En avoir ou pas

30/01/2008

La rencontre entre M. Mittal et M. Sarkozy est parfaitement inégale. L'un est à la tête d'une société qui réalise un chiffre d'affaires de 90 milliards de dollars et un bénéfice de l'ordre de 7%. Il bénéficie de la garantie absolue d'une majorité parmi ceux qui l'élisent président puisqu'il détient lui-même les droits de vote à concurrence de moitié.


L'autre a été élu à 53% mais quelques mois après cette élection, il ne satisfait plus que 45% et encore de ses électeurs, tandis que l'entreprise qu'il gère est affectée d'un déficit d'au moins 20%, d'un endettement colossal et, s'il fallait passer toutes les provisions comptables qu'imposent les commissaires aux comptes à Mittal, la République française irait directement au tribunal de commerce.


Conclusion : il ressort de ce dialogue courtois que Mittal fera exactement ce qu'il avait indiqué : il fermera l 'usine, il reclassera l'intégralité du personnel, et il continuera de penser que les hommes politiques sont comme l'acier : à condition deles chauffer un tout petit peu, on arrive à les laminer au point de les transformer en tôle mince.


Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/01/2008

Les 36 heures passées par notre président en Inde ont fait rire la presse indienne pendant près d'une semaine.

Bien avant l'arrivée du roi soleil à Dehli, la presse s'amusait du vaudeville intitulé : « avec ou sans Carla », tandis que le ministère des affaires étrangères indien se contentait d'un communiqué courtois du style :« nous recevons volontiers les épouses, nous ne connaissons pas les girlfriends ».

Pour le séjour, tout fut grandiose... à part les contrats, puisque les indiens n'admettent pas ce genre d'esbrouffe qui consiste à présenter à une presse crédule la signature conjointe d'une vague déclaration d'intention comme un juteux contrat commercial.

De surcroît, qu'il s'agisse du nucléaire ou de la défense, la France ne saurait avoir désormais qu'un rôle marginal dans une Inde qu'elle prétend conquérir alors même qu'elle l'ignore superbement depuis au moins le XVIIIème siècle et que sans doute ni le Gaino, ni le Kouchner, ni même notre gracieux souverain ne savent le rapport à la France de quelques personnalités illustres de l'Inde telles que J.R.D.Tata ou Claude Martin.

Tout de même : un exploit que l'Hindustan Times s'est plût à rapporter, soulignant que grâce à notre Nicolas Ier, Madame Patil était non seulement la première femme présidente de l'Inde, mais qu'elle était aussi le premier et sans doute le dernier chef d'Etat de ce pays à devoir attendre plus d'une demi-heure un président étranger avec lequel elle devait ouvrir une réception solennelle dans son palais.

Quant à l'illustre Lévitte, le fameux aiguilleur en chef de la tour de contrôle de notre brillante diplomatie, il a déclaré qu'avec l'illustre Guaino, il était arrivé au moment du dessert à un grand dîner au palais présidentiel de Dehli car le chauffeur ignorait où se trouvait Rashtrapati Phawan, ce qui correspondrait à peu près, pour un chauffeur parisien, à ne pas localiser le Palais Bourbon ou l'Arc de Triomphe.

Ce qui n'empêchera sans doute pas ces fins connaisseurs de la civilisation en général et de l'Inde en particulier de proposer à une nation d'un milliard d'habitants, constituée en un empire depuis plus de trois mille ans, de se fier à leurs lumières !

Ces 36 heures confirmeront les indiens dans l'idée qu'ils ont déjà, à savoir que ces sympathiques français sont décidément très drôles, dès lors que l'on ne parle pas de choses sérieuses avec eux.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/01/2008

Monsieur Bouton a débuté sa carrière de banquier en devenant directeur général de la Société générale.

Sa qualité d'inspecteur général des finances était suffisante pour le dispenser d'expérience tant il est vrai que les gens de qualité, comme au temps de Molière, savent tout sans avoir jamais rien appris.

Toujours est-il que le vendredi matin, le compte du « trader fou » était équilibré et que les conditions démentes et peut-être fautives voire frauduleuses dans lesquelles la position a été liquidée sont responsable d'un désastre à 5 milliards d'euros.

Après que l'artiste ait parlé d'escroquerie, voire de terrorisme, les juges d'instruction ont considéré qu'il y avait sans doute fraude mais certainement pas d'escroquerie et encore moins d'enrichissement personnel et que le terrorisme n'était que dans le discours du petit Bouton.

Il reste, comme l'a dit le président de la République, audit Bouton, de s'en aller sans délai avant d'être fichu à la porte par un puissant coup de pied au cul ou d'être extrait de son bureau menottes aux poings et entre deux gendarmes.

En attendant, il faut impérativement trouver cinq milliards pour recapitaliser la Société générale et aussi une équipe de direction ayant d'autres références bancaires que les couloirs de l'inspection ou de la direction du Trésor.




Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/01/2008

Monsieur Jérôme Kerviel est mis en examen pour avoir commis des faux et usages de faux qui lui ont permis d'engager une position de marché pour le compte de la Société générale d'un montant excédant d'environ 50 milliards d'euros le plafond qui lui était autorisé par sa hiérarchie.

Il est donc remis en liberté puisqu'il n'est ni dangereux, ni susceptible de troubler l'ordre public ou de gêner la manifestation de la vérité.

Monsieur Jean-Christophe Angelini est soupçonné d'avoir proposé de transporter des documents faux au profit de Monsieur Nivaggioni.

Il est donc évidemment incarcéré puisqu'il représente pour notre société un risque bien plus important que M. Jérôme Kerviel.

Ainsi avons-nous une nouvelle démonstration que la justice est la même pour tous !

J'ose espérer que mercredi 30 janvier, il se trouvera des juges pour remettre à l'équilibre les plateaux de la balance et placer en liberté, sans doute sous contrôle judiciaire, Jean-Christophe Angelini.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/01/2008

Madame Lagarde force notre admiration.

Interrogée aujourd'hui sur la plus forte crise boursière que le monde ait connue depuis 1929, ce qui est en substance l'analyse de Georges Soros, Madame Lagarde, qui est incontestablement une excellente avocate d'affaires, a chargé sabre au clair pour défendre héroïquement une position intenable.

Au lieu d'expliquer au Parlment qu'effectivement la crise est dramatique, qu'elle touchera de plein fouet notre pays, et que l'on doit prendre sans tarder les mesures propres à assurer la liquidité des acteurs de la finance et, le cas échéant, préserver leur indépendance face à des prédateurs attirés par le sang, notre vaillante ministre a proféré deux énormes mensonges :

  • elle a affirmé d'abord que la crise financière n'était qu'un recul de 7% qui se corrigerait rapidement

  • que la France, protégée par les excellentes mesures prises dès l'été par le génie tutélaire de notre président bien-aimé, échapperait aux conséquences de cette crise.

Bien que je ne sois pas certain que l'autruche fasse vraiment preuve d'héroïsme lorsqu'elle préfère enfouir sa tête dans le sable pour éviter de voir le danger, il me semble que Madame Lagarde a mérité son nom.

On prête en effet à l'immortel héros de Waterloo, très exactement après qu'il ait lâché le mot qui l'a rendu célèbre, l'exclamation suivante : « La garde meurt mais ne se rend pas ! ».

Le problème, c'est qu'après tout cet héroïsme à la bataille de Waterloo, la France a été vaincue, l'ennemi est arrivé à Paris, l'empereur a pris le chemin de l'exil, et nous avons mis quelques décennies à nous en remettre !

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/01/2008
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