La sécurité de la France
27/02/2007
Trois français viennent d’être assassinés en Arabie Saoudite après que les tueurs se soient assurés, selon les témoins, de leur nationalité avant de les exécuter sauvagement.
Il y a bien longtemps dans tout un empire des confins de la Mésopotamie à la frontière de l’Ecosse, il suffisait de dire : « civis romanus sum » pour garantir sa sécurité. Aujourd’hui le fait d’avouer : « je suis français » risque dans bien des zones troublées de vous coûter la vie.
Ce drame est une tragique illustration du respect et de l’amour que l’on porte à notre pays dans certaines parties du monde. Mais il n’est malheureusement pas nécessaire d’aller jusque dans les déserts d’Arabie pour constater l’insécurité qui frappe nos compatriotes partout où ils se trouvent.
Il y a quelques jours plusieurs charges de cinquante kilos d’explosif ont été découvertes dans la station d’épuration d’Ile-Rousse située dans la zone urbaine. Si le dispositif de déclenchement n’avait pas fait long feu nous aurions eu à pleurer de nombreuses victimes.
Dimanche, à 13h, en plein jour, une bombe explosait dans les locaux des services vétérinaires à Borgo ne faisant par miracle aucune victime.
L’insécurité touche d’ailleurs tout le monde, même ceux qui se croient à l’abri de ces violences.
On me signale ainsi qu’un malheureux habitant de la banlieue ouest de Paris, ancien avocat dénommé Nicolas S…ne peut depuis plusieurs semaines, se rendre à Argenteuil et ce malgré une incroyable protection policière. Il se voit contraint de chercher refuge dans les locaux, les avions, et les véhicules que le Ministère de l’Intérieur met gracieusement à sa disposition afin de l’aider dans sa campagne électorale, pardon, dans l’accomplissement de ses devoirs ministériels. A quand le slogan : « la sécurité pour un, l’insécurité pour tous ! »
Il y a bien longtemps dans tout un empire des confins de la Mésopotamie à la frontière de l’Ecosse, il suffisait de dire : « civis romanus sum » pour garantir sa sécurité. Aujourd’hui le fait d’avouer : « je suis français » risque dans bien des zones troublées de vous coûter la vie.
Ce drame est une tragique illustration du respect et de l’amour que l’on porte à notre pays dans certaines parties du monde. Mais il n’est malheureusement pas nécessaire d’aller jusque dans les déserts d’Arabie pour constater l’insécurité qui frappe nos compatriotes partout où ils se trouvent.
Il y a quelques jours plusieurs charges de cinquante kilos d’explosif ont été découvertes dans la station d’épuration d’Ile-Rousse située dans la zone urbaine. Si le dispositif de déclenchement n’avait pas fait long feu nous aurions eu à pleurer de nombreuses victimes.
Dimanche, à 13h, en plein jour, une bombe explosait dans les locaux des services vétérinaires à Borgo ne faisant par miracle aucune victime.
L’insécurité touche d’ailleurs tout le monde, même ceux qui se croient à l’abri de ces violences.
On me signale ainsi qu’un malheureux habitant de la banlieue ouest de Paris, ancien avocat dénommé Nicolas S…ne peut depuis plusieurs semaines, se rendre à Argenteuil et ce malgré une incroyable protection policière. Il se voit contraint de chercher refuge dans les locaux, les avions, et les véhicules que le Ministère de l’Intérieur met gracieusement à sa disposition afin de l’aider dans sa campagne électorale, pardon, dans l’accomplissement de ses devoirs ministériels. A quand le slogan : « la sécurité pour un, l’insécurité pour tous ! »
Un record
27/02/2007
L’intervention sur RMC du Ministre d’Etat candidat à propos de l’Iran c’est du concentré ! Arriver à dire autant de sottises, démontrer autant d’ignorance, de la défense nationale et des affaires du monde pour quelqu'un qui revendique le poste de chef des armées et de représentant de la France dans le Monde confine à l’exploit.
