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Mitt Romney's 15%

24/01/2012
John William McCormack (December 21, 1891 – November 22, 1980)
John William McCormack (December 21, 1891 – November 22, 1980)
C'est le titre d'un article paru dans le Wall Street Journal à propos du taux d'imposition de M. Romney, candidat aux élections primaires américaines pour le GOP (« Grand Old Party », c'est-à-dire le Parti républicain), dont le symbole est d'ailleurs un éléphant.
L'Amérique est choquée qu'un milliardaire en dollars ait un taux d'imposition inférieur à celui d'un cadre moyen aux Etats-Unis. Cette anomalie résulte de dispositions fiscales adoptées en 2003 qui ont introduit un prélèvement libératoire à 15% alors que le taux moyen ou marginal de l'impôt sur le revenu est beaucoup plus élevé.
Il est intéressant de noter qu'il a fallu près de cinquante années de combat des lobbies qui défendent les plus fortunés pour aboutir à cette injustice monstrueuse.
C'est, en effet, en 1954 que le président Eisenhower avait proposé de taxer les dividendes d'actions à un taux inférieur à celui applicable aux salaires. Il est intéressant de relever ce qu'avait dit à l'époque l'un des leaders démocrates de la Chambre des Représentants : « John W. McCormack, a Massachussets Democrat who later was to become speaker of the House of Representatives, was outraged.
« The Eisenhower tax bill is undefensible in that portion which gives great benefits to corporations and constitutes a bonanza to stockholders, the larger ones in particular, », he said in 1954. « It is unjust, and in my opinion morally wrong, to make a person with earned income pay considerably more in taxes than persons with unearned income from dividends ». »
(Cité par Floyd Norris dans le New York Times du 20 janvier 2012)
Du fait de cette opposition, la taxation forfaitaire réduite n'avait été rendue applicable qu'à la première tranche de dividendes, inférieure à 50 dollars par an, ce qui favorisait le petit épargnant, sans diminuer la légitime imposition des grands patrimoines.
En France, Madame Bettencourt acquitte moins de 10% d'imposition sur le revenu...
François Hollande a parfaitement raison de vouloir un peu plus de justice fiscale et l'on voit bien que même dans le camp des libéraux américains, on est choqué par l'injustice fiscale.
Warren Buffett, un des hommes les plus riches du monde, qui a fait don à la fondation Gates de l'essentiel de sa fortune et qui milite publiquement pour l'imposition des grandes fortunes, remarquait qu'il était choquant que sa femme de ménage paye, en proportion de leurs revenus respectifs, plus d'impôts que lui...
L'UMP qui parle parfois du rêve américain ferait mieux de s'informer de ce qui se passe réellement aux Etats-Unis.

Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/01/2012
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