Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
« Soient frites ces langues envieuses »
La mode serait ces jours-ci à une indignation au demeurant bien fade, bien naïve, parfois bien médiatique.
Il y aurait pourtant, en dehors de cette indignation factice qui consiste à s'opposer toujours à tout sans jamais rien proposer, des raisons plus précises de s'indigner de ces rumeurs, de ces médisances, de ces prurits moralisateurs qui semblent démanger aujourd'hui toute une classe de « m'as-tu vu ? » abonnée des lucarnes télévisuelles mais impuissante et envieuse. J'ai entendu un ancien ministre de l'éducation se disant philosophe et sensé connaître à ce point la politique qu'il l'enseigne à l'université comme une science, proférer, par allusion et par supputation des accusations abominables dont il atteste la véracité sans oser nommer le coupable tout en reconnaissant qu'il ne dispose d'aucun élément probant, se contentant de dire quelque chose comme « on me l'a confirmé en haut lieu... ».
De deux choses l'une, où se Monsieur dispose effectivement de témoignages et il est de son devoir, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qu'il devrait à tout le moins connaître, de porter ces éléments à la connaissance de la justice afin que le responsable soit poursuivi et que l'on prévienne de sa part de nouveaux crimes de pédophilie.
Mais si rien n'est vrai ou si cet ancien ministre de l'éducation nationale n'a d'autres éléments d'information qu'un « on dit » anonyme qui se fonde lui-même peut-être sur un autre « on dit », à tout le moins il commet une diffamation ou, plus exactement puisqu'il ne nomme pas le responsable de ces actes, il cherche globalement à mettre en cause toute une classe politique dont il pense avoir été injustement exclu ou dont il croit que sa qualité de professeur ou sa prétention d'intellectuel le distingue, ce qui aboutit non plus à diffamer un individu mais à semer le trouble chez les citoyens en leur suggérant que tous les élus ou tous les gouvernants sont des criminels impunis.
Que dirait ce Monsieur, qui a d'ailleurs été lui-même victime de médisances puisqu'on l'a accusé à tort de rouler dans une somptueuse Rolls-Royce, si l'on publiait une information du genre : « on m'a confirmé en haut lieu qu'un ancien ministre portant lunettes et cheveux longs, enseignant la science politique, aurait été surpris dans un pays étranger se livrant avec des mineurs à des actes que la morale réprouve... Je ne dispose d'aucune preuve et c'est la raison pour laquelle je ne nomme pas la personne mais les faits sont avérés puisque je le répète on me l'a confirmé en haut lieu... » ?
François Villon a rédigé un poème admirable où il décrit par le menu tous les ingrédients ignobles et répugnants dans lesquels il conviendrait que « soient frites ces langues envieuses ».

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/06/2011
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