Première sottise : A propos du TNP, c'est-à-dire du Traité de non prolifération nucléaire. La perle est tellement baroque qu’elle mérite d’être citée in extenso : « Il y a un Traité international qui prévoit la possibilité pour l’Iran comme pour tous les autres pays d’accéder au nucléaire civil. On ne peut pas condamner un peuple à ne pas avoir droit à l’énergie de demain. »
D’abord un traité est toujours international quand il concerne des Etats…ensuite le TNP ne confère aucun droit à personne encore moins à tous les pays. Il autorise simplement le transfert de technologie civile nucléaire vers les pays qui acceptent les règles de contrôle en particulier de l’AIEA et qui renoncent explicitement à un certain nombre d’actions qui leur permettraient de se doter d’armes nucléaires.
L’Iran n’a renoncé à rien, ni dans le domaine balistique, ni dans le domaine de l’enrichissement nucléaire. L’Iran a perdu ses droits au bénéfice du TNP. C’est ce qu’à constaté le Conseil de sécurité des Nations Unies et c’est ce qui a entraîné aussi unilatéralement, par exemple, l’embargo de l’Inde à destination de l’Iran pour toute une série de matériels et de produits industriels.
Quant à dire que l’énergie nucléaire est celle de demain et qu’un peuple qui n’en disposerait pas est un peuple condamné c’est une notion intéressante par exemple pour le peuple de la République d’Irlande qui a décidé explicitement, comme beaucoup d’autres d’ailleurs de ne pas avoir d’installation nucléaire civile et qui apparemment ne s’en porte pas plus mal.
Passons sur la confusion entre les sous-marins nucléaires d’attaque et les sous marins nucléaires lanceurs d’engins qui devrait normalement entraîner un commentaire cinglant de la part de Mme Alliot-Marie sur l’impossibilité que M. Sarkozy puisse accéder au poste de chef de l’Etat…
Mais quand le Ministre qui a été en charge de la lutte contre le terrorisme pendant cinq ans est incapable de dire si les combattants d’Al Quaïda sont sunnites ou chiites on peut légitimement se demander s’il a réellement exercé des fonctions au Ministère de l’Intérieur !
Al Quaïda est une organisation fondée sur le Wahabisme doctrine fondamentaliste née au 18ème siècle en Arabie, qui est à l’évidence une doctrine sunnite et s’il existe peut-être, car on ne peut rien exclure, des combattants d’Al Quaïda de confession chiite ils sont bien rares et à l’image des poissons volants ils existent peut-être mais ne sont pas la loi de l’espèce !
La question n’était pourtant pas très difficile. Le journaliste n’a pas demandé à Monsieur Sarkozy ce qui distinguait par exemple chez les chiites les septimaniens et les duodécimains, ou si c’est Ali qui est enterré à Nadjaf et Husain à Kerballah ou le contraire ou enfin quel est le rapport historique qui existe entre l’Aga Khan, le vieux de la montagne, les « assassins » et un certain Ismaël.
Fort heureusement le journaliste n’a pas demandé à notre Ministre érudit qui était l’imam caché de la religion Chiite, car il aurait sans doute répondu avec aplomb : « Oussama Ben Laden ».
Il s’est contenté de dire qu’Al Quaïda était une nébuleuse et une mouvance, mais ce qui est surtout nébuleux c’est sa connaissance de ces questions de telle sorte qu’on ne saurait trop lui conseiller de ne pas s’aventurer dans les terrains mouvants des affaires internationales sur lesquelles ses conseillers culturels et politiques, Johnny Hallyday et Doc Gynéco, ne l’ont pas suffisamment éclairé.
Il reste que pour quelqu'un qui paraît –il drague l’électorat musulman et qui fréquente assidûment un descendant du prophète, recteur de la Mosquée de Paris, une telle ignorance est impardonnable.
