Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Le G20 va se réunir au moment où l'économie mondiale semble connaître un début de stabilisation mais où le consensus académique, notamment de tous ceux qui ont prévu et analysé la crise, considère que cette stabilisation est fragile, qu'au mieux la reprise sera très timide et très lente et qu'au pire nous connaîtrons une rechute d'extrême gravité.

Il n'est pas question ici d'optimisme ou de pessimisme et je dois dire qu'il est odieux d'entendre tous les imbéciles et les incompétents, qui se sont montrés incapables de prévoir la crise ou même d'admettre qu'elle était arrivée quand c'était devenu une évidence, recommencer à traiter de pessimistes tous ceux, et ils sont assez nombreux parmi les économistes, qui avaient vu juste dès le début de cette décennie.

Rappelons simplement qu'aucune des causes structurelles de la crise n'a été traitée, à savoir les déséquilibres structurels des balances courantes des Etats-Unis et de la Chine, le privilège du dollar qui a permis aux Etats-Unis de faire perdurer ce déséquilibre et l'a conduit à emprunter massivement au reste du monde tout en faisant monter artificiellement la valeur des biens immobiliers avec les conséquences que l'on sait.

Par ailleurs, nous n'avons pas non plus beaucoup progressé sur l'idée d'une politique coordonnée sérieuse des prix de l'énergie et de la limitation des gaz à effet de serre, tandis que toute tentative de réglementation sociale du commerce international reste une vue de l'esprit.

Enfin, le G20 devra bien sûr s'interroger sur la plus délicate des questions : comment revenir à l'équilibre des finances publiques, ce qui est indispensable pour éviter de subir l'éclatement de la bulle des Trésors publics et des banques centrales, sans compromettre la stabilisation à laquelle nous assistons ?

Bien entendu, les questions des bonus, des ratio de solvabilité bancaire ou des paradis fiscaux ne sont pas à négliger.

Pour autant, gardons à l'esprit qu'il s'agit de questions secondaires et parfois surréalistes.

S'agissant des bonus, ce qui est choquant, ce n'est pas que des gens soient rémunérés parce qu'ils feraient gagner beaucoup d'argent à leur entreprise, c'est plutôt qu'ils ne sont pas sanctionnés quand ils perdent de l'argent, qu'actuellement leurs gains se font essentiellement grâce aux taux d'intérêt extraordinairement bas dont ils bénéficient auprès des banques centrales, comparé aux taux finalement très élevés auxquels ils prêtent aux Etats.

S'agissant des ratios de solvabilité, je persiste à dire qu'il faut d'abord s'accorder sur une définition et un contrôle rigoureux des fonds propres d'une part et de l'encourt des prêts de l'autre avant de fixer un ratio minimal et obligatoire entre les deux. Toute la crise est venue de ce que des banques avaient prêté quatre ou cinq fois plus que leurs bilans ne l'avouaient, qu'elles avaient évacué le risque de leurs comptes sans avoir réussi à se défaire de leur obligation juridique de garantie et que, dans ces conditions, le ratio Cook n'avait plus aucune signification.

Quant aux paradis fiscaux, la meilleure manière de lutter contre eux, c'est effectivement de les isoler, ce qui d'ailleurs est en train de se faire mais il ne faut pas oublier que la plus grande partie des folies financières se sont faites au cours des dernières décennies dans des pays à fiscalité normale et que d'ailleurs, il n'y a pas eu besoin de paradis fiscal pour mener à bien la plus grande escroquerie financière de tous les temps, celle de M. Madoff.

Le problème de ce G20, c'est qu'il intervient à un moment où l'opinion publique ou plutôt l'opinion médiatique prétend que la crise est passée et où les pires financiers osent de ce fait relever la tête.

Quant au fait que les meilleurs économistes s'accordent pour dire que nous n'en sommes au mieux qu'à la fin du commencement, cela n'a guère d'influence car on n'a jamais vu jusqu'à présent s'élaborer un consensus international ou national sur la base de travaux scientifiques.

Pour résumer les choses, nous ne sommes pas sortis de l'auberge, et d'ailleurs, il est inconcevable que nous en sortions avant d'avoir payé l'addition !


Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 08/09/2009
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