Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Dans les jours qui ont suivi une réunion dramatique au cours de laquelle les principaux cadres de l'entreprise ont appris dans le détail les déboires épouvantables du programme de l'airbus A380, tous les cadres disposant d'actions d'EADS, tous sans exception, ont vendu leurs actions suivis de près par le groupe Lagardère.
Ainsi, les uns et les autres ont réalisé juste à temps des plus-values substantielles.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Pour arriver à vendre autant d'actions en si peu de temps sans précipiter l'effondrement des cours, il faut trouver ce que l'on appelle vulgairement des pigeons, c'est-à-dire des épargnants qui se laissent berner et perdront quelques centaines de millions d'euros.


Malheureusement, s'il y a quelques pigeons en l'air dans le ciel de la bourse de Paris, il aurait fallu, pour absorber une telle quantité d'argent que tous les pigeons du monde acceptent de se toucher les ailes et de venir se sacrifier au bénéfice des malheureux Lagardère et autre Forgeard.


Alors dans le monde financier, quand les pigeons ne sont pas suffisants, il faut trouver un dindon, de la farce bien sûr.


Dans le cas d'espèce, c'est un dindon géant que l'on a trouvé, une sorte d'oiseau disparu, une manière de dodo bien gras, plusieurs fois centenaire : la Caisse des dépôts.


Et figurez-vous que la Caisse des dépôts qui d'habitude se débrouille si bien sur les marchés n'a même pas été capable de s'apercevoir qu'elle allait perdre dans cette plaisanterie 200 millions d'euros.


Cette histoire extraordinaire est racontée sans rire – admirez la performance !- par notre Thierry Breton national qui, de l'affaire Rhodia à l'OPA sur Arcelor, a beaucoup brillé ces derniers temps dans le ciel étoilé des finances européennes : « Je ne savais rien, Messieurs les Sénateurs, et quand je l'ai appris, je n'étais pas content ! ».


En réalité, la perte de la Caisse des dépôts, ce sont l'Etat et l'épargnant français qui devront, d'une manière indirecte, mais certaine, la supporter.


Nous sommes donc 60 millions de petits dindons de la farce EADS. Comme chacun le sait, les dindons grossissent parfois, s'engraissent, mais c'est pour mieux finir par être plumés et mangés.


Une suggestion : remplacer l'emblème de la France, le dindon me paraît mieux approprié que le coq.



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/10/2007
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives