux achats de bons du Trésor par les banques centrales, la banque centrale américaine le faisant directement et sans limite, la banque centrale européenne, le faisant tout autant mais par un biais détourné.
Le vent est en train de tourner. En effet, les autorités monétaires des Etats-Unis, affolées par le risque effrayant de relance d’une bulle spéculative plus grande encore que celle qui a éclaté en 2007, sont en train de décider une réduction de leurs interventions tant sur les titres publics que sur certains segments des marchés financiers privés. D’ores et déjà, les bons du Trésor américain à dix ans ont commencé à remonter par rapport aux émissions allemandes d’un demi-point en trois mois. Les tensions sur les marchés obligataires privés commencent à apparaître, l’OCDE relève publiquement ce risque parmi ceux qui pourraient remettre en cause cette velléité de croissance que l’on a pu noter essentiellement aux Etats-Unis au cours des derniers mois.
Je ne vois pas personnellement comment nous pourrions éviter durablement que cette épreuve de vérité nous soit imposée, ce qui entraînera une nouvelle phase de la crise dont nous ne pourrons sortir qu’en affrontant enfin le véritable problème. Il nous faudra donc revenir à l’économie réelle, mettre fin à la fuite en avant d’une économie financière devenue folle depuis au moins le milieu des années 90 et imposer enfin aux institutions financières comme aux banques des règles sans lesquelles aucune stabilité et aucune prospérité ne sont possibles.
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/05/2013
New York City de Piet Mondrian
New York City de Piet Mondrian
La question syrienne permet à la diplomatie internationale, à défaut de réussir à mettre fin à cette très sanglante guerre civile, de battre de nouveaux records d’hypocrisie.
Un certain nombre de nations « va-t’en guerre » multiplient les rodomontades menaçant sans cesse de livrer des armes à l’opposition syrienne, voire d’intervenir militairement.
Mais comme il ressort aujourd’hui clairement de toutes les analyses et de toutes les informations dont nous disposons que toute arme livrée tomberait entre les mains des affiliés d’Al Qaïda, aucune nation occidentale n’imagine sérieusement commettre une telle folie.
Dès lors, les pays de l’Union européenne déclarent la main sur le cœur qu’ils vont lever l’embargo sur la livraison d’armes en Syrie, tout en indiquant aussitôt qu’il faudra attendre la future conférence internationale et l’obtention de garanties impossibles de la part de l’opposition pour donner une traduction concrète à cette levée d’embargo…
De manière assez imprudente, le président des Etats-Unis avait indiqué qu’il reverrait sa position négative sur le sujet si le gouvernement syrien utilisait des armes chimiques. Mais comme il semble de plus en plus probable que le gouvernement en question le fasse, les Etats-Unis semblent oublier qu’ils avaient décrété à cet égard une ligne rouge ou jaune qu’il ne fallait pas franchir !
On ne sait même pas d’ailleurs à ce jour ce qu’il en est exactement. Les uns accusent le gouvernement syrien d’utiliser des armes toxiques, voire rapportent de supposés échantillons de ces fameux produits, oubliant sans doute qu’un véritable neurotoxique de dernière génération provoque la mort en quelques secondes par simple contact d’une quantité minime sur la peau.
Nous verrons bien ce qu’il ressortira de l’analyse des supposés échantillons en question mais il y a fort à parier que même dans le cas où ces analyses seraient positives, il n’y aura pas de changement notable de l’attitude des nations occidentales qui restera fondée sur une action en raison inverse des paroles prononcées et une utilisation massive de l’arme favorite des diplomates : l’hypocrisie.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/05/2013