Première sottise : A propos du TNP, c'est-à-dire du Traité de non prolifération nucléaire. La perle est tellement baroque qu’elle mérite d’être citée in extenso : « Il y a un Traité international qui prévoit la possibilité pour l’Iran comme pour tous les autres pays d’accéder au nucléaire civil. On ne peut pas condamner un peuple à ne pas avoir droit à l’énergie de demain. »
D’abord un traité est toujours international quand il concerne des Etats…ensuite le TNP ne confère aucun droit à personne encore moins à tous les pays. Il autorise simplement le transfert de technologie civile nucléaire vers les pays qui acceptent les règles de contrôle en particulier de l’AIEA et qui renoncent explicitement à un certain nombre d’actions qui leur permettraient de se doter d’armes nucléaires.
L’Iran n’a renoncé à rien, ni dans le domaine balistique, ni dans le domaine de l’enrichissement nucléaire. L’Iran a perdu ses droits au bénéfice du TNP. C’est ce qu’à constaté le Conseil de sécurité des Nations Unies et c’est ce qui a entraîné aussi unilatéralement, par exemple, l’embargo de l’Inde à destination de l’Iran pour toute une série de matériels et de produits industriels.
Quant à dire que l’énergie nucléaire est celle de demain et qu’un peuple qui n’en disposerait pas est un peuple condamné c’est une notion intéressante par exemple pour le peuple de la République d’Irlande qui a décidé explicitement, comme beaucoup d’autres d’ailleurs de ne pas avoir d’installation nucléaire civile et qui apparemment ne s’en porte pas plus mal.
Passons sur la confusion entre les sous-marins nucléaires d’attaque et les sous marins nucléaires lanceurs d’engins qui devrait normalement entraîner un commentaire cinglant de la part de Mme Alliot-Marie sur l’impossibilité que M. Sarkozy puisse accéder au poste de chef de l’Etat…
Mais quand le Ministre qui a été en charge de la lutte contre le terrorisme pendant cinq ans est incapable de dire si les combattants d’Al Quaïda sont sunnites ou chiites on peut légitimement se demander s’il a réellement exercé des fonctions au Ministère de l’Intérieur !
Al Quaïda est une organisation fondée sur le Wahabisme doctrine fondamentaliste née au 18ème siècle en Arabie, qui est à l’évidence une doctrine sunnite et s’il existe peut-être, car on ne peut rien exclure, des combattants d’Al Quaïda de confession chiite ils sont bien rares et à l’image des poissons volants ils existent peut-être mais ne sont pas la loi de l’espèce !
La question n’était pourtant pas très difficile. Le journaliste n’a pas demandé à Monsieur Sarkozy ce qui distinguait par exemple chez les chiites les septimaniens et les duodécimains, ou si c’est Ali qui est enterré à Nadjaf et Husain à Kerballah ou le contraire ou enfin quel est le rapport historique qui existe entre l’Aga Khan, le vieux de la montagne, les « assassins » et un certain Ismaël.
Fort heureusement le journaliste n’a pas demandé à notre Ministre érudit qui était l’imam caché de la religion Chiite, car il aurait sans doute répondu avec aplomb : « Oussama Ben Laden ».
Il s’est contenté de dire qu’Al Quaïda était une nébuleuse et une mouvance, mais ce qui est surtout nébuleux c’est sa connaissance de ces questions de telle sorte qu’on ne saurait trop lui conseiller de ne pas s’aventurer dans les terrains mouvants des affaires internationales sur lesquelles ses conseillers culturels et politiques, Johnny Hallyday et Doc Gynéco, ne l’ont pas suffisamment éclairé.
Il reste que pour quelqu'un qui paraît –il drague l’électorat musulman et qui fréquente assidûment un descendant du prophète, recteur de la Mosquée de Paris, une telle ignorance est impardonnable.
Ultimatum
21/02/2007
Ce 21 février l’ultimatum du conseil de sécurité des Nations Unies enjoignant à l’Iran de cesser ses activités d’enrichissement d’uranium expire.
