Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes relatif à la Collectivité Territoriale de Corse est évidemment accablant.

Ce que je dis depuis plusieurs années quant au dérapage non contrôlé des finances régionales qui l'oblige, pour maintenir l'investissement, à emprunter plusieurs dizaines de millions d'euros par an, est confirmé dans le rapport qui, de manière assez objective fait la part des choses entre ce qui est imputable au PEI et ce que l'on doit à une gestion pour le moins légère.

Quand je pense que ces gens-là ont osé dire que le Département de Haute-Corse était en faillite sur la base d'un rapport de la Chambre régionale des comptes qui ne relevait pratiquement rien de significatif à l'encontre de notre gestion, que devrais-je dire à propos de la CTC !

Remarquons tout de même que l'endettement de la CTC est pratiquement le quadruple de celui du Département de la Haute-Corse pour un budget qui est à peine du double, que nous empruntons chaque année huit fois moins que la CTC, et que notre endettement est stable, voire en diminution quand celui de la CTC augmente colossalement !

Encore faut-il remarquer que la CTC a bénéficié d'un cadeau extraordinaire de la part de l'Etat consistant en un transfert annuel de plus de 12 millions d'euros au titre de la taxe intérieure sur les produits pétroliers.

En attendant, la juridiction financière souligne l'absurdité des choix de travaux qui font que l'on est prêt à inaugurer une déviation sur-dimensionnée à Bocognano tandis que l'on remet à plus de dix ans l'achèvement de travaux indispensables de voies rapides entre Casamozza et Bastia.

Il y a quelques années, j'avais envoyé à tous les maires du Département le rapport de la Chambre régionale des Comptes sur le Conseil général, puisqu'après tout j'avais plutôt à m'en féliciter et qu'en tout état de cause la transparence m'imposait cette publicité.

J'invite la CTC à faire de même.



Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 26/11/2008

Un sommet pour rien

17/11/2008

Comme prévu, le sommet du G20 n'a rigoureusement rien produit sinon une vague assurance qu'il serait utile de veiller aux excès de la spéculation et un encouragement platonique à des plans de relance nationaux.

Encore le G20 a-t-il précisé qu'il n'était pas question d'envisager une autorité internationale pour la monnaie et les marchés, moins encore de freiner la mondialisation puisqu'il se propose de relancer les négociations commerciales internationales.

Bien entendu le tout a été assorti de quelques phrases encourageantes sur la nécessaire réforme des statuts du FMI au profit des pays émergents, mais la seule décision prise est que le G20 se réunira à nouveau en avril.

Ceci n'a pas empêché la presse officielle française unanime de qualifier d'historique cette rencontre sans intérêt et de parler sans rire d'un second Bretton Woods.

Cependant, la presse libre, qui n'existe pas en France mais qui reste tout de même la règle à l'étranger, a donné une fidèle image de ce sommet en ne lui accordant qu'une faible place y compris dans la presse britannique et américaine et en soulignant que ce sommet n'aboutit à rien essentiellement parce que les Etats-Unis ne veulent en aucune façon abdiquer leur pouvoir monétaire au profit d'une quelconque super structure internationale.

Il se confirme qu'à l'évidence sur ce point-là comme sur bien d'autres, la position de M. Obama est rigoureusement la même que celle de M. Bush, son prédécesseur.

Nous entendrons bientôt se généraliser, à la faveur de quelques plans de reprise nationaux un discours lénifiant sur le thème de la reprise dès la fin de 2009, alors même que rien n'est réglé et que ce qui est actuellement fait pour nous sortir de la crise, essentiellement de nouvelles créations de « monnaie gratuite », sans contreparties réelles conduira à terme inévitablement à une aggravation des problèmes.

Enfin, pour la France nous devons être rassurés, l'INSEE ayant, par une première mondiale, mis au point un système de prévision à deux décimales qui permet à notre grande prévisionniste en chef de se gausser d'une croissance trimestrielle de 0,14%.

On peut faire confiance à notre grande Christine Lagarde puisqu'elle avait prévu le 20 septembre 2008 que «  tout risque systémique est désormais écarté » !

J'ai souvent admiré les calculs de croissance de l'INSEE qui sont désormais à la prévision économique ce que le miracle de la multiplication des pains par Jésus-Christ est à la profession de boulanger : on est sûrement très impressionné sur le moment, on en parle encore longtemps après mais ce n'est pas comme cela que l'humanité parvient à se nourrir !

