Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Question orale sans débat, 19 mai 2015


Ma question s'adresse au ministre de l'agriculture, de
l'agroalimentaire et de la forêt et porte sur la bactérie Xylella fastidiosa __ voyez qu'on
utilise encore le latin dans les sciences ! Cette dernière constitue une grave menace
pour l'oliveraie en particulier et il n'existe, à l'heure actuelle, aucune mesure de
prophylaxie, hormis l'arrachage et le brûlage. Cette bactérie est actuellement présente
dans la région italienne des Pouilles et progresse rapidement vers le nord, vers Brindisi.
Sa propagation pourrait s'étendre à d'autres régions de la péninsule et atteindre la
France, notamment le pourtour méditerranéen, dans les prochains mois. Du reste, on a
trouvé récemment à Rungis un plant de caféier infesté en provenance de Hollande. La
Corse demeure particulièrement exposée, eu égard aux nombreux échanges
commerciaux entre l'île et l'Italie, mais aussi à la présence des mêmes cultures
sensibles assorties d'un climat propice et des mêmes insectes vecteurs. En substance,
cette bactérie menace de nombreux arbres fruitiers, les chênes et la vigne, en plus de
l'olivier.
Une infestation constituerait une vraie catastrophe sanitaire et environnementale mais
aussi, bien entendu, économique. Vous le savez, la Corse produit et exporte, entre
autres, de l'huile d'olive, des clémentines et du vin reconnus pour leur qualité. Face à ce
grave péril, dont il convient de prendre toute la dimension, aucune mesure concrète
n'avait été prise jusqu'à récemment. La collectivité territoriale a sensibilisé les pouvoirs
publics, notamment le représentant de l'État en Corse mais également le ministère pour
que des dispositifs de protection soient mis en place dans les meilleurs délais.
Je dois dire que nous avons été entendus. Il y quelques semaines, le Gouvernement a
décidé la mise en oeuvre de mesures nationales afin d'interdire l'importation en France
de végétaux sensibles à la Xylella fastidiosa en provenance des zones touchées par
celle-ci. Le préfet de Corse a jugé nécessaire, et je ne peux que m'en féliciter et le
remercier, d'y ajouter des mesures complémentaires qui, je le crois, vont se révéler
particulièrement efficaces.
Face à ce péril qui, s'il se précise, ne nous laissera que les yeux pour pleurer, il serait
opportun de mettre en oeuvre les dispositions supplémentaires suivantes : élargir
l'interdiction totale à l'ensemble des végétaux, avec une possibilité de dérogations
uniquement pour les professionnels ; créer un centre d'analyse sur place, en Corse,
permettant une lecture plus rapide des résultats ; mettre en place un comité technique
qui sera en mesure, d'une part, de définir des critères de dérogation et, d'autre part,
d'étudier la possibilité de mise en place de zones de confinement dans les deux ports
principaux, avec désinsectisation systématique des végétaux et analyse des variétés
sensibles pour s'assurer de l'état sanitaire des végétaux introduits par dérogation. Je
vous remercie, monsieur le secrétaire d'État, de bien vouloir nous faire connaître votre
avis sur les propositions que nous venons de formuler.
Mme la présidente. La parole est à M. le secrétaire d'État chargé de la réforme
territoriale.
M. André Vallini , secrétaire d'État chargé de la réforme territoriale. Monsieur le député,
comme vous le savez, sous l'impulsion de la France, qui avait pris le 4 avril la décision
unilatérale de renforcer les mesures pour prévenir l'introduction de la bactérie Xylella
fastidiosa à la suite d'un rapport scientifique sur le sujet, le comité de la santé des
végétaux de la Commission européenne a approuvé le 28 avril dernier les nouvelles
mesures d'urgence renforcées contre cette bactérie sur le territoire de l'Union
européenne d'une part, et à l'importation, d'autre part. Stéphane Le Foll a salué ces
mesures européennes, qui se substitueront, dès leur entrée en vigueur, à nos mesures
nationales. Il a par ailleurs réaffirmé son soutien à l'Italie, où se trouve un foyer très
important de cette bactérie dans le sud de la botte, dans la région des Pouilles. Il a
rappelé la nécessaire solidarité de l'Union européenne avec l'Italie et ses producteurs
car seule une gestion efficace de ce foyer permettra de protéger l'ensemble des États
membres.
L'arrêté pris par le préfet de la région Corse interdit l'introduction des végétaux sensibles
à la Xylella fastidiosa de toutes origines, y compris les végétaux qui pourraient être
introduits par des particuliers. Par voie de dérogation et uniquement à destination des
professionnels, des végétaux sensibles produits hors zone délimitée en Italie ou pays
tiers contaminé ou de statut inconnu peuvent être introduits après autorisation et
uniquement par les ports d'Ajaccio et Bastia.
Ceci implique nécessairement une déclaration préalable d'introduction sous forme de
demande adressée aux autorités compétentes locales, qui réalisent les contrôles en cas
de suspicion et ont le pouvoir de consigner les végétaux et le cas échéant de les
disposer dans des locaux de confinement appropriés, dans l'attente du résultat
d'analyse. L'autorité compétente est en outre habilitée à prendre toute mesure
empêchant la diffusion de la bactérie, telle que des mesures contre les vecteurs.
Cet arrêté a été notifié à la Commission européenne par la France, qui a annoncé le
dépôt d'un dossier de demande de reconnaissance de la Corse comme zone protégée,
compte tenu de ses spécificités pédo-climatiques et économiques, la culture de l'olivier
représentant la principale production arboricole de l'île. Le Gouvernement veillera à ce
que les services de l'État disposent des moyens humains et budgétaires suffisants à la
mise en oeuvre de ces mesures de surveillance sur le territoire d'une part, et des
importations, d'autre part.
Mme la présidente. La parole est à M. Paul Giacobbi.
M. Paul Giacobbi. Je remercie le Gouvernement. Les mesures ont effectivement été
engagées, il faut simplement y tenir la main. La collectivité territoriale de Corse est
naturellement prête à coopérer avec l'État, dans tous les sens du mot, en tant que de
besoin.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 19/05/2015

Commentaires

1.Posté par Brynhild La Valkyrie le 19/05/2015 11:08
J'ai vu votre intervention in extrémis sur le site internet de LCP et je dois dire qu'autant vous avez pris soin de lire lentement et clairement votre texte autant le secrétaire d’État André Vallini a débité sa réponse à grande vitesse et je n'y ai rien compris mais, je compte sur vous pour lutter contre ce péril très grave qui menace la Corse.

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