La galéjade d’un économiste nommé Marseille
06/09/2006
Monsieur Jacques Marseille qui est, paraît-il, économiste. Je ne sais pas s’il a des origines provençales mais il semble amateur de galéjades si j’en crois un de ses récents articles dans l’hebdomadaire Le Point qui comparait les performances économiques de la Corse à celle des « dragons » asiatiques.
Il y a eu et il y a encore de grands économistes.
Le plus grand d’entre eux, John Maynard Keynes, avait non seulement le génie de l’économie mais encore une remarquable culture classique, un grand sens de l’humour et un sens des affaires qui avait fait sa fortune et même celle de son collège de Cambridge qu’il avait fait bénéficié de ses talents de spéculateur.
Monsieur Marseille, si j’en crois Le Canard Enchaîné n’a même pas été fichu de gérer convenablement une petite maison d’édition et démontre par son remarquable article sur la Corse et les dragons asiatiques qu’il ne connaît ni la Corse, ni l’une, ni les autres.
Il se trouve que je connais un peu la Corse et aussi une petite ville de l’Inde peuplée de 300 000 habitants et qui est considérée comme l’un des plus dynamiques de ce pays en matière de nouvelles technologies. Je ne sais pas où Monsieur Marseille a pris les chiffres extravagants qu’il cite à propos de la Corse mais je voudrais simplement lui indiquer que l’activité touristique n’a pas progressé dans notre île depuis quatre ans en terme de chiffre d’affaires et de bénéfice, que l’agriculture y est en crise profonde et que l’industrie n’y subsiste qu’à dose homéopathique.
J’ai connu Gurgaon à la fin des années 80.
C’était une banlieue plus ou moins commerçante encore très largement agricole où le téléphone fonctionnait assez mal et où l’ordinateur était une rareté.
C’est aujourd’hui probablement l’endroit au monde où il se produit le plus de logiciel au mètre carré, où les champs se sont recouverts d’immenses buildings de verre fumé abritant des dizaines de milliers d’informaticiens, où les bruyants marchés traditionnels ont été remplacés par d’immenses centres commerciaux climatisés et où la moindre boutique est doté d’un site internet au point que l’on peut se dire qu’une telle cité est représentative de l’économie télématique de demain.
Si j’en avais le temps et l’occasion, je montrerai à Monsieur Marseille la Corse et Gurgaon en regrettant avec lui que les choses ne progressent pas aussi vite chez nous que là-bas.
Mais je pourrais aussi lui montrer l’effrayante pollution de Gurgaon, la nuisance de l’autoroute et des échangeurs qui se développent tentaculairement sur toute la ville, la misère noire des bidonvilles qui subsistent au pied des immenses tours où les seigneurs de l’informatique échangent avec le monde pour lui faire comprendre que les atouts de la Corse sont d’une autre nature : l’environnement, l’art de vivre, l’espace.
Car il ne faut peut-être pas regretter que la Corse ne ressemble pas à ces coins d’enfer asiatiques qui connaissent des croissances à deux chiffres, mais aussi le désespoir des laissés pour compte, et l’horreur économique qui touche ceux qui réussissent le mieux.
Il y a eu et il y a encore de grands économistes.
Le plus grand d’entre eux, John Maynard Keynes, avait non seulement le génie de l’économie mais encore une remarquable culture classique, un grand sens de l’humour et un sens des affaires qui avait fait sa fortune et même celle de son collège de Cambridge qu’il avait fait bénéficié de ses talents de spéculateur.
Monsieur Marseille, si j’en crois Le Canard Enchaîné n’a même pas été fichu de gérer convenablement une petite maison d’édition et démontre par son remarquable article sur la Corse et les dragons asiatiques qu’il ne connaît ni la Corse, ni l’une, ni les autres.
Il se trouve que je connais un peu la Corse et aussi une petite ville de l’Inde peuplée de 300 000 habitants et qui est considérée comme l’un des plus dynamiques de ce pays en matière de nouvelles technologies. Je ne sais pas où Monsieur Marseille a pris les chiffres extravagants qu’il cite à propos de la Corse mais je voudrais simplement lui indiquer que l’activité touristique n’a pas progressé dans notre île depuis quatre ans en terme de chiffre d’affaires et de bénéfice, que l’agriculture y est en crise profonde et que l’industrie n’y subsiste qu’à dose homéopathique.
J’ai connu Gurgaon à la fin des années 80.
C’était une banlieue plus ou moins commerçante encore très largement agricole où le téléphone fonctionnait assez mal et où l’ordinateur était une rareté.
C’est aujourd’hui probablement l’endroit au monde où il se produit le plus de logiciel au mètre carré, où les champs se sont recouverts d’immenses buildings de verre fumé abritant des dizaines de milliers d’informaticiens, où les bruyants marchés traditionnels ont été remplacés par d’immenses centres commerciaux climatisés et où la moindre boutique est doté d’un site internet au point que l’on peut se dire qu’une telle cité est représentative de l’économie télématique de demain.
Si j’en avais le temps et l’occasion, je montrerai à Monsieur Marseille la Corse et Gurgaon en regrettant avec lui que les choses ne progressent pas aussi vite chez nous que là-bas.
Mais je pourrais aussi lui montrer l’effrayante pollution de Gurgaon, la nuisance de l’autoroute et des échangeurs qui se développent tentaculairement sur toute la ville, la misère noire des bidonvilles qui subsistent au pied des immenses tours où les seigneurs de l’informatique échangent avec le monde pour lui faire comprendre que les atouts de la Corse sont d’une autre nature : l’environnement, l’art de vivre, l’espace.