Briser la glace

22/05/2013
Briser la glace
Le conflit sino-indien devrait retenir au premier chef l’attention des diplomates du monde entier parce qu’à côté de ce conflit-là, entre géants planétaires, aucun autre ne saurait se comparer.
C’est en réalité l’affrontement de deux systèmes l’un démocratique et l’autre autocratique, même si la démocratie indienne n’est pas parfaite – la nôtre l’est parfois moins encore – et que la République populaire de Chine évolue à sa manière, tant au plan local qu’au plan national, vers une écoute et une prise en compte des aspirations populaires qui est un embryon de démocratie.
C’est une rivalité militaire puisque les deux nations disposent d’armées puissantes et de vecteurs nucléaires, c’est aussi une rivalité permanente à l’extérieur, les deux nations étant souvent concurrentes dans leur recherche d’espace à coloniser économiquement, notamment pour en exploiter les ressources naturelles, en Asie du sud-est mais aussi en Afrique.
C’est parfois aussi la rivalité de deux diasporas immenses et dont les succès respectifs sont souvent extraordinaires. Des Etats-Unis à l’Afrique en passant par l’Asie mais aussi aujourd’hui en Europe, le nombre et la qualité des Chinois et des Indiens de l’extérieur font que ces deux nations exercent une influence grandissante sur la planète toute entière.
L’évolution des relations sino-indiennes sera la grande affaire des décennies à venir.
Cependant, cette relation est empoisonnée depuis 1947 par des différends frontaliers et des rivalités par petits Etats himalayens interposés dont les enjeux paraissent dérisoires par rapport à ceux des relations sino-chinoises dans leur globalité mais qui entraînent une vigilance voire une méfiance réciproque et parfois des tensions sur le plan militaire extraordinairement dangereuses.
Il y a d’abord deux ou trois questions de délimitation de frontières qui intéressent des territoires situés à plus de 5 000 mètres d’altitude dans lesquels aucun résidents ne peut survivre sans oxygène, où la vie-même avec cette assistance respiratoire reste très difficile mais qui n’en font pas moins l’objet de rivalités récurrentes entretenant une manière de guerilla froide sur les glaciers les plus hauts du monde dont chacun pourrait se moquer si l’on n’était pas conscient que cela pourrait un jour dégénérer.
Il y a aussi les influences respectives qui s’exercent dans les mini-Etats himalayens : le Népal, traditionnellement dans la zone d’influence indienne mais où la rébellion maoïste semble avoir aujourd’hui pris le dessus, le Sikkim qui a été finalement annexé par l’Inde tandis que le Bhoutan a été placé sous son protectorat.
Il y a enfin l’impossible question du Cachemire qui empoisonne tout autant les relations sino-indiennes que les relations indo-pakistanaises.
En substance, une partie de l’ancien royaume du Cachemire, le Ladakh, est évidemment de culture tibétaine, ce qui conduit les Chinois à le revendiquer tandis que les Indiens revendiquent eux une partie de l’actuelle province tibétaine de la Chine au motif que ses habitants auraient été avant l’indépendance de l’Inde tributaires du Maharadjah de Cachemire.
Et pour couronner le tout, les Indiens accueillent depuis l’invasion du Tibet par l’armée chinoise, le Dalaïlama, ancien monarque de la théocratie tibétaine, qu’ils traient avec de grands égards et de manière tout à fait officielle.
Malgré cet embrouillamini himalayen dont la complexité semble en raison directe de la hauteur des montagnes les plus élevées du monde, il peut arriver aux deux parties de faire preuve de pragmatisme. Lors d’un incident récent, l’armée chinoise a établi un camp sur un emplacement dont l’Inde revendiquait la souveraineté. L’armée indienne a établi un camp à proximité immédiate du camp chinois et après un contact entre les deux ministres des affaires étrangères, les deux camps ont été démantelés et chacun est revenu sur ses positions.
Le nouveau Premier ministre chinois s’est ensuite rendu en Inde et chacune des parties a affirmé sa volonté d’apaiser les tensions, de relancer la coopération dans tous les domaines et de s’accorder sur cette évidence qu’a rappelé le Premier ministre indien : « le monde est assez grand pour satisfaire les aspirations à la croissance de nos deux peuples ».
La glace n’est pas encore brisée, le réchauffement est insuffisant mais c’est tout de même un commencement de dégel.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/05/2013
D’un Watergate l’autre
Il pourrait paraître provocateur de faire des comparaisons entre le second mandat de Barack Obama et celui qui fût interrompu par la démission de Richard Nixon. Pourtant, ces deux seconds mandats débutent de la même manière par un incroyable scandale !
Et ces scandales se ressemblent singulièrement puisque Richard Nixon ou son entourage étaient accusés d’avoir fait espionner leurs adversaires politiques tandis que le président Obama ou son entourage sont accusés d’avoir utilisé les services fiscaux pour diligenter des enquêtes fiscales ciblant leurs adversaires politiques…
La comparaison ne s’arrête pas là puisque l’arrogance de chacun des présidents se situe probablement au même niveau, que leur réélection a été dans l’un et l’autre cas confortable et que leur gouvernance a donné lieu à des appréciations divergentes.
Les différences sont cependant marquées mais sont loin d’être ce que l’opinion publique imagine. On pourrait dire pour caricaturer que Richard Nixon était aussi antipathique et peu charismatique que Barack Obama est, à l’inverse, incroyablement sympathique et fait l’objet d’un véritable engouement au point que l’on a pu forger le mot « Obamania ».
Pourtant, Richard Nixon avait promis la fin de la guerre du Vietnam et il y a mis fin.
Il avait promis une grande politique étrangère et il a bouleversé la géopolitique mondiale en reconnaissant la Chine de Mao Zedong.
A l’inverse, Barack Obama avait promis de fermer l’odieuse prison de Guantanamo dans laquelle croupissent injustement, hors de tout cadre juridique, des centaines de personnes dont le seul crime repose parfois sur une homonymie tandis que certains restent murés à vie alors même que leur innocence a été reconnue.
Mais Barack Obama n’est pas prêt de mettre fin au scandale de Guantanamo.
Barack Obama avait promis une politique étrangère plus respectueuse des droits des peuples et des individus et il décide chaque matin, selon son bon plaisir et l’appréciation qu’il a des rapports qui lui sont remis par les services secrets, de faire assassiner à l’autre bout du monde de supposés terroristes avec des « dommages collatéraux » qui sont souvent des enfants en bas âge !
Bien entendu, face au scandale, les présidents et leurs partisans clament leur parfaite innocence et mettent en cause les administrations concernées.
Pourtant, comme le dit ce matin le Wall Street Journal : « A president sets a mood, a tone. He establishes an atmosphere. If he is arrogant, arrogance spreads. If he is too partisan, too disrespecting of political adversaries, that spreads too. Presidents always undo themselves and then blame it on the third guy in the last row, in the sleepy agency across town.”
Sans porter le moindre jugement sur les personnes qui sont, dans l’un et l’autre cas, des personnalités d’exception dont le bilan restera longtemps controversé, ce bégaiement de l’histoire, à quarante ans de distance, est une démonstration de plus de ce que Montesquieu avait vu juste, et Machiavel bien avant lui, en relevant que le pouvoir corrompt d’autant plus qu’il est grand.
Commentaires (6) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/05/2013

