Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
L’identité corse au salon de l’agriculture
Avec ses 530 m2, ses exposants fermiers qui ont remporté plus d’une centaine de médailles dans les différents concours, son restaurant pédagogique tenu par des stagiaires de l’AFPA remarquablement encadrés, le village corse du Salon de l’Agriculture est l’un des plus visités et ce d’autant plus qu’il associe cette année ses qualités traditionnelles au fait que notre île recevra le départ et les trois premières étapes de la centième édition du Tour de France.
Dans un monde où l’on se demande si ce que l’on trouve dans des plats préparés et surgelés est non seulement du lard ou du cochon mais même du cheval ou du bœuf, il est réconfortant de pouvoir goûter et acheter des produits vendus par un producteur respectant les normes sanitaires, d’une qualité gustative remarquable et d’une authenticité indubitable.
Nous faisons de considérables efforts pour permettre au consommateur d’accéder à cette qualité de produits, ce qui suppose de lui permettre par l’identification, le contrôle et parfois la répression, d’écarter les tromperies et les fraudes.
Celles-ci subsistent sans doute mais déjà beaucoup de produits corses, du vin au miel en passant par le brocciu et bien d’autres sont traçables, identifiables et sécurisés quant à leur qualité et leur origine.
La Collectivité territoriale de Corse, pour la troisième fois cette année présente l’excellence des produits corses au Salon de l’Agriculture : elle le fait en organisant et finançant cette opération avec les chambres consulaires et les regroupements professionnels mais surtout en accompagnant et en fédérant les producteurs eux-mêmes sans lesquels évidemment rien ne serait possible.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/02/2013
L'empereur Mitsuhito
L'empereur Mitsuhito
Un ministre au demeurant sympathique a fait cette déclaration : "Il y a eu un avant lasagnes, il y aura un après lasagnes au cheval". L’affaire de la lasagne ouvrirait donc pour notre pays, voire notre civilisation, peut-être même pour l’humanité, une ère nouvelle.
Au Japon, on a pris depuis des millénaires l’usage d’inaugurer une ère nouvelle à chaque mort d’empereur et d’avènement d’un nouveau souverain. Ainsi, Mitsuhito est –il devenu en mourant l’empereur Meiji et a donné rétrospectivement à son règne le nom d’ère Meiji qui avait vu d’ailleurs une véritable révolution culturelle et économique transformer le pays introduisant au passage un changement notable dans l’alimentation du peuple nippon puisqu’à l’initiative de l’empereur, il avait adopté une alimentation carnée alors même que les japonais jusque-là se refusaient à manger de la viande…
Pour autant, la cour impériale japonaise n’avait pas cru opportun de nommer l’ère Meiji en souvenir de cette évolution des habitudes alimentaires en l’intitulant par exemple l’ère beefsteak ce que je ne sais d’ailleurs pas traduire en japonais… et s’est contenté de parler de « gouvernement éclairé ». Nous entrerions donc, d’après notre ministre, dans une ère nouvelle de notre alimentation, celle où nous retrouverions les vertus de la traçabilité alimentaire et, plus généralement du goût de la nourriture authentique.
Il est sans doute essentiel de bien se nourrir, de manière agréable et sûre et la gastronomie peut être considérée comme un art. Pour autant, si notre civilisation se réduit à bien savoir ce qu’il y a dans nos assiettes et y attache une telle importance qu’un changement à cet égard justifie que l’on passe dans une ère nouvelle, je me demande si nous n’entrons pas dans une phase de déclin matérialiste et de recul des valeurs spirituelles.
Ceci étant, les lasagnes peuvent être excellentes, surtout si on prend la peine et le temps de les préparer à la maison à partir d’une bonne viande que l’on a achetée chez son boucher et dont on connaît la provenance ! Mais cela c’est une autre histoire. Il faut peut-être nous contenter de plats simples et pas trop travaillés, nous inspirant d’ailleurs de ce qu’en disait un critique gastronomique autrefois, qui s’était surnommé Curnonsky : « Avant tout, faites simple ! ».
C’est un conseil que l’on pourrait d’ailleurs adresser au ministre dont je parlais afin que désormais il fasse simple et n’en rajoute pas trop !
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/02/2013
La mère de toutes les bulles, The Mother of all Bubbles
Le monde des économistes commence à s’inquiéter de ce que les déficits et l’endettement abyssal des Etats-Unis d’Amérique pourraient conduire à l’éclatement de la plus monstrueuse des bulles spéculatives qui est à l’origine de toutes les autres.
Il y a pourtant bien longtemps que les raisons de s’inquiéter existent et tout aussi longtemps que l’on aurait dû y prêter attention, déjà dans les années 70, un économiste et banquier français, Jean Denizet, démontrait à quel point était singulière l’aventure du dollar par laquelle le pays le plus riche mais aussi le plus endetté de la planète faisait financer par l’épargne du reste du monde son irresponsabilité financière.
Après cinq années de tourmente économique et financière au cours desquelles l’ouragan de la crise a successivement ravagé l’immobilier américain, l’Europe et, plus particulièrement les pays les plus fragiles et les plus déséquilibrés, le cyclone pourrait bien revenir à son point d’origine et y faire éclater une catastrophe dont les répercussions se feront sentir sur toute la planète.
J’ai déjà exposé ici ou ailleurs l’inquiétude qui pouvait naître quand on sait que le Trésor public américain devra cette année rembourser 4 000 milliards de dollars arrivant à échéance, soit un quart du PIB du pays.
Les commentateurs béats et ignorants ont déjà bien sûr répondu stupidement en évoquant la fameuse planche à billets, c’est-à-dire techniquement la souscription de bons du Trésor américain par la banque centrale.
D’autres, encore plus ignorants de notre monde, expliquent d’un air entendu que les chinois financeront cette dette.
Enfin, les plus inconscients considèrent que tout cela n’a aucune importance et que ce qui compte c’est la production américaine, la richesse ou la créativité du pays.
Nous avons malheureusement d’excellentes raisons, théoriques, pratiques et expérimentales de ne croire à aucune de ces solutions soit disant évidentes.
S’agissant de la production industrielles, qui viendrait par génération spontanée effacer la dette, il faut d’abord remarquer que la balance commerciale des Etats-Unis est structurellement déficitaire depuis la guerre de Corée, que ce pays s’est désindustrialisé à un rythme comparable à celui des autres nations occidentales et que l’on a bien vu l’effondrement de l’industrie automobile américaine sauvée in extremis par une nationalisation provisoire alors même qu’elle n’est plus depuis longtemps que le fantôme de ce qu’a été une grande industrie, autrefois symbole et fleuron du capitalisme américain.
S’agissant des chinois, leur position est claire depuis plusieurs années, ils souhaitent une diminution de la part des valeurs américaines dans leurs réserves, ce qui veut dire clairement que les Etats-Unis auront plus à rembourser l’autorité monétaire chinoise pour les bons du Trésor qu’ils ont souscrits dans le passé qu’à espérer en faire souscrire pour des montants supérieurs dans l’avenir.
Quant à la banque centrale américaine, dont le bilan a pratiquement triplé depuis 2007, il est clair que ses dirigeants sont terriblement divisés sur le sujet au point que même son président, M. Bernanke, apôtre et prophète de la création monétaire sans limite comme panacée applicable à tous les problèmes économiques, commence maintenant à dire qu’il faut une politique budgétaire responsable qui suppose à court terme une stabilisation du ratio de la dette par rapport au PIB.
Il y a déjà plusieurs années que même un professeur aussi médiatique que M. Stiglitz avait dénoncé le fait que les achats massifs de bons du Trésor par la Fed l’avaient amenée à naviguer sur des « mers inconnues »…
Il faudra plus qu’un discours du très éloquent président américain pour régler cette question.
Les européens feraient bien de régler sans délai les questions pendantes de Chypre et de l’Italie avant que l’ouragan américain ne se réveille et menace à nouveau, mais plus dangereusement encore que par le passé, de nous emporter.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/02/2013

La vidéo de mon intervention au Collège de France, 12 février 2013. Cliquer sur le lien ci-dessous


Un itinéraire proustien, entre histoire et politique
http://www.college-de-france.fr/site/audio-video/index.htm#|q=_audiovideos.jsp?index=0&prompt=&fulltextdefault=mots-cles...&fulltext=mots-cles...&fields=TYPE2_ACTIVITY&fieldsdefault=0_0&TYPE2=0|p=http://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/seminar-2013-02-12-17h30.htm|

http://www.college-de-france.fr/site/audio-video/index.htm#|q=_audiovideos.jsp?index=0&prompt=&fulltextdefault=mots-cles...&fulltext=mots-cles...&fields=TYPE2_ACTIVITY&fieldsdefault=0_0&TYPE2=0|p=http://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/semi http://www.college-de-france.fr/site/audio-video/index.htm#|q=_audiovideos.jsp?index=0&prompt=&fulltextdefault=mots-cles...&fulltext=mots-cles...&fields=TYPE2_ACTIVITY&fieldsdefault=0_0&TYPE2=0|p=http://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/semi

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/02/2013

Mon intervention à l'Assemblée nationale, 20 février 2013, texte et vidéo


Monsieur le Président,
Il s’agit ici si je comprends bien de donner notre avis sur le budget européen. C’est une tâche difficile puisque, depuis que les Parlement existent, ils n’ont pas pour mission de donner un avis sur un budget mais de consentir l’impôt, c’est-à-dire de décider souverainement. En second lieu, parce que ce budget n’en est pas un et parce qu’enfin malgré son nom, il témoigne fort mal de son caractère européen et moins encore de l’esprit d’union qui aurait dû y présider.
De la grande Charte au développement du parlementarisme britannique au XVIIIème siècle, les Parlement sont nés du consentement à l’impôt, c’est-à-dire de leur pouvoir de décider souverainement en matière budgétaire.
Or ici ni cette Assemblée, ni même le « Parlement » européen ne décident vraiment et c’est ce qui met si mal à l’aise les élus nationaux ou européens face à une mécanique budgétaire qui est contraire à ce que l’Europe a mis tant de temps à inventer et à mettre au point : la démocratie parlementaire.
Alors on nous dit que désormais par la grâce de l’ultime avatar des traités européens, le Parlement de l’Europe aurait – quel honneur ! – une manière de participation au processus de décision. On appelle cette procédure confuse qui consiste à ce que les gouvernements, réunis en conseil, tendraient à partager le pouvoir budgétaire avec une assemblée élue, la « codécision ».
Il y a dans ce vocabulaire, dans ces procédures contraires à tous les principes, dans cette approche rétrograde de la démocratie parlementaire, je ne sais quel relent de Constitution Louis-Philipparde, de ces temps intermédiaires entre le pouvoir royal et la démocratie contemporaine dont on pensait à tort qu’ils appartenaient au passé.

Alors nous verrons bien, puisqu’après tout la nature des Parlements est d’accroître leurs pouvoirs à compter du moment où l’on consent à leur en déléguer une parcelle, si cette première expérience de « codécision budgétaire » verra ou non émerger une sorte de coutume parlementaire européenne par laquelle le peuple, le peuple d’Europe, pourrait enfin faire entendre un peu sa voix à travers celle de ses représentants. J’en doute absolument mais enfin on ne sait jamais, nous verrons bien !
Mais ce n’est pas non plus un budget qui est soumis à votre avis. Je crois que l’on appelle cela un cadre financier pluriannuel.

Cet objet non identifié des finances publiques est supposé régir les dépenses de l’Union pendant six ou sept exercices, ce qui revient à l’éternité dans une époque où nos économies vivent au mois le mois pour ne pas dire au jour le jour.
On nous dit d’ailleurs que le Parlement européen essaierait peut-être d’obtenir le droit de réexaminer chaque année ledit budget. Ce serait effectivement la moindre des choses, la logique même mais rien ne nous dit que cela se passera ainsi.
Enfin, où est l’Europe dans tout delà ? Où est l’union ? Car le principe fondamental qui semble avoir prévalu dans cette affaire, ce n’est certainement pas le bien de l’Europe et encore moins l’union de ses peuples et de ses gouvernements. Bien au contraire. Ce qui semble avoir triomphé pour chacun des acteurs gouvernementaux de cette sinistre comédie, c’est ce principe comptable d’égoïsme national qui avait été en son temps immortalisé par une formule définitive de Madame Thatcher : « I want my money back ».
Il convient donc de nous contenter d’examiner les faits à l’aune de cette comptabilité et sur la base de ce principe.
On peut voir, s’agissant de la situation française dans ce cadre la bouteille à moitié vide ou la bouteille à moitié pleine.
La bouteille à moitié pleine pour le gouvernement français, c’est tout de même que l’objectif qu’il s’était fixé de sauver l’enveloppe globale pour la France de la politique agricole commune semble être atteint à hauteur de 56 milliards d’euros pour la période considérée.

Dans le contexte actuel, il ne faut pas manquer de saluer ce succès même si l’on pourrait s’interroger sur l’intérêt réel que présente la PAC pour notre territoire et même pour notre agriculture.
Nous pourrions aussi regretter le sacrifice de la politique régionale, et en particulier celle des régions intermédiaires, sur l’autel de la PAC.
On peut aussi se faire plaisir en remarquant qu’après tout, il n’y a pas véritablement de diminution trop sensible et même pas de diminution du tout à redouter dans les dépenses réelles de l’Europe puisque si les crédits de paiement inscrits diminuent, leurs montants pour la période 2014-2020 restent supérieurs de près de 50 milliards d’euros environ à la dépense effective de la période précédente.
Mais enfin, je crois me souvenir qu’il n’y a pas si longtemps encore nous entendions parler d’un fameux plan de relance de l’Europe dont il ne fallait cependant pas être grand clerc pour en dégonfler la baudruche : 120 milliards qui se décomposaient en fait, et le mot « décomposer » convient effectivement bien, en 60 milliards de fonds non utilisés que l’on se proposait de mobiliser enfin sans d’ailleurs rien faire pratiquement pour y parvenir et 60 autres milliards qui étaient les prêts que pouvait théoriquement consentir la Banque européenne d’investissement par la grâce d’une augmentation de ses fonds propres représentant de l’ordre du dixième de cette manne dont on attend toujours la miraculeuse apparition.
Toujours est-il qu’à ce jour l’addition de ces carottes hypothétiques et de ces navets putatifs n’a pas permis de composer une salade comestible au menu d’une relance européenne qui n’est déjà plus disponible à la table de notre Union.
Il reste que les images comptent dans la vie diplomatique et que le contraste est grand entre une Grande-Bretagne implorant ses partenaires, il y a quelques semaines encore, de bien vouloir lui permettre de demeurer dans l’union européenne même si elle ne pouvait accepter de monter dans ce fameux train de l’intégration à outrance et le retour triomphant de David Cameron à Londres qui a non seulement obtenu ce qu’il voulait – à savoir un budget en diminution et la garantie d’un juste retour pour son pays – mais de surcroît un beau succès diplomatique par lequel il a, provisoirement peut-être, fait mine de réunir un front conservateur sur la base d’une alliance germano-britannique brisant, pour le moment au moins, le fameux couple franco-allemand supposé être le moteur de la construction européenne.
Le retour de David Cameron n’est peut-être pas aussi triomphal que celui de son illustre prédécesseur Benjamin Disraeli à la suite du congrès de Berlin en 1878 mais enfin le Premier ministre britannique a remporté un succès qui fera date dans les annales de l’Union européenne.
On comprend peut-être mieux maintenant le sens des admonestations goguenardes de Madame Merkel à Berlin qui rappelait au partenaire dépensier du couple que nous formons que son pays, voire l’Europe, ne pouvait plus désormais accepter et encore moins cautionner nos écarts financiers.
L’histoire de ce supposé budget européen est loin d’être écrite. Nous n’en sommes qu’au début.
Cette Assemblée, notre Parlement, s’honoreraient à en examiner sans concession la signification profonde en terme d’organisation et de fonctionnement de l’Europe plutôt que de se borner à en dresser une comptabilité dérisoire et peut-être trompeuse pour la France.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/02/2013
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