Car il ne faut peut-être pas regretter que la Corse ne ressemble pas à ces coins d’enfer asiatiques qui connaissent des croissances à deux chiffres, mais aussi le désespoir des laissés pour compte, et l’horreur économique qui touche ceux qui réussissent le mieux.
Le grammairien du management moderne
05/09/2006
Le gouvernement français a un sens aigu de la prévision économique et son pouvoir de divination le fait ressembler à feu Madame Soleil !
On rappellera qu'à la fin de l'année 2004, notre ami Sarkozy alors ministre des finances avait prévu un pétrole à 27,5 dollars le baril pour l'année d'après. Il ne s'était trompé que de 110%.
On se souviendra des erreurs de prévision sur la croissance des deux dernières années de l'ordre de 50 à 70%.
On ne reviendra pas sur les affirmations successives de l'illustre Breton sur le fait d'abord que Mittal n'achèterait jamais Arcelor et qu'ensuite la cession pour une bouchée de pain du même Arcelor à une étrange société russe était inéluctable.
On soulignera seulement la « bretonnerie » qui a fait rire le monde entier : « je vais apprendre à Monsieur Mittal la grammaire du management moderne ».
Aujourd'hui, il faut absolument offrir GDF au groupe Suez pour des raisons que l'on ne connaît toujours pas et qui ne sont comprises ni par l'UMP dans sa grande majorité, ni par EDF, ni par l'Union européenne.
En tout état de cause, si malgré les obstacles politiques, juridiques et économiques, le hold-up avait quand même lieu, il aura pour conséquence l'absorption du nouveau groupe Suez-GDF par l'italien Enel.
Monsieur Breton donne beaucoup de leçons d'économie. Il risque dans cette occasion de ce voir à nouveau infliger une note sévère : 0 pointé !
On rappellera qu'à la fin de l'année 2004, notre ami Sarkozy alors ministre des finances avait prévu un pétrole à 27,5 dollars le baril pour l'année d'après. Il ne s'était trompé que de 110%.
On se souviendra des erreurs de prévision sur la croissance des deux dernières années de l'ordre de 50 à 70%.
On ne reviendra pas sur les affirmations successives de l'illustre Breton sur le fait d'abord que Mittal n'achèterait jamais Arcelor et qu'ensuite la cession pour une bouchée de pain du même Arcelor à une étrange société russe était inéluctable.
On soulignera seulement la « bretonnerie » qui a fait rire le monde entier : « je vais apprendre à Monsieur Mittal la grammaire du management moderne ».
Aujourd'hui, il faut absolument offrir GDF au groupe Suez pour des raisons que l'on ne connaît toujours pas et qui ne sont comprises ni par l'UMP dans sa grande majorité, ni par EDF, ni par l'Union européenne.
En tout état de cause, si malgré les obstacles politiques, juridiques et économiques, le hold-up avait quand même lieu, il aura pour conséquence l'absorption du nouveau groupe Suez-GDF par l'italien Enel.
Monsieur Breton donne beaucoup de leçons d'économie. Il risque dans cette occasion de ce voir à nouveau infliger une note sévère : 0 pointé !
La France va déployer 2 000 soldats au Liban. C’est décidé, ils partent, ils arrivent, c’est comme si c’était fait.
Outre que ce chiffre est étonnement modeste de la part d’une nation qui exigeait une FINUL à 15 000 hommes et qui prétendait à sa direction, force est de constater qu’en dehors des quelques dizaines de militaires présents sur le terrain et des quelques unités du génie qui ne sont ni les uns, ni les autres des unités de combat, jusqu’à présent, il n’y a pas un militaire français en état de participer, les armes à la main, au maintien de la paix au Liban.
Malgré le mauvais temps, et sans faire de grande déclaration, 900 militaires italiens opérationnels ont effectivement débarqué au Liban, tandis que l’on nous annonce triomphalement que 200 militaires français seraient partis de Toulon et que les chars Leclerc nous sont présentés, sur des images d’archives, se préparant à traverser la France.
Rarement le décalage entre l’annonce et la réalité n’aura été si flagrant.
Si l’on ajoute que dans le même temps, ce sont les services allemands qui assurent la médiation entre les terroristes du Hezbollah et les Israéliens pour la libération des militaires israéliens pris en otage, on se demandera ce qu’il reste de notre influence dans une partie du monde où la France était encore écoutée et parfois respectée, il y a encore quatre ans.
Outre que ce chiffre est étonnement modeste de la part d’une nation qui exigeait une FINUL à 15 000 hommes et qui prétendait à sa direction, force est de constater qu’en dehors des quelques dizaines de militaires présents sur le terrain et des quelques unités du génie qui ne sont ni les uns, ni les autres des unités de combat, jusqu’à présent, il n’y a pas un militaire français en état de participer, les armes à la main, au maintien de la paix au Liban.
Malgré le mauvais temps, et sans faire de grande déclaration, 900 militaires italiens opérationnels ont effectivement débarqué au Liban, tandis que l’on nous annonce triomphalement que 200 militaires français seraient partis de Toulon et que les chars Leclerc nous sont présentés, sur des images d’archives, se préparant à traverser la France.
Rarement le décalage entre l’annonce et la réalité n’aura été si flagrant.
Si l’on ajoute que dans le même temps, ce sont les services allemands qui assurent la médiation entre les terroristes du Hezbollah et les Israéliens pour la libération des militaires israéliens pris en otage, on se demandera ce qu’il reste de notre influence dans une partie du monde où la France était encore écoutée et parfois respectée, il y a encore quatre ans.
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