Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Left Story

27/08/2009

Comme tout le reste des français et tout particulièrement ceux qui sont les plus touchés par la crise, je suis enthousiasmé par l'idée de l'organisation des primaires à gauche.

Sans relever l'ironie qu'il y a à voir une gauche très anti-américaine et qui se prétend toujours à la pointe de l'innovation politique emprunter aux Etats-Unis une technique de sélection séculaire, je m'intéresse tout particulièrement aux aspects pratiques de cette grande affaire, véritable phénomène de société qui va retenir toute l'attention des français pendant les trois prochaines années.

J'ai cependant été surpris et déçu de lire quelque part que les promoteurs de ce happening voulaient faire payer quinze euros à chaque votant.

Je n'attendais pas un tel verrouillage financier de la part des grands pourfendeurs de la loi Hadopi, ces chevaliers immaculés qui à défaut de défendre la veuve et l'orphelin ont combattu si vaillamment pour les droits sacrés du téléchargement libre et gratuit.

Il m'a donc paru évident qu'il fallait trouver une forme de financement publicitaire pour ces opérations et ces spectacles qui évidemment coûteront pas mal d'argent. Je me suis donc d'abord demandé quel sponsor s'intéresserait à chacune des individualités en lice. Je dois confesser que j'ai eu beaucoup de mal à établir un plan publicitaire adapté.

De surcroît, le but de la manoeuvre est évidemment de se battre pour que le meilleur gagne tout en jouant collectif.

C'est alors que j'ai pensé à une émission de téléréalité. Imaginez, enfermés dans un vaste pavillon de banlieue avec piscine, jardin design et open space, tous les candidats à la candidature de Bayrou à Cohn-Bendit en passant par Martine et Ségolène, sans oublier Manuel, Arnaud et bien sûr, ma guyanaise préférée...

Outre que cette solution permettrait non seulement de financer et d'organiser les primaires mais même de dégager un profit substantiel qui pourrait être réparti au prorata des succès d'audience entre les partis politiques participants, nous aurions enfin un exercice parfait de transparence démocratique où rien ne nous serait caché des candidats, où le confinement sous l'oeil des caméras ferait éclater rapidement ce qu'ils ont de meilleur et de pire, tandis que leurs stratégies les plus tordues n'auraient plus besoin d'être analysées par des commentateurs chevronnés mais nous seraient immédiatement compréhensibles en temps réel.

Je laisse le lecteur imaginer les alliances successives de Manuel, les confessions feutrées d'Arnaud, le génie de Martine à se poser en victime de tous et les performances de Ségolène lors des soirées karaoké : après tout celà, il ne sera évidemment plus possible de faire de la téléréalité avec des quidam sélectionnés dans le grand public.

Cependant la différence de comportement et d'expression avec le commun des mortel sera parfois moins grande que nous ne l'imaginons a priori. Par exemple, au chapitre de la langue française, les « bravitudes » de Ségolène, ses audaces créatives de langage que des conservateurs ont stupidement prises pour des fautes vaudront largement – je n'en doute pas un instant – la syntaxe texto des meilleures vedettes d'une téléréalité.

Quant à la bassesse et à la méchanceté, je vous laisse imaginer que les plus insupportables participants aux séries précédentes paraîtront des anges de convivialité comparés à nos grands fauves politiques en cage.

Je suis certain de vous avoir convaincu, et si vous me le faites savoir en nombre suffisant, j'envisage très sérieusement de publier une pétition dont j'ai déjà le titre : « Les primaires à gauche c'est bien, Left Story, c'est mieux ! »


Commentaires (14) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/08/2009
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