Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
« Faire bouger les lignes »
Parmi les lieux communs qui fleurissent aujourd’hui dans les champs lexicaux de la langue française comme les mauvaises herbes envahissent les jardins mal entretenus, figure cette expression : « faire bouger les lignes ».
La prolifération de cette métaphore incertaine qui témoigne surtout d’une bien faible conception de la géométrie dans l’espace est d’autant plus étonnante dans un pays où rien ne bouge et où les lignes politiques restent éternellement parallèles.
Son emploi systématique s’étend même, au-delà des locuteurs politiques ou médiatiques, à des personnes cultivées. Et pourtant c’est bien Charles Baudelaire dans son poème sur la beauté qui lui fait dire : « Je hais le mouvement qui déplace les lignes ».
Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/12/2012
Le divorce de la productivité et de l’emploi dans les sociétés développées
L’International Herald Tribune a publié il y a quelques jours un article remarquable de deux chercheurs du MIT (Massachussets Institute of Technology) qui démontre que, si la productivité n’a cessé d’augmenter aux Etats-Unis depuis 1947 et que la courbe de l’emploi privé a progressé parallèlement jusqu’en 2000 comme si les deux allaient de pair, un divorce très net s’est produit à partir de l’année 2000, la productivité continuant à progresser même dans la crise tandis que l’emploi privé ne progressait plus non pas à partir de la crise, c’est-à-dire à partir de 2007 mais dès l’année 2000.
Cette observation est fondamentale et très inquiétante. Sur le plan strictement économique, elle éclaire l’une des origines profondes de la crise, à savoir l’évolution d’une société dans laquelle les progrès de l’économie ne profitent plus au grand nombre entraînant une inquiétante séparation entre une petite minorité qui est capable de transformer le progrès technologique en profit tandis que la masse de la population n’arrive plus à suivre et se retrouve réduite à des emplois précaires, peu qualifiés et très mal rémunérés.
C’est d’ailleurs l’image concrète des métropoles des Etats-Unis dans lesquelles la société semble divisée entre une élite intellectuelle et fortunée et une masse de serveurs de bar, de promeneurs de chiens et de cireurs de chaussures, heureux de gagner 2 dollars de l’heure.
Il serait très intéressant de savoir si le même phénomène s’est produit en France et en Europe mais c’est malheureusement assez vraisemblable même si le système politique et social plutôt protecteur du vieux continent a sans doute permis, surtout en France, de maintenir par le secteur public et l’assistance sociale toute une catégorie de la population dans des emplois relativement indépendants de l’évolution technologique et encore rémunérés à un niveau décent.
Je préfèrerais évidemment que l’on débatte de ces véritables questions plutôt que de la nationalisation des hauts-fourneaux !
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/12/2012

Refroidissement

19/12/2012
Refroidissement
« Tout le monde devenait, çà se comprend bien, à force d’attendre que le thermomètre baisse, de plus en plus vache ». Louis-Ferdinand Céline évoquait dans Voyage au bout de la nuit l’effet de la température sur le comportement humain.
Les zélateurs du réchauffement climatique deviennent quant à eux de plus en plus nerveux à mesure que la science non médiatique et l’observation objective relativisent leurs prévisions.
En 2011, il a été mis en évidence des manipulations d’observations et de communications scientifiques par l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change).
Le scandale a été public mais amorti dans les tam-tam médiatiques… L’évolution scientifique actuelle conduit à indiquer que, d’ici 2100, nous risquons une élévation de température de l’ordre de 1,6 à 1,7 degré. Un article de ce jour du Wall Street Journal de Matt Ridley, « Cooling Climate Change Fears », rappelle l’ensemble de ces observations scientifiques et s’interroge sur ce que sera l’attitude de l’IPCC face à l’évidence.
Pour autant, lutter contre les pollutions reste un objectif fondamental car indépendamment du risque de réchauffement même s’il est plus limité qu’on ne l’a dit, les conséquences sur la santé humaine, l’économie globale et la stabilité sociale et politique de notre monde n’en sont pas moins préoccupantes.
On attend des scientifiques de la rigueur et de la mesure et non pas un discours alarmiste volontairement outré, destiné sans doute à susciter une réaction de l’opinion publique et une prise en compte politique.
C’est une grande confusion des rôles : les scientifiques n’ont pas à déformer leurs conclusions dans le but d’obtenir un résultat politique ou d’accroître une notoriété.
C’est au politique qu’il appartient, à partir de résultats scientifiques, de questions et de réponses précises sur les causes, les conséquences et les observations, de prendre les décisions qui s’imposent après un débat démocratique éclairé.
L’hystérie alarmiste ne fera pas plus avancer les choses que le négationnisme climatique puisqu’à l’évidence la vérité se situe entre les deux.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/12/2012
De plus en plus fort !
Une information, fort heureusement démentie quelques heures après avoir été émise par un journal souvent mal informé, indiquait que le gouvernement français envisageait de nationaliser une usine de la société Rio Tinto à St Jean de Maurienne.
Pour donner une petite idée de ce qu’est aujourd’hui Rio Tinto, nous indiquerons que cette société anglo-canadienne a un chiffre d’affaires global de plus de 60 milliards de dollars, emploie près de 70 000 personnes, fait un profit de près de 6 milliards de dollars, possède, entre autres, comme filiale, Alcan, groupe qui emploie lui-même 68 000 personnes et se trouve propriétaire de ce qui s'appelait autrefois Péchiney en France.
Il est heureux d’apprendre par le démenti gouvernemental qu’il s’agissait d’une fausse nouvelle car si cela avait été vrai, il ne nous aurait plus resté qu’à attendre la nationalisation de Microsoft ou de Goldmann Sachs !
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/12/2012

Cousinage bengali

12/12/2012
Cousinage bengali
Un grand musicien indien, bengali né à Bénarès, vient de disparaître aux Etats-Unis à l’âge de 92 ans : Ravi Shankar.
Son art et sa vie illustrent malgré son enracinement dans la tradition indienne qu’il fût un personnage culturel important de notre village global au XXème siècle, ayant parcouru le monde, de l’Asie à l’Amérique, collaboré avec des musiciens aussi divers que le violoniste Yehudi Menuhin et Georges Harrison et dont une des filles n’est autre que la chanteuse Norah Jones.
Les amateurs de cinéma se souviendront de la musique qu’il avait composé pour un des plus beaux fleuron du cinéma bengali : la fameuse trilogie d’Apu de Satyajit Ray.
Notre planète étant toujours plus petite que l’on ne croit et notre humanité plus réduite que l’on ne l’imagine, il m’est revenu le petit lien de parenté par alliance que j’ai avec cet illustre musicien.
Mon épouse étant elle-même issue d’une vieille famille bengali, il se trouve qu’une de ses tantes, épouse de notre oncle Indranil Bose, avait une sœur qui était danseuse et qui a épousé un des neveux de Ravi Shankar, fils de son frère Uday Shankar, lui-même très grand danseur de renommée internationale qui avait introduit la danse moderne en Inde.
Le monde est petit !
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/12/2012
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