Ma question au ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, le 14 mai 2013.


L’article 21 de la loi du 22 janvier 2002 sur la Corse a transféré la propriété des 50 000 ha de forêts domaniales de Corse à la Collectivité Territoriale de Corse. Le code forestier a été complété par un article L 181-1 qui maintient le régime forestier.
Celui-ci a pour objectif de garantir la protection du patrimoine forestier et sa gestion durable ; son application est confiée à l’Office National des Forêts (ONF).
Cet établissement apporte toute satisfaction dans son action en Corse : au-delà de ses missions régaliennes, il lui a d’ailleurs été dévolu une délégation de service public pour la gestion des forêts appartenant à la Collectivité, fait unique en France. En outre, la qualité de son travail a permis d’obtenir récemment la certification de gestion durable sur l’ensemble de nos massifs forestiers.
Aujourd’hui, la Collectivité Territoriale, dotée de compétence en aménagement et développement économique au titre de l’élaboration du plan d’aménagement de la Corse, souhaite jouer pleinement son rôle notamment pour l’avenir de la filière bois. Elle souhaite mieux maitriser ses possibilités d’intervention et assumer les prérogatives que la loi lui a confiées. C’est pourquoi il apparait opportun d’envisager une évolution à titre expérimental des compétences en matière forestière en Corse.
Une première adaptation pourrait concerner le processus d’approbation des aménagements forestiers : En effet, la loi prévoit que l’Assemblée de Corse donne un avis sur ces plans de gestion, qui sont finalement approuvés par le Préfet de Corse. Il semble à la fois plus efficient et plus respectueux de la spécialité de la Collectivité Territoriale d’inverser le processus : Le Préfet doit donner l’avis de l’Etat sur le document d’aménagement rédigé par l’ONF mais la décision devrait revenir à l’Assemblée de Corse.
Par ailleurs, l’ONF assure au titre du régime forestier à la fois la police et la commercialisation des forêts. La séparation de ces missions, qui peuvent paraître incompatibles, pourrait être expérimentée sur les forêts de Corse.

L’article L 214-6 du Code Forestier exclut pour le moment toute implication de la Collectivité Territoriale. Ses dispositions sont exorbitantes du droit commun et ignorent les principes des prérogatives de la propriété.
Or la collectivité territoriale de Corse est le deuxième propriétaire de forêts publiques en France après l’Etat. Elle pourrait veiller à la mise en valeur et à la commercialisation de son patrimoine, afin d’en maîtriser l’aspect commercial avec le concours de l’ONF. Cette compétence ne viendrait pas se substituer aux missions de l’ONF qui doit conserver ses prérogatives de Police de la forêt c’est-à-dire la surveillance et la protection, la Collectivité se chargeant de la responsabilité de la vente de ses bois, des aspects commerciaux et de l’aménagement forestier.
En effet les ventes de bois ont fortement chuté ces dernières années et dans un contexte de contraintes budgétaires sévère, la Collectivité Territoriale de Corse doit pouvoir administrer son patrimoine et en tirer des revenus pour à la fois trouver les ressources indispensables au financement de ses investissements en forêt et développer sa politique d’approvisionnement, afin de soutenir, dynamiser et structurer la filière bois insulaire.
Cette répartition des tâches serait mise en œuvre une ou deux années à titre expérimental uniquement sur les forêts territoriales.
Je souhaiterais connaître la position du Gouvernement sur cette proposition d’expérimentation.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 14/05/2013
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