Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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La question que j'ai posée au gouvernement le 28 avril sur la crise financière grecque (texte et vidéo sur paul-giacobbi.org) soulignait que cet épisode n'est que le signe annonciateur de l'éclatement de la « bulle financière publique » que j'annonce déjà depuis plus d'un an.

J'ai également indiqué au gouvernement que nous entrions dans une nouvelle phase de la crise dans laquelle nous allons vivre probablement une décennie durant.

Le 26 mai 2009, j'indiquais à ce propos, dans une note rédigée dans le cadre du groupe parlementaire sur la crise, les éléments suivants :

  • « la situation est aujourd'hui extraordinairement tendue avec de nombreux pays européens qui ont vu la notation de leurs emprunts d'Etat dégradée, la Grande-Bretagne qui est très proche de subir cet affront et les Etats-Unis où l'ouverture d'une ligne de 300 milliards de dollars pour la souscription par la Fed de bons du trésor à trente ans n'a pas réussi à rassurer le marché sur ces titres, ni à faire baisser le taux de souscription qui a passé le niveau des 4%. Au point où nous en sommes, on peut redouter qu'une très légère amélioration de la croissance (...) provoquerait une désaffection brutale des emprunts publics au profit des opportunités privées, ce qui aboutirait à l'éclatement de la « bulle financière publique », cumul des déficits publics entraînés par la crise et des injections massives de liquidités »;

  • « Cette année, en comptant les renouvellements des bons venant à échéance, les Etats-Unis devront emprunter 2 500 milliards de dollars, c'est-à-dire en moyenne 50 milliards de dollars par semaine ! En réalité, le système résiste parce que les détenteurs de liquidités préfèrent encore à ce jour le risque d'un emprunt d'Etat à celui d'un placement dans le secteur privé (...). Si le placement privé devient légèrement plus attractif qu'il ne l'est aujourd'hui, on peut redouter une brutale désaffection pour les emprunts d'Etat, alors même que les besoins de financement des secteurs publics resteront colossaux pendant de longues années quand bien même la croissance reviendrait miraculeusement à ses niveaux d'avant la crise. »

Je ne suis pas prophète, encore moins un économiste académique, mais mes discours et mes travaux sur le sujet ne font que refléter un certain consensus économique, notamment dans les universités américaines, en tout cas chez les plus sérieux des économistes aux Etats-Unis selon lesquels la crise va durer encore de très longues années, ses causes sont extrêmement profondes et ce ne sont pas les demi-mesures et les atermoiements actuels qui nous permettrons d'en sortir.

J'ai aussi depuis longtemps écrit que la crise accélèrerait une évolution inéluctable par laquelle le leadership économique va tout naturellement aller à la Chine et à l'Inde au détriment de l'Europe tandis que les Etats-Unis, bénéficiant pour longtemps encore du privilège attaché au dollar pourraient se situer dans une situation intermédiaire.




Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/05/2010
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