A ce stade la position française consiste à dire que quoi qu’il arrive l’Iran « pays respectable et respecté qui contribue à la stabilité de ses voisins » doit bénéficier d’un droit imprescriptible au nucléaire civil quelque soit ses manquements au Traité de non prolifération nucléaire et que d’ailleurs il serait légitime voire souhaitable pour la stabilité de la région que l’Iran possède des armes nucléaires. Dans quelques jours, au plus quelques semaines, cette affaire passera au premier plan de l’actualité. On ne peut manquer à la suite des déclarations insensées du Président de la République et du Ministre des Affaires étrangères de s’inquiéter de l’attitude de la France dans le cadre de la crise qui s’annonce. Il y a-t-il un pilote dans l’avion de notre diplomatie ?
A ce stade la position française consiste à dire que quoi qu’il arrive l’Iran « pays respectable et respecté qui contribue à la stabilité de ses voisins » doit bénéficier d’un droit imprescriptible au nucléaire civil quelque soit ses manquements au Traité de non prolifération nucléaire et que d’ailleurs il serait légitime voire souhaitable pour la stabilité de la région que l’Iran possède des armes nucléaires. Dans quelques jours, au plus quelques semaines, cette affaire passera au premier plan de l’actualité. On ne peut manquer à la suite des déclarations insensées du Président de la République et du Ministre des Affaires étrangères de s’inquiéter de l’attitude de la France dans le cadre de la crise qui s’annonce. Il y a-t-il un pilote dans l’avion de notre diplomatie ?
Armée d’occupation
07/02/2007
Monsieur de Villepin déclare que la présence des troupes américaines en Irak n’est pas légitime et que ces troupes doivent quitter l’Irak dans les plus brefs délais.
Or, la France a voté au Conseil de sécurité des Nations Unies en 2003 une résolution n°1483 qui reconnaît la légitimité des forces d’occupation des Etats Unis et de la Grande Bretagne en Irak (« le Conseil de sécurité…reconnaît l’autorité spécifique, les responsabilités et les obligations dans le cadre de la loi internationale de ces Etats comme puissances occupantes sous un commandement unifié. »)
J’avais à l’époque le 18 juin 2003 interrogé à l’Assemblée nationale, Monsieur de Villepin sur cette volte face et il m’avait répondu de manière étrange en soulignant l’importance du rôle de l’ONU désormais en Irak en particulier grâce à la présence de Monsieur Vieira de Mello représentant du Secrétaire Général.
Entre temps, le Monsieur en question a été assassiné, il n’y a plus aucun fonctionnaire de l’ONU en Irak, et la France n’a pas remis en cause la résolution qu’elle a voté en 2003, qui donne aux forces d’occupation britannique et américaines en Irak leur légitimité internationale.
Comme me répondait Monsieur de Villepin en 2003 : « la diplomatie n’est pas art de spectacle, mais détermination, persévérance, ténacité et parfois même humilité. »
Si la France ne reconnaît la légitimité de l’ONU en Irak elle doit soit respecter la résolution 1483 qui confie une légitimité aux troupes d’occupation américaines en Irak soit demander le retrait de cette résolution.
Mais au fait, que pense de tout ça le représentant en France, le fils spirituel, le serviteur empressé de Georges Bush, c'est-à-dire notre Ministre Candidat ?
Or, la France a voté au Conseil de sécurité des Nations Unies en 2003 une résolution n°1483 qui reconnaît la légitimité des forces d’occupation des Etats Unis et de la Grande Bretagne en Irak (« le Conseil de sécurité…reconnaît l’autorité spécifique, les responsabilités et les obligations dans le cadre de la loi internationale de ces Etats comme puissances occupantes sous un commandement unifié. »)
J’avais à l’époque le 18 juin 2003 interrogé à l’Assemblée nationale, Monsieur de Villepin sur cette volte face et il m’avait répondu de manière étrange en soulignant l’importance du rôle de l’ONU désormais en Irak en particulier grâce à la présence de Monsieur Vieira de Mello représentant du Secrétaire Général.
Entre temps, le Monsieur en question a été assassiné, il n’y a plus aucun fonctionnaire de l’ONU en Irak, et la France n’a pas remis en cause la résolution qu’elle a voté en 2003, qui donne aux forces d’occupation britannique et américaines en Irak leur légitimité internationale.
Comme me répondait Monsieur de Villepin en 2003 : « la diplomatie n’est pas art de spectacle, mais détermination, persévérance, ténacité et parfois même humilité. »
Si la France ne reconnaît la légitimité de l’ONU en Irak elle doit soit respecter la résolution 1483 qui confie une légitimité aux troupes d’occupation américaines en Irak soit demander le retrait de cette résolution.
Mais au fait, que pense de tout ça le représentant en France, le fils spirituel, le serviteur empressé de Georges Bush, c'est-à-dire notre Ministre Candidat ?
L’UMP persiste et signe sur l’Iran.
06/02/2007
Les ambiguïtés françaises ou plus exactement les ambiguïtés de l’Etat-UMP rendent plus improbable encore une issue diplomatique et pacifique dans la crise qui oppose l’Iran et pratiquement le reste du monde sur le nucléaire.
Il faut savoir que l’Iran possède probablement la technologie nécessaire à la construction d’une bombe atomique et qu’il n’est pas exclu que l’Iran ait en fait participé aux essais nucléaires pakistanais.
Ce qui manque à l’Iran c’est la matière fissile et c’est très précisément ce qu’elle s’efforce d’acquérir par un programme industriel de centrifugation dont l’ambition affichée jointe au refus d’un contrôle de l’AIEA ne peuvent s’expliquer que par la volonté de produire, à grande échelle, un arsenal nucléaire.
Dans ce contexte la position française affaiblit considérablement la capacité de la communauté internationale à régler pacifiquement cette crise.
Premièrement, la diplomatie française vise deux objectifs à la fois ce qui est généralement incompatible. Au moment même où le monde entier veut faire pression sur l’Iran pour lui faire renoncer à son programme nucléaire militaire, la France veut obtenir de Téhéran un relâchement de l’étau du Hezbollah sur le Liban d’où la multiplication des positions accommodantes sur le nucléaire et l’épisode ridicule du voyage secret de Douste Blazy à Téhéran qui a été annulé parce que le secret avait fini par être publié dans toute la presse.
Deuxièmement, la France défend l’idée d’un droit imprescriptible de l’Iran à bénéficier de transfert de technologie nucléaire civile. Or pour bénéficier de ce droit, il faut non seulement être signataire du TNP (Traité de non prolifération nucléaire), mais encore avoir respecté ses obligations en matière de contrôle sans restriction ni réserve. C’est évidemment l’inverse que fait l’Iran qui a de ce fait perdu tout droit, pour le moment et pour longtemps, de bénéficier du transfert de technologie nucléaire civile.
Troisièmement, si la solution diplomatique ne fonctionne pas chacun sait que la communauté internationale n’aura plus que deux possibilités : soit détruire les installations nucléaires iraniennes, soit accepter que l’Iran se dote de l’arme nucléaire ce qui entraînerait d’ailleurs que plusieurs pays de la région l’imiteraient et que le TNP, déjà bien affaibli par l’accord nucléaire entre l’Inde et les Etats-Unis serait de facto privé de toute portée. La France sait bien que la solution diplomatique a peu de chance d’aboutir et d’autant moins que c’est la France elle-même qui vient de fissurer la crédibilité de cette solution. Dès lors notre Etat-UMP annonce déjà, par la voix de Jacques Chirac, que ce n’est pas grave si l’Iran a une arme nucléaire ce qui est une manière implicite de confirmer que si la voix diplomatique échouait, la France serait aussi opposée à la destruction militaire des installations nucléaires iraniennes.
