Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
La Charte européenne des langues minoritaires, la Corse et la Constitution
Bien des commentateurs mal intentionnés ont, en Corse, affirmé que le gouvernement et le président de la République renonçaient à toute révision constitutionnelle, excluant en tout cas d’y inclure une disposition propre à autoriser une ratification de la Charte européenne des langues minoritaires, et plus encore toute disposition relative à la Corse.
Je constate aujourd’hui, à l’inverse de ces commentaires mal informés ou malveillants :
- Primo, qu’il y aura bien une révision constitutionnelle,
- Secundo, que le président, socialiste, de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas, s’est publiquement prononcé pour un article 53-3 de la Constitution qui permette la ratification de la Charte européenne (Le Monde 27.03.2013),
- Tertio, que dès lors que l’Assemblée de Corse se serait prononcée très largement sur ce qu’elle souhaite pour la Corse sur le plan constitutionnel, il sera bien difficile au gouvernement de s’y opposer.
En Corse, quelques responsables politiques, qui redoutent de « ne sortir de l’ambiguïté qu’à leurs dépens », rêvent d’une révision constitutionnelle qui tournerait court et les dispense de prendre publiquement leurs responsabilités.
Je leur dit aujourd’hui qu’ils seront pratiquement et clairement sommés de les prendre et de se prononcer pour ou contre…
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/03/2013

Baby Loup

29/03/2013
Baby Loup
La Cour de Cassation vient de rappeler les limites de la loi qui interdit en France le port de signes religieux ostentatoires.
On ne peut porter le voile dans les écoles qui sont sous le régime du service public de l’éducation nationale, mais on peut – selon la Cour de Cassation – le porter dans une crèche associative.
Les juristes savent à quel point il sera difficile de soutenir une législation qui fixe une norme vestimentaire pour les citoyens, en particulier si elle est contestée devant une juridiction internationale telle que la Cour européenne des droits de l’Homme.
Car si l’on comprend bien que le voile intégral couvrant le visage pourrait être effectivement prohibé, il est pratiquement et juridiquement impossible de se prononcer sur le foulard, accessoire vestimentaire dont le port peut être tout autant une question de goût ou de mode que de religion.
Quant à vouloir rendre universelle – en toute heure et en tous lieux – une telle interdiction, c’est probablement une atteinte aux libertés qui ne tiendra ni en droit, ni en fait.
L’influence croissante du fanatisme religieux doit être combattue avec détermination. Il n’est pas certain qu’une législation fragile en droit et en fait y suffise.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/03/2013
Les fantômes de 1994
Lorsque nous évoquons les coups du sort que parfois nous réserve l’histoire, nous pensons avant tout à des évènements violents, meurtres, cataclysmes ou guerres et, à l’exception peut-être du fameux jeudi noir de 1929, nous ne pensons jamais aux retournements des marchés qui peuvent pourtant entraîner pour la vie quotidienne des peuples bien des renoncements, des précarités voire des misères.
En 1994, et en l’espace de quelques mois, les taux d’intérêt des obligations publiques, c’est-à-dire des bons du trésor émis par les Etats-Unis d’Amérique ont pratiquement doublé.
Aujourd’hui, un tel retournement des marchés financiers, consistant à faire payer la dette publique américaine quatre points de plus, représenterait un coût pour le seul Trésor public américain de 600 milliards de dollars par an qui s’ajouteraient à un déficit courant de mille milliards.
Une telle perspective hante les esprits des professionnels de manière de plus en plus obsédante.
L’idée selon laquelle nous sortons de la crise aux Etats-Unis comme en Europe tout simplement parce que cela a assez duré et qu’il faudra bien que cela finisse un jour relève de l’incantation, de l’ignorance des mécanismes économiques et monétaires et d’une amnésie sur un passé pourtant récent.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/03/2013
Au-delà de tout soupçon
Pompeia Sulla était la seconde femme d’un certain Caïus Julius, plus connu sous le surnom de César. A l’époque où son mari présidait à la religion romaine sous le titre – qui est toujours en latin celui du pape catholique – de « pontifex maximus », Pompeia Sulla avait organisé des festivités dédiées à la bonne déesse (« bona dea »), divinité symbolisant la chasteté, desquelles les hommes étaient exclus. Or, un jeune patricien, du nom de Claudius Pulcher – dont le nom de famille évoque évidemment la beauté, s’y était introduit déguisé en femme, sans doute pour faire une mauvaise farce mais qui conduisit la rumeur publique à prétendre qu’il voulait séduire le femme de César.
Il s’en suivit un procès qui devait aboutir à l’acquittement de Claudius Pulcher bien qu’il ait dû affronter comme accusateur un avocat sénateur du nom de Cicéron…
Peu de temps après, et nonobstant cette absence de suite judiciaire, alors même qu’à aucun moment l’épouse du Pontifex maximus n’avait été mise en cause, César décida de divorcer, se justifiant en disant que la femme de César devait rester au-dessus de tout soupçon.
Il y aurait beaucoup de commentaires à faire sur le contexte et les circonstances de cette histoire vaudevillesque et pourtant éclairante quant à la vie publique et privée des dirigeants romains.
On pourrait, par exemple, trouver singulier que César ait été aussi sourcilleux sur la réputation de vertu de son épouse alors qu’il était lui-même un bisexuel notoire et particulièrement pratiquant puisque Suétone a cru bon de remarquer qu’il était « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris ». Cette remarque prouvant d’ailleurs que, déjà, longtemps avant l’intervention de Christiane Taubira, les mœurs européennes étaient ouvertes à bien des situations matrimoniales…
Mais il faut surtout retenir que les personnes publiques et leur entourage doivent faire preuve, jusque dans les détails de leur vie privée, d’une extrême prudence car même si rien ne saurait leur être reproché, la rumeur pourrait avoir sur eux ou sur elles, des effets destructeurs.
Dans l’affaire qui a conduit Jérôme Cahuzac à la démission, je reste persuadé que les suites judiciaires, même si elles agiteront l’actualité pendant un long moment, ne déboucheront sur aucune sanction significative.
Malheureusement aujourd’hui, des éléments sérieux semblent confirmer qu’il pourrait être le locuteur de quelques phrases enregistrées à son insu il y a plus de dix ans, lesquelles pourraient signifier qu’il aurait détenu à ce moment-là un compte bancaire en Suisse qu’il avait d’ailleurs l’intention explicite de fermer.
D’ores et déjà, la punition est sans commune mesure avec une faute encore largement hypothétique et dont on ne voit pas très bien à quelle sanction pénale elle pourrait conduire.
Il n’en a pas fallu plus pour nous priver à un des pires moment de notre histoire budgétaire, d’un des meilleurs ministres du budget que nous n’ayons jamais eu et dont la compétence, le talent et la détermination sont reconnus, même après sa démission, à gauche comme à droite.
On le voit, il y a deux mille ans comme aujourd’hui, celui ou celle qui touche de près au pouvoir peut tomber sans que sa faute ait été prouvée et ce n’est pas sans raison que l’on faisait récemment remarquer que bien des ministres ayant dû démissionner dans de telles circonstances n’ont pas été par la suite sanctionnés pénalement, non parce que leur ancien statut les aurait protégé, bien au contraire, mais parce qu’il apparaissait après enquête et avec le recul qu’il n’y avait plus rien qui justifiait une sanction pénale.
Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/03/2013

