Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Répondant à la question prosaïque d'un journaliste télévisé qui l'interrogeait sur la difficulté d'obtenir une trêve dans la guerre de Gaza sans moyen de pression, Bernard Kouchner a répondu, un rien agacé, agitant l'air de sa main droite, que « les moyens de pressions sont dans l'air ».

Cette réponse est caractéristique d'une diplomatie qui prétend influencer le monde en brassant son atmosphère avec plus ou moins de constance.

Cette diplomatie du courant d'air est une ancienne tradition française comme en témoigne cette citation de Saint John Perse, qui fut aussi, pendant de longues années, le premier de nos diplomates : «  c'étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde ».

La citation et son auteur sont d'ailleurs tellement appropriés que je proposerais volontiers qu'elle soit gravée dans la pierre sur le fronton du quai d'Orsay !

Bien d'autres citations pourraient d'ailleurs s'appliquer pour illustrer une diplomatie qui a certes perdu le souffle qui la cactérisait sous le génénral de Gaulle mais qui n'a jamais manqué d'air bien qu'elle semble de plus en plus s'essouffler.

Ainsi, notre politique culturelle et linguistique n'a jamais cessé, comme l'emblème et la devise des éditions Larousse de semer à tout vent, sans d'ailleurs se préoccuper de bien maigres récoltes, tandis que les grande orientations politiques du ministère restent remarquablement fluctuantes au point de rappeler le bon mot du regretté Edgard Faure qui remarquait que ce n'était pas la girouette qui tournait mais le vent...

Ainsi sommes-nous passés en quelques mois d'une diplomatie compassionnelle dont l'humanitaire et les droits de l'homme étaient les maîtres-mots à la demi disgrâce de Madame Rama Yade et la constatation cynique qu'il était difficile de concilier la défense des droits inaliénables et sacrés et les exigences du commerce international.

Il n'en demeure pas moins que les petits coulis d'air frais que procure notre diplomatie aux relations internationales sont parfois bienvenus quand la température s'élève dans les zones en crise même s'il est parfois dangereux de souffler sur les braises.

Sur le plan littéraire, au-delà des poèmes aériens d'Alexis Léger – un nom prédestiné pour celui qui coordonna si longtemps une diplomatie particulièrement « light » - les mouvements d'air sont une source majeure d'inspiration – c'est le mot juste – pour les meilleurs auteurs.

De Shakespeare décrivant « The Tempest » à Emily Brontë glacée dans « Wuthering Heights » en passant par Victor Hugo évoquant les souffles de la nuit flottant sur Galgala, le vent est un thème littéraire omniprésent. Notre diplomatie restant essentiellement une oeuvre de fiction, peut-on lui reprocher de ne produire que du vent ?


Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 06/01/2009
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