Les amours franco-iranienne en matière nucléaire sont une très veille histoire. Aujourd’hui face à une crise d’une incroyable gravité, notre diplomatie brouillonne ruine toute possibilité d’un règlement pacifique, s’oppose par avance à toute solution armée, et finit par considérer que l’accession de l’Iran au nucléaire militaire n’est pas un véritable problème.
Dans quelques jours ou dans quelques mois au plus tard la crise iranienne éclatera : soit une offensive militaire aérienne aura tenté la destruction des sites de productions d’uranium enrichi, soit l’Iran aura construit une arme nucléaire. On imagine l’ampleur d’une telle crise. Que dira alors la France ? Que tout cela n’est pas grave ?
Il faut savoir que l’Iran possède probablement la technologie nécessaire à la construction d’une bombe atomique et qu’il n’est pas exclu que l’Iran ait en fait participé aux essais nucléaires pakistanais.
Ce qui manque à l’Iran c’est la matière fissile et c’est très précisément ce qu’elle s’efforce d’acquérir par un programme industriel de centrifugation dont l’ambition affichée jointe au refus d’un contrôle de l’AIEA ne peuvent s’expliquer que par la volonté de produire, à grande échelle, un arsenal nucléaire.
Dans ce contexte la position française affaiblit considérablement la capacité de la communauté internationale à régler pacifiquement cette crise.
Premièrement, la diplomatie française vise deux objectifs à la fois ce qui est généralement incompatible. Au moment même où le monde entier veut faire pression sur l’Iran pour lui faire renoncer à son programme nucléaire militaire, la France veut obtenir de Téhéran un relâchement de l’étau du Hezbollah sur le Liban d’où la multiplication des positions accommodantes sur le nucléaire et l’épisode ridicule du voyage secret de Douste Blazy à Téhéran qui a été annulé parce que le secret avait fini par être publié dans toute la presse.
Deuxièmement, la France défend l’idée d’un droit imprescriptible de l’Iran à bénéficier de transfert de technologie nucléaire civile. Or pour bénéficier de ce droit, il faut non seulement être signataire du TNP (Traité de non prolifération nucléaire), mais encore avoir respecté ses obligations en matière de contrôle sans restriction ni réserve. C’est évidemment l’inverse que fait l’Iran qui a de ce fait perdu tout droit, pour le moment et pour longtemps, de bénéficier du transfert de technologie nucléaire civile.
Troisièmement, si la solution diplomatique ne fonctionne pas chacun sait que la communauté internationale n’aura plus que deux possibilités : soit détruire les installations nucléaires iraniennes, soit accepter que l’Iran se dote de l’arme nucléaire ce qui entraînerait d’ailleurs que plusieurs pays de la région l’imiteraient et que le TNP, déjà bien affaibli par l’accord nucléaire entre l’Inde et les Etats-Unis serait de facto privé de toute portée. La France sait bien que la solution diplomatique a peu de chance d’aboutir et d’autant moins que c’est la France elle-même qui vient de fissurer la crédibilité de cette solution. Dès lors notre Etat-UMP annonce déjà, par la voix de Jacques Chirac, que ce n’est pas grave si l’Iran a une arme nucléaire ce qui est une manière implicite de confirmer que si la voix diplomatique échouait, la France serait aussi opposée à la destruction militaire des installations nucléaires iraniennes.
Les amours franco-iranienne en matière nucléaire sont une très veille histoire. Aujourd’hui face à une crise d’une incroyable gravité, notre diplomatie brouillonne ruine toute possibilité d’un règlement pacifique, s’oppose par avance à toute solution armée, et finit par considérer que l’accession de l’Iran au nucléaire militaire n’est pas un véritable problème.
Dans quelques jours ou dans quelques mois au plus tard la crise iranienne éclatera : soit une offensive militaire aérienne aura tenté la destruction des sites de productions d’uranium enrichi, soit l’Iran aura construit une arme nucléaire. On imagine l’ampleur d’une telle crise. Que dira alors la France ? Que tout cela n’est pas grave ?
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