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Les faits sont têtus.
Cette phrase, en français dans le texte, apparaît dans l’article publié par Paul Kagamé, président du Rwanda, dans le Wall Street Journal du 8 avril 2014.
L’accusation est précise : « In 1994, more than a million people died over 100 days as the Rwandan state, backed militarily and politically by France, told some Rwandans that it was their duty to murder other Rwandans. Les faits sont têtus – facts are stubborn – and no country is powerful enough, even when it thinks it is, to change the facts ».
L’accusation est grave.
Vingt ans après les faits, la France doit y répondre non pas en opposant une défense à une accusation mais en appelant toutes les parties à rechercher la vérité en pleine lumière, sous l’égide de la communauté internationale. Dans ce cadre, la France doit s’engager à livrer toute l’information dont elle dispose, ce qui implique évidemment de déclassifier tous les documents qui pourraient encore être classés au titre du secret de la Défense nationale.
Comme en témoigne cette tribune publiée par M. Kagamé dans un des journaux les plus influents au monde, l’opinion internationale n’accorde que peu de crédit à la version française, ce qui ne veut pas dire que celle-ci soit erronée.
Le seul moyen de convaincre, si la vérité est éloignée de la version du président rwandais, c’est de faire toute la lumière loyalement, sachant bien que dans cette affaire terrible, comme toujours, la vérité est complexe et que nul ne sort indemne de son apparition au grand jour.
Pour la France elle-même, indépendamment de notre position internationale, il serait salutaire, de faire un exercice de vérité car notre pays traîne dans son inconscient bien des épisodes sombres qui hantent sa mémoire collective comme la mauvaise conscience de fautes non expiées.
Avons-nous reconnu la campagne quasi génocidaire de Vendée durant notre glorieuse Révolution qui a fait des centaines de milliers de victimes ?
Avons-nous admis aussi clairement la collaboration que nous n’avons mis en lumière les héroïsmes de la Résistance et surtout toutes ces situations intermédiaires ou successives que peuvent connaître les populations occupées par une puissance étrangère et tyrannique ?
Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, avons-nous seulement scellé cette paix des braves que le Général de Gaulle appelait de ses vœux et placé librement dans la lumière de l’histoire cette triste époque sans rien en dissimuler.
Le refoulement des fautes commises et des traumatismes subis peut perturber toute la vie d’un individu jusqu’ à la rendre parfois extraordinairement difficile.
Il en est de même pour les peuples.
La mise en lumière des faits, le libre débat sur leur analyse, permettent de faire objectivement la part des choses et de tirer les leçons de l’histoire plutôt que de traîner comme un fardeau insupportable les non-dits et les parts d’ombre.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/04/2014
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