Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse |
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« Quand' u sumeru... »
27/01/2009
« La décision du gouvernement d'acheter des parts de capital dans de nombreuses banques sans exiger de sièges au conseil d'administration et une influence sur la direction a été contreproductive ».
Si notre amie, Madame Lagarde, lit cette citation, elle l'attribuera immanquablement à un membre irresponsable et incompétent de la gauche française.
Or, cette citation est de M. Guerrera, éditorialiste au Financial Times et s'applique aux Etats-Unis d'Amérique. Incontestablement, le Financial Times n'est pas incompétent en matière financière et quant à ses options politiques et économiques, elles le situent clairement à la droite des plus libéraux de l'UMP.
Le même auteur remarque que les banques américaines se sont dispensées de prêter plus et qu'elles ont utilisé l'argent du contribuable, par exemple pour refinancer leur propre dette et gonfler les profits comme Morgan Stanley ou pour attribuer des milliards de dollars de bonus comme Merryl Lynch.
Aujourd'hui, tout ce qui a été fait en France en faveur des banques était nécessaire, force est de constater qu'il n'y a pas vraiment eu de contrepartie et qu'il aurait probablement été préférable, en France comme aux Etats-Unis, que cette aide soit assortie d'une influence sur le management et de l'attribution de sièges au conseil d'administration.
Par ailleurs, je répète que les économistes anglo-saxons les plus réputés et les très vieux muletiers corses sont au moins d'accord sur un point technique : « quand un âne n'a pas soif, il est impossible de le faire boire ».
C'est, en effet, ce que les économistes disent à propos du crédit : même si on offre du crédit gratuit aux entreprises, elles n'investiront que si elles en ressentent le besoin.
Il y a donc deux raisons pour lesquelles jusqu'à présent les crédits à l'économie stagnent, voire régressent dans le monde entier malgré la mise à disposition du système bancaire d'énormes quantités de liquidités quasi gratuites, c'est parce que les banques utilisent ces moyens pour améliorer leur bilan et leurs résultats et non pour prêter et parce que d'autre part, globalement, l'économie n'est pas demandeuse d'une expansion du crédit.
Le gouvernement vient d'accorder en France cinq milliards d'euros à des banques pour les aider à monter des opérations de financement d'achat d'avions Airbus.
Or, les compagnies aériennes n'achètent pas des avions parce qu'ils sont plus faciles à financer mais parce qu'elles en ont besoin pour transporter plus de passagers.
J'avais dit et écrit en son temps que l'Airbus A380 était un désastre commercial mais aussi industriel, voire technique.
On pourra faire le crédit gratuit pour l'achat de cet avion, cela ne gonflera pas un carnet de commandes particulièrement vide.
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