Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Dans la tradition française, et plus particulièrement gaulliste, quelques grandes déclarations portant le nom de la ville où elles ont été faites jalonnent notre parcours historique et diplomatique.


Chacun connaît plus ou moins la déclaration de Brazzaville, le discours de Bayeux ou celui de Phnom Penh annonçant respectivement, avec chaque fois des années d'avance, la décolonisation, les institutions de la Vème République ou le déclin de l'impérialisme américain.


Même si le projet reste confus, si l'on est incapable de dire à ce jour vers quoi on s'oriente, l'union méditerranéenne est une grande idée pour eux, ceux du sud, comme pour nous.


Nous avons besoin d'économies dynamiques à nos portes si nous voulons maintenir notre niveau de croissance et maîtriser nos équilibres démographiques. Les pays du sud doivent trouver dans le partenariat avec nous le moteur de leur développement.


Les uns et les autres doivent sortir par le haut de la crise d'identité et des complexes qui conduisent au terrorisme.


Au-delà, notre mer commune, la Méditerranée doit retrouver une unité politique qu'elle a connue pendant des siècles de cette fédération qu'était l'Empire romain, afin qu'à nouveau des deux côtés, on ne puisse plus considérer cette mer comme une étendue d'eau qui nous sépare, mais comme notre bien commun, notre mare nostrum.


Il reste à transformer l'essai, à éviter la dérive vers le catalogue de voeux pieux où les paillettes de sommets diplomatico-mondains, il reste à donner du corps et du sens. La France hélas a souvent été plus douée pour les annonces que pour les résultats, pour les déclarations plutôt que pour les réalisations.


Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/10/2007

Il y a quelques semaines, je proposais comme test pratique de l'amour et de l'admiration que nos partenaires manifestent à l'égard de la France, le succès à l'exportation de notre avion de chasse.


Il y a peu de pays au monde si proches de la France que le Maroc. Mais toute notre diplomatie n'a même pas réussi à faire préférer un avion français à un avion américain au Maroc.



Dans mon article, je me suis trompé : la diplomatie française n'est pas moribonde, elle est morte ! Mais sans doute faudra-t-il encore d'autres rafales d'humiliation pour que nous le reconnaissions, et peut-être que l'odeur dégagée par ce cadavre en putréfaction devienne insupportable.


Ne nous y trompons pas, le choix du Maroc n'est ni financier ni technique, il est politique. Un pays francophone où les militaires ont été formés à la française, un pays musulman travaillé par l'intégrisme devait logiquement choisir un avion français, mais il y a renoncé parce que le poids politique de la France n'est plus du tout celui que nous croyons. J'attends que l'on m'explique le contraire. J'espère que cette nouvelle humiliation aidera nos dirigeants à ouvrir les yeux.


Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/10/2007

Dans les jours qui ont suivi une réunion dramatique au cours de laquelle les principaux cadres de l'entreprise ont appris dans le détail les déboires épouvantables du programme de l'airbus A380, tous les cadres disposant d'actions d'EADS, tous sans exception, ont vendu leurs actions suivis de près par le groupe Lagardère.
Ainsi, les uns et les autres ont réalisé juste à temps des plus-values substantielles.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Pour arriver à vendre autant d'actions en si peu de temps sans précipiter l'effondrement des cours, il faut trouver ce que l'on appelle vulgairement des pigeons, c'est-à-dire des épargnants qui se laissent berner et perdront quelques centaines de millions d'euros.


Malheureusement, s'il y a quelques pigeons en l'air dans le ciel de la bourse de Paris, il aurait fallu, pour absorber une telle quantité d'argent que tous les pigeons du monde acceptent de se toucher les ailes et de venir se sacrifier au bénéfice des malheureux Lagardère et autre Forgeard.


Alors dans le monde financier, quand les pigeons ne sont pas suffisants, il faut trouver un dindon, de la farce bien sûr.


Dans le cas d'espèce, c'est un dindon géant que l'on a trouvé, une sorte d'oiseau disparu, une manière de dodo bien gras, plusieurs fois centenaire : la Caisse des dépôts.


Et figurez-vous que la Caisse des dépôts qui d'habitude se débrouille si bien sur les marchés n'a même pas été capable de s'apercevoir qu'elle allait perdre dans cette plaisanterie 200 millions d'euros.


Cette histoire extraordinaire est racontée sans rire – admirez la performance !- par notre Thierry Breton national qui, de l'affaire Rhodia à l'OPA sur Arcelor, a beaucoup brillé ces derniers temps dans le ciel étoilé des finances européennes : « Je ne savais rien, Messieurs les Sénateurs, et quand je l'ai appris, je n'étais pas content ! ».


En réalité, la perte de la Caisse des dépôts, ce sont l'Etat et l'épargnant français qui devront, d'une manière indirecte, mais certaine, la supporter.


Nous sommes donc 60 millions de petits dindons de la farce EADS. Comme chacun le sait, les dindons grossissent parfois, s'engraissent, mais c'est pour mieux finir par être plumés et mangés.


Une suggestion : remplacer l'emblème de la France, le dindon me paraît mieux approprié que le coq.


Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/10/2007
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