Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Par un étrange paradoxe, Ted Kennedy est regretté à droite comme à gauche en France alors même que sa qualité essentielle de sénateur chevronné a été pendant quatre décennies son aptitude à organiser avec la partie adverse, c'est-à-dire avec les républicains, des compromis sans lesquels bien des textes essentiels qui ont dessiné les contours d'une modernisation considérable des Etats-Unis n'auraient pas été possibles.

Dans son article du 1er septembre publié par le New York Times, Paul Krugmann rappelle même que le plus grand regret de Ted Kennedy, c'était de ne pas avoir accepté l'offre généreuse de Richard Nixon d'un compromis bipartisan sur l'assurance sociale, et ce d'autant plus que la proposition de Nixon ressemblait beaucoup au projet démocrate d'aujourd'hui et à certains égards allait même plus loin.

Cependant, et c'est là le paradoxe, cette aptitude à s'accorder par compromis sur des choses importantes qui fait la grandeur et l'efficacité du parlement américain et plus particulièrement de son Sénat nous fait ici en France totalement défaut.

Pire même, toute tentative d'aller si peu que ce soit dans ce sens est aussitôt dénoncé comme une faiblesse voire une trahison, au point qu'un texte reprenant pratiquement toutes les propositions d'un camp mais qui aurait l'immense défaut d'être proposé par le camp adverse n'aurait aucune chance d'être voté par ceux qui pourtant ont milité longtemps en sa faveur !

Ainsi, et je l'ai déjà fait remarquer plusieurs fois, la quasi totalité des dispositions de la révision constitutionnelle du 21 juillet 2008 ont été repoussé par la gauche pour le motif essentiel qu'elles étaient présentées par la droite et que nous verrons peut-être demain combattre la taxe carbone par ceux-là mêmes qui réclament depuis des années sur l'air des lampions une véritable fiscalité écologique.

Les comportements sont d'ailleurs parfaitement réciproques et symétriques et la droite dans l'opposition s'est encore plus montrée incapable de susciter ces compromis intelligents qui sont la caractéristique des parlements qui jouent vraiment leur rôle.

Il existerait pourtant bien des questions sur lesquelles, avec un peu de bonne foi réciproque, on pourrait parvenir à des compromis utiles dans bien des domaines : l'avenir de nos régimes de retraite, la réglementation des banques, la simplification administrative, voire la suppression du juge d'instruction.

Ted Kennedy manquera au Sénat américain qui sans lui aura plus de mal encore à faire aboutir la loi sur l'assurance maladie. En France, toute personne voulant jouer ce rôle serait sauvagement combattu par son camp et même à certain égards par le camp adverse.

Il est vrai que nous ne parvenons pas à faire la distinction entre le compromis et la compromission !








Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/09/2009
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