Une demi vérité

17/12/2007

Le mot est de Madame Erignac qui, comme s'il fallait la condamner à ne pouvoir jamais faire son deuil, n'a obtenu qu'une demi vérité, face à un demi procès, sur la base d'un quart d'instruction, avec une décision qui n'est qu'à moitié et qui reste provisoire ne satisfaisant ni la défense ni l'accusation.

A ce jour, nous ignorons toujours qui a tenu l'arme du crime, et quelle a été la participation d'Yvan Colonna dans cette affaire.

Il nous faudra donc attendre l'appel et peut-être enfin à ce moment une vérité solide et non pas un doute immense qui nous assaille.

Les Corses avaient aussi droit à la vérité, pas seulement à cette accusation collective que nous entendons en permanence comme si nous étions tous coupables.

Il y a quelques années, la porte de la maison de ma sœur a explosé une nuit. C'était moi qui était visé, ma nièce et mon neveu ont échappé à quelques secondes et quelques mètres près à la mort. Aucune enquête sérieuse, des poursuites abandonnées sans avoir été lancées vraiment, et puis il y a quelques mois "on"me dit, "on" étant de très hauts fonctionnaires que l'on sait ce qu'il en est, que l'on a découvert la vérité s'agissant d'un attentat incontestablement politique, me dit-on, mais qui n'a pas été revendiqué. Et puis plus rien, rien d'officiel. Ce n'est sans doute pas important. Nous n'aurons sans doute pas d'autres informations.

Ceci n'est pas la justice d'un Etat de droit. L'intime conviction à la française est une exception juridique qu'aucun pays civilisé n'accepterait, de même que la manière dont sont organisées les instructions judiciaires.

Pendant ce temps là, M. Kadhafi dont la culpabilité ne fait aucun doute dans l'assassinat de 170 Français, qui a reconnu qu'il devai tindemniser les victimes, dont le beau frère est condamné en France par contumace pour ce crime atroce, est reçu en ami. Et on s'étonne que certains ne trouvent pas cela normal, mieux on fustige ceux qui protestent, on réprimande Madame Yade qui a dit pour une fois une chose juste.

Mais enfin, l'assassinat du préfet Erignac est le crime ignoble et froid qui accable la Corse, certes, mais que dire du crime du colonel aux mains sanglantes qui vient s'essuyer dans les draps de la république, ici à Paris, pas un mot d'excuse, d'explication, de compassion pour ses victimes.

Ce pays perd tout sens commun, toute dignité, ce n'est plus le déclin, c'est la chute. C'est l'honneur perdu de la République.










Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/12/2007

Le mauvais cheval

04/12/2007

Quel que soit le sujet, la France au plan international a toujours la manie de miser sur le pire canasson impliqué dans la course permanente des nations. Depuis quelques temps, nous voulions faire courir sous nos couleurs, dans la course à la libération de Madame Betencourt le Président vénézuelien Hugo Chavez, casaque rouge sang, et une tendance redoutable à la ruade permanente.

Nous avons donc envoyé notre ami Chavez à la recherche non pas du Saint Grâal mais de la sainte Ingrid. Il en est revenu bredouille, incapable d'apporter aucun élément nouveau. Et nous persistons à penser que M. Chavez est qualifié pour cette mission délicate alors même que ce dictateur corrompu vient de subir un revers brutal face au peuple vénézuelien.

Si le sujet n'était pas sérieux, si l'enjeu n'était pas la survie d'un être humain qu'un document audiovisuel et qu'une lettre montre cruellement au bout du rouleau, au désespoir, nous pourrions rire de tant de sottises.

Le respect que l'on doit au malheur devrait nous inciter d'abord à la plus grande prudence dans cette affaire et à nous abstenir de la transformer en une grande opération de propagande à usage interne. La discrétion indispensable à la réussite d'une opération de libération d'otages est complètement incompatible avec une médiatisation à outrance qui montre bien à quel point on se fiche absolument de la personne en cause, ne s'intéressant qu'au potentiel de propagande positive que l'on pourrait tirer de sa libération.

On peut pardonner les erreurs, on peut atténuer les fautes mais on ne peut qu'être écoeuré que l'on veuille se faire de l'image sur le dos d'une malheureuse qui nous crie son désespoir et dont on comprend bien qu'elle ne survivra plus très longtemps à son calvaire.

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/12/2007

« Narration du monde, une bataille décisive », c'est le titre d'un article publié dans Le Monde par notre ancien ministre des affaires étrangères, un certain Kouchner. L'objet de l'article n'est pas fondamentalement stupide, ce qui tranche déjà avec ce que nous avons lu et entendu au cours des derniers mois. Il n'est pas complètement idiot que la France fédère les différents outils de communication internationale audiovisuelle dont elle dispose, c'est-à-dire France 24, TV5 Monde et Radio France Internationale.
Ce qui est en revanche navrant, c'est d'appeler cela la « narration du monde ». Autrement dit, la France se mettrait à raconter des histoires sur le monde, à l'image d'un vieillard gâteux assis sur un banc de square qui raconte et se raconte à voix haute pendant que les passants ne l'entendent même pas et le regardent à peine.
La voix de la France risque fort de ressembler à ce vieillard décalé, dérisoire, inaudible.
L'âge de Bernard Kouchner semble le mettre pour le moment à l'abri de ce syndrome et pourtant son article montre à quel point il se raconte des histoires à lui-même tout en manifestant une certaine lucidité sur son absence totale de pouvoir et son rôle de subordonné par rapport aux conseillers de l'Elysée.
Il indique en effet qu'iltravaille à ce dossier avec sa collègue ministre de laculture et le ministère du budget, ce qui paraît légitime mais il ajoute qu'il travaille aussi avec deux conseillers de l'Elysée, Georges-Marc Benhamou et Jean-David Levitte.

S'il se raconte des histoires, s'il est encore le seul à penser qu'il est toujours ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner n'en est pas moins lucide, il est un simple exécutant, pas toujours exactement informé de ce qu'il doit exécuter, de deux conseillers à l'Elysée.
Faisons des économies ! Nommons Monsieur Lévitte ministre des affaires étrangères et M. Benhamou ministre de la culture et de la communication. Pour le reste, renonçons à la narration du monde à la française, ce n'est pas marrant, c'est navrant !








Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/12/2007
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