J'ajoute que le million de salariés qui va, d'une manière ou d'une autre, rejoindre les rangs de l'armée des chômeurs d'ici deux ans sera peu enclin à croire aux miracles ou même au Père Noël qui semble d'ailleurs très apprécié au gouvernement français puisque l'on vient d'augmenter de 70 euros la prime de Noël des plus démunis.

Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle religion nationale dont le slogan serait : « la France est grande, Lagarde est son prophète »?

Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/11/2008

La France s'enthousiasme parce que les Etats-Unis ont élu un président remarquable, compétent, déterminé et sobre mais ce qui leur plaît surtout, ce qui leur paraît essentiel, c'est qu'il soit noir.

Mais au même moment en France, un rapport officiel considère que la commémoration de l'abolition de l'esclavage a un caractère communautariste. Peu importe que les neuf dixièmes de la population de la Gaule romaine aient eu un statut proche d'esclave et que jusqu'à la Renaissance, il y avait probablement en France plus de serfs que d'hommes libres, la fin de l'esclavage n'est pas une date universelle pour les Français mais seulement une fête communautariste qui ne concernerait que les personnes de couleur.

Ainsi donc les Français qui ne retiennent de Barack Obama que la couleur de sa peau, considèrent que l'esclavage et son abolition ne concernent que les noirs.

j'ai envie quant à moi de célébrer la fin de l'esclavage comme une victoire d' l'Humanité toute entière, de toutes les races et de tous les peuples.

Je réfute ce côté obscur de la France qui s'enthousiasme de voir une personne de couleur accéder au plus haut poste politique de la planète, mais qui refuserait aux personnes de couleur le droit d'accéder au poste de chef de rayon de supermarché !

Heureusement ce matin, nous apprenons la nomination d'un préfet d'origine camerounaise en France. Comme réponse de la République des droits de l'Homme à la nouvelle révolution obamanienne, c'est tout de même un peu court !



Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/11/2008

Régulation

12/11/2008

Depuis que les marchés économiques et financiers se sont cassés la figure après avoir perdu tout sens de l'équilibre, le mot à la mode est un anglicisme : « régulation ».

Le mot « régulation » existe en français, mais il décrit le système qui dans un ensemble mécanique, par exemple d'horlogerie, consiste à retourner en permanence à l'équilibre.

Il y a une grande ambigüité dans le terme dans la mesure où on ne sait plus très bien en français s'il s'agit de réglementer ou d'instaurer des mécanismes de retour à l'équilibre.

En anglais, « regulation » signifie beaucoup plus réglementation et « deregulation » signifie que l'on supprime les entraves réglementaires aux libres mouvements des marchés, de telle sorte que celui-ci s'équilibre par lui-même.

Dans la pensée des néo-classiques ou plutôt des néo-néo-classiques de Milton Friedmann, c'est en fait la « regulation », c'est-à-dire la réglementation par l'Etat qui empêche le retour naturel à l'équilibre.

Il faut se méfier des emprunts de mots dont on n'analyse pas convenablement le sens.

Ainsi, un vieux mot français évoque un mécanisme de retour à l'équilibre, tandis que les anglo-saxons ont longtemps pensé que c'est par l'inverse, c'est-à-dire par la suppression de tout mécanisme de régulation, que le marché retournera le plus rapidement à l'équilibre.

En attendant, les économistes d'Etat du monde entier soignent l'hydropisie des marchés par des injections massives de liquidités, ce qui malheureusement risque de tuer le malade !

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/11/2008

Un sommet pour rien

12/11/2008

Il a fallu plusieurs années pour mettre en place le système de Bretton Woods.

Le sommet du G20 du 15 novembre ne permettra rien d'autre que des déclarations d'intention plutôt vagues dans lesquelles il sera beaucoup question d'ordre et de régulation sans qu'à aucun moment personne n'ose dire ce que sera cet ordre et ce que l'on entend concrètement par régulation.

Personne n'ose, au-delà des cercles académiques, poser le problème réel : celui du gonflement insensé des massés spéculatives dont les mouvements balaient tout sur leur passage, détruisant durablement les fragiles édifices de nos économies réelles.

Les lecteurs de ce blog parfois doués en économie, pourront lire utilement l'analyse que j'ai faite de la situation pour le groupe de travail commun au Sénat et à l'Assemblée nationale (voir sur le site paul-giacobbi.org, rubrique ordre du Jour, "Réduire l'océan des liquidités spéculatives pour prévenir le tsunami financier") et pourront même avec profit relire ce que François Perroux, Jean Denizet ou Maurice Allais disaient il y a de longues années sur la crise économique et l'excès de capitaux flottants ou de la folie du dollar.

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/11/2008
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