Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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Un sommet pour rien

17/11/2008

Comme prévu, le sommet du G20 n'a rigoureusement rien produit sinon une vague assurance qu'il serait utile de veiller aux excès de la spéculation et un encouragement platonique à des plans de relance nationaux.

Encore le G20 a-t-il précisé qu'il n'était pas question d'envisager une autorité internationale pour la monnaie et les marchés, moins encore de freiner la mondialisation puisqu'il se propose de relancer les négociations commerciales internationales.

Bien entendu le tout a été assorti de quelques phrases encourageantes sur la nécessaire réforme des statuts du FMI au profit des pays émergents, mais la seule décision prise est que le G20 se réunira à nouveau en avril.

Ceci n'a pas empêché la presse officielle française unanime de qualifier d'historique cette rencontre sans intérêt et de parler sans rire d'un second Bretton Woods.

Cependant, la presse libre, qui n'existe pas en France mais qui reste tout de même la règle à l'étranger, a donné une fidèle image de ce sommet en ne lui accordant qu'une faible place y compris dans la presse britannique et américaine et en soulignant que ce sommet n'aboutit à rien essentiellement parce que les Etats-Unis ne veulent en aucune façon abdiquer leur pouvoir monétaire au profit d'une quelconque super structure internationale.

Il se confirme qu'à l'évidence sur ce point-là comme sur bien d'autres, la position de M. Obama est rigoureusement la même que celle de M. Bush, son prédécesseur.

Nous entendrons bientôt se généraliser, à la faveur de quelques plans de reprise nationaux un discours lénifiant sur le thème de la reprise dès la fin de 2009, alors même que rien n'est réglé et que ce qui est actuellement fait pour nous sortir de la crise, essentiellement de nouvelles créations de « monnaie gratuite », sans contreparties réelles conduira à terme inévitablement à une aggravation des problèmes.

Enfin, pour la France nous devons être rassurés, l'INSEE ayant, par une première mondiale, mis au point un système de prévision à deux décimales qui permet à notre grande prévisionniste en chef de se gausser d'une croissance trimestrielle de 0,14%.

On peut faire confiance à notre grande Christine Lagarde puisqu'elle avait prévu le 20 septembre 2008 que «  tout risque systémique est désormais écarté » !

J'ai souvent admiré les calculs de croissance de l'INSEE qui sont désormais à la prévision économique ce que le miracle de la multiplication des pains par Jésus-Christ est à la profession de boulanger : on est sûrement très impressionné sur le moment, on en parle encore longtemps après mais ce n'est pas comme cela que l'humanité parvient à se nourrir !

J'ajoute que le million de salariés qui va, d'une manière ou d'une autre, rejoindre les rangs de l'armée des chômeurs d'ici deux ans sera peu enclin à croire aux miracles ou même au Père Noël qui semble d'ailleurs très apprécié au gouvernement français puisque l'on vient d'augmenter de 70 euros la prime de Noël des plus démunis.

Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle religion nationale dont le slogan serait : « la France est grande, Lagarde est son prophète »?


Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/11/2008
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