Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   

Dans la France d'aujourd'hui, le régime le plus spécial c'est celui du Premier ministre.

Je ne fais pas allusion à son régime de retraite qui consiste à bénéficier, même après quelques mois de fonction, d'une retraite généreuse assortie d'une voiture, d'un chauffeur et d'une protection policière.

Non, je parle de son régime d'activité qui consiste à ne pouvoir rien dire, et à ne pouvoir tancer que les ministres inexistants.

Ainsi, le Premier ministre a-t-il grondé Madame Rama Yade qui pensait naïvement que sa compétence sur les droits de l'homme la conduisait à manifester de la compassion envers les squatteurs aimablement transportés sur les trottoirs en banlieue parisienne.

En revanche, le comportement dangereusement récidiviste de Madame Dati qui multiplie les bourdes, bien plus graves que la candeur de Madame Yade, n'entraînent aucune réaction de la part du malheureux Fillon. C'est que Madame Dati est la copine non pas du prince qui nous gouverne mais de la reine qui gouverne le prince. Monsieur Fillon a parfaitement intégré, lui qui est marié à une britannique, qu'il doit appliquer un principe : « God save us from the Queen ».

Ne pouvant rien dire, notre ami Fillon ne peut exister que dans la manipulation délicate de la demi-gaffe. Il ne peut pas dire que l'abolition des régimes spéciaux de retraite qui est une promesse électorale du Président de la République sera mise en oeuvre dès lors que le Président de la République lui en donnera l'autorisation. Autrement dit, le Premier ministre ne peut même pas annoncer qu'une réforme promise par le chef de l'Etat sera mise en oeuvre dès lors que celui-ci le jugera opportun.

Il reste cependant beaucoup à faire pour le Premier ministre : veiller au bon renouvellement des pots de fleurs de Matignon, recevoir chaque matin les ordres de la journée de son maître, Monsieur Guéant, se promener sans rien dire et finalement se consoler de tout cela en sedisant que lui, au moins, il aura une excellente retraite.

Personne n'osera contester en effet que l'extrême pénibilité de la fonction de Premier ministre aujourd'hui justifie pleinement un régime de retraite très spécial !


Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/09/2007
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives