Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
"The smallest coffins are the heaviest to carry".
“Les plus petits cercueils sont les plus lourds à porter » titre, à propos du drame de Peshawar, The Express Tribune.
L’attaque d’une école militaire a fait 142 morts, principalement des enfants qui ont été pour la plupart assassinés d’une balle dans la tête alors qu’ils se trouvaient allongés par terre pour tenter d’échapper au danger.
Le choc est tellement puissant que les talibans d’Afghanistan, s’exprimant par la voix de leur chef, ont condamné cette ignominie en soulignant que l’Islam ne demandait pas que l’on tue d’innocentes victimes.
L’hypocrisie monstrueuse des uns, qui n’ont jamais hésité par ailleurs à massacrer des innocents ou à prendre des enfants comme boucliers humains, n’est évidemment pas suffisante pour condamner la monstruosité des autres qui, plutôt que d’affronter dans un combat loyal l’armée pakistanaise, préfèrent assassiner les enfants des militaires.
Au-delà de l’horreur et de l’indignation, il faut rappeler inlassablement que malgré certaines ambiguïtés, le Pakistan est un pays qui s’oppose avec courage au terrorisme.
On avait accusé il y a quelques années l’ancien chef de l’Etat, le général Musharraf, d’être proche de certains terroristes. Il avait répondu en souriant qu’il avait été très proche d’eux à plusieurs reprises, c’est-à-dire chaque fois qu’ils avaient tenté de l’assassiner et qu’il s’en était tiré par miracle.
Les pertes militaires de l’armée pakistanaise dans la lutte contre le terrorisme sont considérables, même si l’on en parle moins que des pertes beaucoup moins nombreuses des armées occidentales en Afghanistan.
Quand on souligne qu’il y a eu des contacts pendant des années entre les services secrets pakistanais et les mouvements taliban d’Afghanistan, il faut rappeler que ces contacts et ces relations se sont développées à la demande expresse des Etats-Unis d’Amérique à l’époque où ces derniers voulaient exploiter la communauté ethnique, celle des pashtounes, au Pakistan et en Afghanistan, pour lutter contre les soviétiques.
J’ai eu l’occasion récemment de m’entretenir avec un ancien chef d’état-major des armées britanniques, Lord Dannatt qui, parlant de l’Afghanistan, évoquait uniquement le rôle des différentes puissances occidentales. Je lui ai indiqué, qu’après tout, nous n’en étions plus à l’époque du « Great game » dans lequel la Russie des tsars et la Grande-Bretagne victorienne confrontaient leurs influences dans cette partie de l’Asie sans jamais se préoccuper du sort des populations totalement déstabilisées par le jeu égoïste des puissances étrangères.
Aujourd’hui comme autrefois, nous semblons oublier le rôle fondamental des puissances locales dans la stabilisation des zones à risques. Les Etats-Unis ont surmonté leur aversion pour l’Iran et enfin compris que l’on ne pourrait pas progresser dans la lutte contre ISIS en Syrie et en Irak sans une forte coopération avec l’Iran.
Il faut aussi que l’Occident renoue des liens de confiance qui n’excluent ni la franchise, ni la lucidité avec le Pakistan tandis que l’Inde s’efforce avec courage de normaliser une relation toujours compliquée avec son grand voisin musulman de l’Ouest.
Le martyr de ces enfants, le deuil terrible de leurs familles, ces photographies d’obsèques dans lesquelles on voit des visages juvéniles à jamais endormis au moment où l’on referme leur cercueil, devrait au moins ouvrir les yeux de l’opinion publique et des gouvernements occidentaux sur le Pakistan, grand pays en première ligne face au terrorisme.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/12/2014
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