Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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U troppu stroppia

31/03/2009

La rémunération des dirigeants d'entreprise est constituée principalement de bonus, de stock-options, voire d'avantages de retraite qui constituent des gratifications liées exclusivement au succès de l'entreprise et aux profits que la bonne administration de leurs dirigeants a permis de dégager.

Lorsque l'entreprise fait des pertes, lorsque elle est amenée à mendier des fonds publics pour survivre, il devrait aller de soi que les dirigeants n'ont droit à aucune gratification en dehors de leur salaire. On peut même imaginer de réduire leur salaire par raison d'économie comme l'a fait le patron de Citibank aux Etats-Unis qui se contentera en 2009 d'un salaire symbolique de 1 dollar.

Quand on s'est montré totalement incompétent et imprudent comme l'a été M. Bouton à la Société Générale, incapable de contrôler l'activité d'un trader qui a engagé 50 milliards d'euros et en a perdu plus de 5, non seulement on ne doit faire l'objet d'aucune gratification mais encore doit-on être remercié sur le champ sans indemnités et bien heureux que la banque ne vous poursuive pas en dommages et intérêts pour le tort que vous lui avez fait subir et qu'elle ne demande pas au juge, sur la base de la faute lourde de gestion, de se rembourser sur votre patrimoine personnel.

La logique voudrait donc que M. Bouton parte à la retraite sans indemnités particulières et que la Société Générale considère qu'il s'est rendu responsable de fautes lourdes de gestion et s'adresse au juge pour s'assurer de son patrimoine personnel.

Il est temps de considérer en France que les rapports entre les dirigeants et leurs entreprises ne sont pas à sens unique et que s'ils permettent des rémunérations très élevées en cas de succès, ils impliquent une responsabilité totale en cas de faute, cette responsabilité pouvant aller jusqu'à la ruine personnelle totale du responsable.

Quelques bons exemples - et M. Bouton qui est rentré à la Société Générale comme directeur général et sans aucune expérience bancaire préalable en serait un excellent - rendraient plus acceptable et plus compréhensible pour nos concitoyens que l'on serve des salaires et des gratifications élevées à ceux qui réussissent.

Le capitalisme, ce n'est pas « toujours plus », c'est la rémunération du succès, certainement pas la gratification de l'échec ou l'irresponsabilité pour les fautes.


Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 31/03/2009
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