Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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Les illusions perdues
Je ne sais pourquoi Arnaud Montebourg me fait penser à cet archétype ancien de l’arriviste que Balzac a immortalisé sous le nom de Rastignac…
Dans le cas particulier de notre Rastignac ministériel, la manière dont il traite de l’investissement et de l’emploi dans notre pays est particulièrement choquante.
La CNUCED indique dans un récent rapport que l’investissement étranger en France a chuté de 94% sur dix ans. Il n’atteint que 5 milliards d’euros en 2013 contre plus de 80 milliards d’euros annuels entre 2005 et 2007.
Cette contre-performance nous place parmi les derniers rangs des pays de l’OCDE pour l’accueil de l’investissement étranger, alors même que le chômage progresse chez nous quand il recule dans l’ensemble de l’Union européenne.
La récente farce d’Alstom et de General Electric est une illustration de cette politique de gribouille qui, prétendant nous conduire de succès en succès, nous fait dégringoler la pente chaque jour plus tout en faisant rigoler l’assistance.
General Electric est en France depuis des décennies, l’alliance GE-Snecma a permis à notre industrie nationale d’entrer dans la cour des grands des moteurs d’avion aux côtés de Rolls-Royce et de Pratt & Whitney et de vendre 22 000 turbines dans le monde entier, ce qui a entrainé la création de dizaines de milliers d’emplois dans notre pays.
Dès lors, la proposition d’un industriel de référence dont l’investissement en France a beaucoup profité à l’industrie et à l’emploi dans notre pays aurait dû être salué comme une chance à saisir et non comme une offensive à combattre.
Après avoir agité le fantasme du cow-boy américain venant prendre au lasso notre industrie nationale, notre Rastignac a dû admettre que sa « contre-proposition européenne » qui s’est d’ailleurs révélée japonaise entre temps ne tenait pas la route et que celle de GE était la seule envisageable.
Mais pour calmer l’amour-propre courroucé de notre ambitieux, il a fallu annoncer que l’Etat achèterait, pour la bagatelle de 2 milliards d’euros, une partie des actions d’Alstom détenues par Bouygues.
En réalité, GE conserve le niveau d’engagement de son offre initiale mais voit l’Etat se substituer à lui, à hauteur de 2 milliards, pour racheter les actions détenues par Bouygues. Ce n’est pas pour GE une punition mais une aubaine.
On a pris entre temps un décret grotesque sur le « patriotisme économique », concept emprunté à l’inénarrable Galouzeau, qui ne pourrait franchir la barre d’aucun tribunal ni en France, ni en Europe.
L’investissement étranger s’effondre : combien de dizaines de milliers d’emplois pourraient-ils être créés chaque année si l’on continuait à accueillir dans notre pays autant d’investissements étrangers qu’il y a dix ans ?
La France aime les Rastignac mais, pour rester dans la veine balzacienne, elle devrait aussi lire et relire « Les illusions perdues ».

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 02/07/2014

Commentaires

1.Posté par Brynhild La Valkyrie le 21/07/2014 11:48
Bonjour Monsieur le Président,

Je viens de lire l'article de Corse-Matin sur la collectivité unique proposée par José Colombani et j'ai une proposition à faire : je trouverais judicieux que les six parlementaires de la Corse puissent siéger de droit au sein de cette institution à titre bénévole et sans occuper la place d'un autre conseiller mais, pour être tenus informés des débats et y participer .

Très respectueusement .

http://www.corsematin.com/article/corse/une-collectivite-de-corse-unique-a-86-conseillers.1457692.html

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