Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Mémoire

10/05/2011
Mémoire
La loi du 21 mai 2001, votée à l'initiative de ma collègue et amie Christiane Taubira tendait à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité et à faire du 10 mai une journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.
L'esclavage a marqué l'humanité depuis très longtemps et son abolition représente évidemment un progrès pour notre espèce. L'abolition ne signifie malheureusement pas l'éradication puisque le monde moderne laisse subsister des formes d'esclavage et que même dans un pays comme le nôtre, il n'est pas exceptionnel que des personnes soient condamnées par les tribunaux pour avoir réduit en esclavage, parfois au prétexte de rendre service, des personnes fragilisées.
L'idée selon laquelle l'esclavage est un vestige de temps anciens tandis que le progrès naturel des consciences humaines l'aurait inexorablement et définitivement fait disparaître et que donc cette journée de mémoire n'est qu'une référence au passé doit être vigoureusement combattue.
Il s'est trouvé dans le passé, y compris le plus lointain, des consciences pour proclamer la dignité humaine et dénoncer l'horreur de l'esclavage tandis que malheureusement, il y a seulement soixante ans, des idéologies perverses et criminelles ont prôné le retour à l'esclavage pour une partie de la population condamnée par ses origines à être asservie au profit de la « race des seigneurs ».
C'est donc plus à une journée de réflexion qu'à une journée de mémoire que devrait nous inciter la loi Taubira, autant à une analyse des tendances dangereuses et récurrentes de l'humanité qu'à l'étude historique de phénomènes anciens dont la résurgence dans notre modernité serait absolument inimaginable.
J'ai retrouvé récemment non sans quelque fierté les éléments d'archives qui démontraient l'acharnement de mon arrière-arrière grand-père, Joseph-Marie Giacobbi, magistrat exilé à la Guadeloupe puis à La Réunion sous le Second Empire, à défendre la cause des esclaves théoriquement libérés que leurs anciens maîtres prétendaient encore, malgré l'abolition, retenir à leur service. Un rapport transmis au gouvernement sur le trouble social que provoquait sur l'île de La Réunion ce magistrat révolutionnaire et républicain qui ne faisait d'ailleurs que défendre l'application de la loi nous éclaire sur le fait que, des années après l'abolition, celle-ci n'était pas encore sortie des esprits des colonisateurs du Second Empire.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/05/2011
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives