Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Qu'attendez-vous du président ?
Depuis plusieurs mois, le microcosme insulaire s'agite, s'interroge, bruit de toutes sortes de rumeurs sur l'éventuelle, la probable visite du président de la République sur ce qu'il va dire et ne pas dire, annoncer ou ne pas annoncer... Finalement, la panique face à des sondages qui semblent démontrer une cristallisation de l'opinion, très majoritairement opposée au renouvellement du mandat de Nicolas Sarkozy, a conduit à bouleverser un calendrier qui prévoyait une visite officielle du président ces jours-ci, bien avant une annonce qui ne devait intervenir qu'au début du mois de mars.
J'avais, en accord avec Dominique Bucchini, prévu de recevoir le président de manière républicaine s'il n'était pas encore candidat, mais évidemment de ne pas accueillir le candidat dès lors qu'il se serait déclaré pour la bonne et simple raison que nous ne soutenons pas sa candidature.
La question est tranchée puisqu'il ne peut plus se rendre dans notre région qu'en tant que candidat ce qui fait que nous n'aurons plus à participer à ce déplacement purement électoral.
Au-delà de ces détails, j'aurais tendance à répondre aux journalistes qui me posent la question de savoir ce que j'attends pour l'avenir de la Corse des plus hautes autorités de l'Etat, que c'est plutôt à nous d'être capable de formuler clairement ce que nous voulons, de manière largement consensuelle de telle sorte que nous attendrons alors du futur président de la République qu'il soit attentif à ce consensus de la Corse et qu'il favorise sa prise en compte dans l'évolution du droit, y compris, le cas échéant, dans la Constitution de la République.
Les choses évoluent. La Corse dispose déjà depuis de longues années de pouvoirs mais elle ne fait que commencer à les utiliser et ce qui s'est passé avec le projet de loi du PADDUC est extraordinairement significatif : lorsque l'Assemblée de Corse parvient au consensus voire à l'unanimité, elle peut être suivie par le gouvernement et le Parlement national.
J'ai vécu l'époque, d'assez loin il est vrai, où les statuts de la Corse étaient pensés dans les cabinets ministériels parisiens et octroyés voire assénés de gré ou de force par un ministre qui savait mieux que nous ce dont nous avions besoin...
J'ai connu de plus près l'époque où un gouvernement et son Premier ministre se proposaient de nous faire accoucher de ce que nous voulions.
Cette maïeutique dont nous parlait Lionel Jospin constituait incontestablement un progrès par rapport à la méthode précédente mais montrait tout de même que nous n'étions pas encore capables d'accoucher tous seuls des réformes dont nous avions besoin.
Nous en arrivons maintenant à un moment de notre histoire où nous serons j'espère capables de déterminer sereinement mais entre nous, dans un consensus politique et populaire, les évolutions dont nous avons besoin.
Qu'il s'agisse des questions du foncier, de la langue corse, de l'organisation institutionnelle de notre île, c'est à la Corse elle-même et à sa représentation politique qu'il appartient de décider. Ce que nous attendons de l'Etat, c'est qu'il en discute avec nous sans arrière-pensées et qu'il soit capable tout à la fois de confirmer l'autonomie de la Corse et son appartenance claire à la République française.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 16/02/2012
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