Cum grano salis

13/03/2013
Cum grano salis
NaCl, chlorure de sodium, ce que l’on appelle communément le sel a une réputation ambivalente et ce depuis l’Antiquité.
Dans la Bible, « le sel de la terre », c’ est ce qu’il y a de mieux mais à l’inverse le salage des terres, les rendant impropres à la culture, est l’abomination de la désolation…
Dans l’Antiquité aussi, le grain de sel, c’est évidemment la part d’humour dans le propos qui lui évite d’être insipide, d’où l’expression « cum grano salis » (« avec un grain de sel »).
S’agissant des artères, il semble que l’effet du sel peut être une excellente chose ou au contraire très néfaste suivant qu’il s’agit des artères de notre corps ou de celles qui permettent la circulation automobile.
Ainsi, on nous dit que, pour le corps humain, l’excès de sel conduit à l’hypertension artérielle mais, pour la circulation automobile, lorsqu’il neige ou qu’il gèle, c’est l’absence de sel sur la voie qui conduit à l’hypertension des automobilistes et à l’encombrement voire la thrombose complète des artères.
L’absence de sel dans les rues de Paris a conduit ce matin à bien des difficultés pour les automobilistes dont la tension artérielle a sans doute augmenté de ce fait. Il en est donc du sel comme de tout, on peut difficilement s’en passer, il faut l’employer quand il faut là où il faut et, bien entendu, il ne faut pas en abuser !
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/03/2013
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