Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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Après la Grèce, c'est le crédit public de l'Espagne, c'est-à-dire la capacité de cet Etat à emprunter qui se trouve remise en cause et la plupart des commentateurs se demandent avec des arguments plus ou moins pertinents qui sera le prochain pays sur la liste.

J'ai essayé d'expliquer dans ma question au gouvernement du 28 avril qu'en réalité, faute d'avoir pu organiser depuis trois ans une véritable solidarité entre les Etats face au pouvoir financier, il fallait s'attendre non pas à une contagion à tel ou tel pays particulièrement fragile mais à une véritable épidémie qui va toucher tout l'Occident et pratiquement toute l'économie planétaire à l'exception notable des grandes nations de l'Asie émergente.

Ce qui est significatif, c'est qu'en réalité et contrairement à ce que beaucoup de gens disent, la situation de la Grèce est certes préoccupante, mais pas tellement plus que celle de bien d'autres pays. Quant à l'Espagne, on ne peut pas dire que la situation de ses finances publiques justifie par elle-même les attaques qu'elle subit aujourd'hui.

La situation globale d'endettement des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne est bien plus préoccupante que celle de l'Espagne. Quant à la « vertueuse » Allemagne, si elle présente une situation au niveau fédéral qui est probablement la plus saine de tout l'Occident, il ne faut pas oublier qu'au niveau des Länder et des gouvernements locaux, la situation est parfois dramatique.

Ainsi, si l'on rapporte les dettes respectives de Berlin, de Brême, ou de Saxe-Anhalt au PIB de chacun de leur territoire, on constatera que leur situation est six fois plus grave que celle de l'Etat de Californie ! (voir l'article du Professeur Adam Tooze de l'Université de Yale, publiée le 5 mai dans le Financial Times)

J'insiste depuis plusieurs années sur l'énormité de l'emprunt fédéral américain par rapport au PIB des Etats-Unis qui représente au moins 15%, sans même compter le recours à l'emprunt public des Etats fédérés !

Arrêtons de dire que la Grèce est une exception car cela nous conduira demain à dire la même chose de l'Espagne, de l'Italie, de l'Irlande, de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, du Japon et pour finir d'une partie considérable de la sphère publique allemande.

Dans un tel contexte, les cinq mois de résistance et de réticences de plusieurs pays de la zone euro à aider la Grèce n'étaient pas seulement caractérisés par une absence de solidarité mais constituaient un comportement suicidaire.

L'Allemagne elle-même aura à payer les conséquences d'une telle attitude. Nous en arrivons seulement au tout début de l'acte II de la crise, espérons qu'il y aura un acte III au cours duquel les gouvernements du G20 se décideront enfin à agir conjointement et solidairement.






Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/05/2010
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