Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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La SNCM est aujourd’hui dirigée par un opérateur compétent des transports le Groupe Veolia. Cependant Veolia Transport qui dirige effectivement la société et qui pour faire simple doit faire face à 100% des problèmes ne possède que 28% du capital tandis que Buttler Capital Partner’s ou plutôt une société non connue dont Buttler ne serait que l’intermédiaire (FCPR, France Private Equity III ) possède 38%.
Sur le plan du capital le grand bénéficiaire de l’opération est donc la société Buttler qui d’ailleurs semble avoir investi personnellement des sommes dérisoires et qui lors de la revente bénéficiera sans aucun doute de commissions considérables sur la plus value réalisée. Au vu des comptes 2005 de la SNCM compte tenu des apports de l’Etat de l’ordre de 200 millions d’euros on peut imaginer que la plus value que va réaliser Buttler pourrait être au moins de l’ordre de 75 millions d’euros. J’interroge donc ce jour le Ministre des finances sur la base des comptes publiés. Ce n’est pas « le casse du siècle », c’est même infiniment moins que l’effraction qui avait permis il y a quelques années l’appropriation privée de la CGM pour moins d’argent que l’heureux acquéreur, il est vrai grand ami de Jacques Chirac, n’en avait trouvé dans la caisse en arrivant, mais tout de même 75 millions d’euros de plus value c’est bien payer l’amitié de M. de Villepin !
Si on fait les comptes d’un certain nombre de privatisations à la française de la CGM en passant par la SNCM et Thomson Multimédia, on peut en tirer deux conclusions. La première, c’est que l’Etat au fil des années s’est fait voler, en toute connaissance de cause, une valeur cumulée qui doit dépasser la centaine de milliards d’euros et que si cet argent était toujours dans nos caisses publiques la situation désastreuse de nos finances serait quand même moins dramatique. La seconde conclusion c’est que la privatisation des entreprises soviétiques au profit du clan Poutine n’a finalement pas été plus scandaleuse que ce à quoi nous avons assisté en France. Il fallait sans doute privatiser, il n’était pas interdit de le faire en permettant au contribuable de ne pas se faire voler comme au coin d’un bois. Je ne désespère pas dans ces conditions de voir un jour la vente au rabais de la Joconde et de la Vénus de Milo et je reste persuadé que la liquidation des actifs immobiliers de l’Etat va donner lieu à des détournements d’une ampleur sans précédent. Il ne faut pas dire « Pauvre France », mais plutôt « Cette France que l’on détrousse » ! 

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/11/2006
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