Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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Depuis bien longtemps passionné par l'art africain et l'art océanien, qui ne sont ni primitifs, ni mêmes premiers mais qui ont exercés une influence déterminante sur les arts du monde occidental, je suis allé visité le musée du quai Branly.

Je ne sais comment qualifier cet endroit : désastre, incompétence, ignorance, corruption sans doute.

D'abord un gigantesque mur de verre, inutile, inesthétique et coûteux obstrue le passage sans que l'architecte ait pensé à indiquer où était l'entrée, sur un des côtés se situe un mur végétal que je propose d'appeler le mur « quipu » non pas par référence aux cordelettes à noeuds qui servaient aux incas à établir leur comptabilité mais en raison du parfum qu'il dégage.

L'entrée dans le musée est un morceau d'anthologie : une très longue passerelle inclinée, pathétique imitation du musée Guggenheim édifié par Frank Lloyd Wright à New York, vous permet d'admirer une sorte de caisson de verre où sont entassés des instruments de musique qui ne sont guère éclairés mais sur lesquels on distingue une épaisse couche de poussière.

Les salles d'exposition ou plutôt les boyaux de cet intestin muséographique nauséabond qui en tient lieu, permettent de découvrir, entassées sans ordre ni logique, sans la moindre explication, des oeuvres fort mal présentées, dans des vitrines des années cinquante, qui manifestement ne font jamais l'objet d'une aspiration des poussières.

Une chaleur moite et étouffante, la laideur surréaliste de sorte de décalcomanies verdoyantes qui obscurcissent les baies vitrées complètent le tableau de cet égout.

On aurait pu espérer quelque chose de moderne, d'intemporel, où ce qui reste de ces collections pourrait être présenté de manière lumineuse et pédagogique.

On se prend à rêver de la merveille qu'aurait pu bâtir ici Tadao Ando dont le génie consiste à effacer la structure pour laisser l'oeuvre, la nature ou la lumière régner en maîtres.

Mais que reste-t-il des merveilles que la France possédait ? Où sont passé par exemple les poteries Nok du Nigéria, apparemment absentes ?

Espérons qu'elles ne finiront pas comme certaines pièces importantes de nos musées volées par quelques grands du royaume amateurs d'art sans scrupules.

La France voulait rendre hommage aux arts premiers, elle a réussi à édifier le dernier des musées.






Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 15/05/2008
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