Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Congrès de Berlin, 1878
Congrès de Berlin, 1878
Dans les annales de l’histoire britannique et européenne, il y a eu plusieurs retours de congrès européens triomphants pour les Premiers ministres britanniques.
Il y a eu bien sûr le retour de Benjamin Disraeli, Lord Beaconsfield, du Congrès de Berlin en 1878. Un congrès au cours duquel Disraeli avait démontré son habileté internationale, sa capacité à dominer une situation complexe y compris face à une personnalité aussi puissante et redoutable que Bismarck qui se trouvait de surcroît la puissance invitante.
Ce congrès de Berlin est d’ailleurs peut-être l’apogée d’une organisation informelle de l’Europe par laquelle les chefs d’Etat et de gouvernement parvenaient par la négociation, par la connaissance parfaite des sujets, par un esprit commun d’attachement à la paix et à la stabilité à tirer les conséquences des crises les plus difficiles.
Il y a eu ensuite le retour triomphal de Chamberlain de la conférence de Munich en 1938. L’enthousiasme de l’accueil qui lui a été réservé était à la mesure du désastre annoncé ! L’esprit de stabilité et de responsabilité des dirigeants européens avait cédé la place à la folie agressive des uns et à l’incapacité d’y résister des autres.
Force est de constater que le retour de David Cameron du sommet européen relatif au budget de l’Union peut apparaître, à certains égards comme un véritable triomphe. Quelques semaines voire quelques jours avant le sommet, c’est avec arrogance que les français, les eurocrates et d’autres encore en Europe prétendaient forcer la Grande-Bretagne à se soumettre ou à se démettre.
Contre toute attente, ce sont les idées britanniques qui l’ont emporté puisque le budget est en réduction et que le retour garanti à la Grande-Bretagne sur sa contribution est préservé. La Grande-Bretagne et son Premier ministre s’alliant à l’Allemagne ont infligé une défaite diplomatique à la France même si celle-ci peut tout de même se réjouir de voir préservée la politique agricole commune.
Pour autant, après l’Europe informelle mais capable de maintenir un siècle durant la stabilité et la prospérité d’un continent malgré les crises et les mutations, après l’Europe incapable de résister à la lâcheté de l’impérialisme nazi, l’Europe du dernier sommet, celle des marchandages sordides et des égoïsmes nationaux ne méritait pas que l’on reçoive en triomphateur celui qui semble avoir gagné cette partie dérisoire dans un jeu dévoyé.
En 1878, c’est la stabilité et le long terme qui triomphaient, en 1938, ce fut l’illusion que procure parfois la lâcheté, pour quelques semaines ou tout au plus quelques mois, en 2013, nous avons perdu nous-même la vision de l’Europe alors qu’ailleurs de l’Inde à la Chine voire aux Etats-Unis, on croît encore à l’idée européenne et aux accomplissements qu’elle permet.
Même pour M. Cameron, vainqueur apparent mais dérisoire de ce jeu de massacre, il n’y avait pas de quoi pavoiser : c’est l’Europe qu’on assassine.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/02/2013

Retour des Indes

19/02/2013
Retour des Indes
On appelait ainsi autrefois ces bons vins français que l’on faisait voyager aller et retour vers nos comptoirs des Indes, de Bordeaux à Pondichéry, sans les faire débarquer simplement pour qu’ils bénéficient, par ce long voyage maritime, d’un vieillissement accéléré.
Il me vient à l’esprit en évoquant mes deux jours en Inde transporté par l’avion présidentiel puis sur place dans le cortège officiel, cette réplique inoubliable de Raymond Queneau dans Zazie dans le métro qui fait dire au personnage éponyme à qui on demande ce qu’elle a fait pendant quelques jours : « j’ai vieilli ».
Que se passe-t-il dans un tel voyage en dehors des cérémonies hiératiques militairement réglées avec tout le faste de l’empire des Indes, des discours officiels répétés avec quelques variantes, de moments d’échanges un peu convenus et de quelques incidents cocasses ?
Il y a eu bien sûr quelques entretiens utiles pour votre serviteur avec un leader du parti au pouvoir puis un de ceux de la coalition d’opposition, de brèves retrouvailles avec de vieilles connaissances indiennes qui m’ont parfois demandé en riant si j’étais vraiment dans ce voyage du côté français ou du côté indien et quelques informations recueillies ici ou là sur l’évolution de cet immense pays et sur une relation franco-indienne bien ignorée des français et de nos médias mais pourtant très ancienne, très solide parce qu’elle repose sur la base logique d’intérêts très convergents et qui progresse bien au-delà des grands contrats ou des rencontres solennelles.
Depuis que j’ai écrit il y a un peu plus d’un an un rapport pour la commission des affaires étrangères avec mon collègue Eric Woerth sur la place de la France en Inde, il y a des choses qui ont évolué favorablement comme par exemple le nombre des étudiants indiens en France qui augmente rapidement et de manière significative. Mais il y a aussi des questions qui ne trouvent aucune réponse.
Mais, pour dire la vérité, je ne suis pas parti deux jours en Inde pour visiter un pays que je connais bien, ni pour assister à des cérémonies ou prendre quelques contacts mais pour rencontrer le Président de la République un long moment à propos de la Corse mais cela c’est une autre histoire !
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/02/2013

