Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Prévisions...

22/06/2010

J'apprends avec intérêt, par une dépêche de l'AFP d'hier, que notre gouvernement qui anticipait une croissance de 2,5% en 2011 va probablement réduire ses ambitions et imaginer de manière plus réaliste que nous n'atteindrons pas les 2% avant plusieurs années.

Il y a longtemps que je dis et répète que la crise sera longue et que lorsqu'elle prendra fin, nous ne nous retrouverons pas comme avant mais dans un monde nouveau, profondément différent du précédent.

Le 26 mai 2009, dans une note destinée à mes collègues "Décennie perdue ou émergence d'un nouveau monde économique ?", j'indiquais à propos des perspectives de croissance :

« Même s'il pourrait bien y avoir un léger ralentissement de la récession au cours de l'année 2010, voire un semblant de reprise homéopathique, les seuls scenarii envisageables sont soit la persistance pendant une décennie, non pas d'une récession continue mais plutôt d'une apathie économique, c'est-à-dire une croissance très légèrement en-deçà ou au-delà de zéro, soit la survenance d'une crise financière beaucoup plus grave que la première qui pourrait, cette fois-ci révéler la véritable ampleur des dépréciation d'actifs bancaires, et faire éclater l'actuel système monétaire international et la gigantesque bulle financière publique. »

A la vérité, il est encore trop tôt pour savoir quelle sera l'ampleur de la catastrophe provoquée par l'éclatement de la bulle financière publique qui est loin d'avoir produit tous ses effets négatifs et jusqu'à quel point cette explosion affectera les économies occidentales en provoquant une nouvelle vague de récession probablement beaucoup plus accentuée que celle de 2008-2009.

Je continue à penser que non seulement nous n'avons pas apporté de solution aux problèmes bancaires mais que nous sommes dans l'incapacité d'aller au fond des choses, c'est-à-dire de comprendre que la croissance occidentale depuis vingt ou trente ans a colossalement augmenté et de manière totalement stérile les revenus des plus fortunés tandis qu'elle accroissait la précarité d'une proportion de plus en plus large de la population et qu'elle faisait stagner le pouvoir d'achat de la plupart des salariés en Occident.

La crise bancaire est venue de ce que plutôt que d'augmenter les salaires, on a préféré, de manière tout à fait caricaturale notamment aux Etats-Unis, leur prêter de l'argent dans des conditions de plus en plus folles provoquant ainsi une prise de risques inconsidérée qui nous conduit aujourd'hui à la plus grave crise que l'économie occidentale ait jamais connue.

Pour qu'une économie fonctionne, pour qu'elle progresse, il est indispensable que l'ensemble de la population bénéficie de revenus suffisants pour acheter des biens et des services et si l'inégalité de revenus devient structurelle, la machine se bloque.

Malheureusement, plutôt que de mener résolument une politique intelligente de répartition plus équitable et plus efficace des revenus, les Etats-Unis ont organisé une machine infernale destinée à prêter à ceux qui ne pouvaient pas rembourser puis à recycler les créances douteuses dans une gigantesque lessiveuse de la finance mondialisée !

Plutôt que de tenter de faire mieux fonctionner ces machines et ces lessiveuses, essayons de mieux répartir les revenus et, en particulier de mieux rémunérer les salaires !




Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/06/2010
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives