Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
« Yuppee », chronique d'une élection régionale
La Corse étant le centre du monde, nous ne nous intéressons qu'à nos petites histoires mais il faut parfois ouvrir les yeux sur le reste de la planète afin de faire quelques comparaisons qui sont autant de leçons de modestie.
L'Etat d'Uttar Pradesh en Inde vient d'élire son assemblée régionale. Cela sonne un peu comme les élections à l'Assemblée de corse sauf que l'Uttar Pradesh a une population de 200 millions d'habitants, qu'il dispose dans un système fédéral très avancé de la plupart des pouvoirs qui s'exercent normalement dans un Etat à l'exception de la défense nationale, de la diplomatie et de la monnaie et de tous les principes fondamentaux du droit qui sont établis au niveau de l'Union indienne.
Cet Etat a élu 403 députés régionaux, ce qui représente à peu près un conseiller régional pour 500 000 habitants, c'est-à-dire qu'un conseiller régional de l'Uttar Pradesh représente plus de cinq fois d'habitants qu'un député français.
Bien des leçons peuvent être tirées de cette élection. La première est que les grands partis nationaux équivalents à ce que l'on appellerait en France la gauche (le Parti du Congrès) et la droite (le Bhartiya Janata Party – BJP) n'ont joué qu'un rôle très secondaire obtenant respectivement 28 et 47 sièges tandis que deux partis locaux représentant respectivement les Intouchables et ce qu'on appelle en Inde, les « OBC » (Other Backward Casts) ont dominé les élections avec 80 et 224 sièges.
Une autre leçon, c'est que le Parti du Congrès, malgré deux ans de campagne de Rahul Gandhi, fils, petit-fils et arrière petit-fils de Premier ministres indiens, n'a progressé que de 6 sièges, c'est-à-dire de pas grand chose alors même qu'il est lui-même député fédéral d'une circonscription de l'Uttar Pradesh où d'ailleurs son parti n'a pas obtenu un très bon résultat, pas plus que dans la circonscription de sa mère qui, elle aussi, représente l'Uttar Pradesh au Parlement de Delhi.
Enfin, grâce au vote électronique, le dépouillement n'a duré qu'une heure et n'a donné lieu, malgré une bataille électorale acharnée qui avait un retentissement national immense, à aucune contestation.
J'ajoute, au moment-même où en France nous vivons la frénésie des sondages, où l'on publie à peu près tout en n'importe quoi dans ce domaine, où la même personne est conseiller du prince tout en vendant très cher au même prince ou plutôt à vous tous, chers contribuables, ses précieuses analyses, qu'en Inde, la publication de sondages en période électorale est tout simplement strictement interdite. Toute personne qui s'amuserait à publier à l'étranger, sur internet, par exemple, un sondage électoral sur l'Inde, serait immédiatement poursuivie par les tribunaux de ce pays qui ne badinent pas avec ce genre d'écarts. De ce fait, toute personne durant ce process électoral très long n'a été enfumé par aucun sondage.
Il faudra peut-être que nous nous inspirions un jour des élections indiennes, en tout cas d'un process électoral électronique qui est désormais admis par tous et rend les opérations électorales à la fois sûres, transparentes et incontestables tandis qu'une prohibition réelle des sondages évite la danse du ventre de différents instituts à laquelle nous assistons en France et dont le dernier mouvement est en train de se dérouler ce soir sous nos yeux puisqu'un sondage TNS Sofres, réalisé en même temps que celui de Madame Parisot, donne un résultat diamétralement opposé, plaçant François Hollande stable à 30% au premier tour, le président candidat en baisse de 2 points à 26%, le premier l'emportant au second tour à 58%, en hausse de 1 point.
La plus grande démocratie du monde paraît en tout cas, en matière de démocratie électronique et de réglementation des sondages un peu plus fiable que la nôtre.
L'Uttar Pradesh est, dans le langage courant en Inde, réduit à l'acronyme « UP » qu'il faut prononcer « Yuppee ». Cet acronyme joyeux se justifie au moins par une organisation électorale qui mérite d'être saluée par cette interjection...

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/03/2012
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