Mardi 12 février 2013 - Conférence au Collège de France dans le cadre du séminaire "Lire et relire Proust" du Professeur Antoine Compagnon


Un itinéraire proustien entre histoire et politique

http://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/index.htm#|q=/site/antoine-compagnon//_audiovideos.jsp| http://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/index.htm#|q=/site/antoine-compagnon//_audiovideos.jsp|
un_itineraire_proustien.pdf Un itinéraire proustien.pdf  (178.95 Ko)

Commentaires (12) | Rédigé par Paul Giacobbi le 14/02/2013
Much ado about nothing
Pendant qu’en France, à l’Assemblée nationale, des esprits chagrins hurlaient à la mort de la civilisation voire à l’extinction programmée de l’espèce humaine, ou encore à la profanation sacrilège de la Sainte Eglise, en Grande-Bretagne, la Chambre des Communes votait, à une écrasante majorité et sans tant d’histoires, un texte à peu près équivalent ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe.
Tout ce débat ne méritait ni cet excès d’honneur ni cette indignité. Le mariage n’est devenu un sacrement que dans le second millénaire de l’histoire catholique de même que le célibat des prêtres est finalement une invention tardive dans une religion où Saint-Paul appelait à choisir les évêques parmi les bons pères et les bons époux…
L’homosexualité qui existe depuis que le monde est monde n’a nullement empêché les espèces de se reproduire, pas plus la nôtre que les autres, et les appels à l’intolérance, l’amalgame permanent entre ce qui est permis mais qui n’est pas majoritaire et ce qui est interdit à juste titre comme la pédophilie était tout à fait indigne d’un débat parlementaire dans une démocratie moderne.
On a aussi beaucoup souligné la performance de Christiane Taubira qui ne pouvait surprendre que ceux qui découvraient son immense talent. Je retiendrai l’exploit singulier qui lui a permis, à la suite de brefs échanges de sortir triomphante d’un combat oratoire avec un triple champion olympique de judo…
Comme on dit en latin « cedant arma togae » : les armes cèdent à la toge, c’est-à-dire que la force, et plus particulièrement la force armée cède le pas à la représentation politique.
Commentaires (6) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/02/2013

Passage to India

13/02/2013
Passage to India
Le Président de la République François Hollande part aujourd’hui pour une visite d’Etat de deux jours en Inde. Je fais partie de la délégation qui l’accompagne. Au-delà du cérémonial d’une visite d’Etat, c’est l’occasion d’affirmer la réalité d’un partenariat stratégique qui va bien au-delà de contrats historiques de vente d’armement et notamment pour les avions Rafale.
L’Inde apparaît de plus en plus comme le grand partenaire de l’Europe en général et de la France en particulier en Asie : c’est la plus grande démocratie du monde. C’est, malgré les difficultés et la pauvreté qui accable une partie de sa population, une économie conquérante dont les grandes entreprises jouent un rôle sans cesse croissant en Europe et aux Etats-Unis.
C’est un pays qui cultive, compte tenu de sa taille et de l’importance de sa civilisation, une véritable indépendance et qui trace une voie originale dans un monde sans cesse bouleversé.
C’est aussi un pays riche de 23 langues officielles, dont 18 sont reconnues au niveau fédéral, et dans lequel coexistent à peu près toutes les religions, les communautés et les modes de vie.
C’est peut-être pour l’Europe une leçon. On peut vivre ensemble même lorsque l’on parle des langues différentes, que l’histoire nous a opposé que les religions nous divisent. Un habitant de l’Himachal Pradesh ou du Kashmir est bien plus différent d’un citoyen du Kerala que ne l’est un français d’un allemand. Pourtant les premiers cohabitent dans une même grande nation indienne tandis que les seconds ne cessent de reculer dans la construction européenne.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/02/2013
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