Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Les oligarques d’Arcelor, célèbres depuis des décennies pour leur inefficacité d’entrepreneurs et leur passion pour les fonds publics tentent de s’associer à un oligarque russe qui est miraculeusement passé du statut de cadre moyen d’une entreprise sidérurgique soviétique au statut de propriétaire de ladite entreprise.
 
La fusion s’impose. Des deux côtés on est en effet peu scrupuleux, on pratique à grande échelle l’appropriation privée du bien public et l’on partage une même culture de l’irresponsabilité et de l’incompétence entreprenariale. Ce qui est plus surprenant, c’est que le gouvernement français applaudisse à cette tentative de fusion qui même si elle risque fort de ne pouvoir aboutir n’en reste pas moins inquiétante.
 
Le gouvernement français devrait s’opposer à ce hold-up pour trois raisons.
 
La première est qu’il existe des lois, même en France, pour garantir aux actionnaires qu’ils ne seront pas floués sans qu’on leur ait au moins demandé leur avis. Or, les deux compères associés dans cette étrange opération veulent la faire passer dans le cadre d’une assemblée générale ordinaire et sans demander leur avis aux actionnaires à moins que 50% d’entre eux ne parviennent à s’opposer à l’opération, ce qui est en pratique très difficile.
 
Ainsi, une fusion consistant à livrer pieds et poings liés Arcelor à un oligarque russe se ferait sans aucune approbation des actionnaires.
 
La deuxième raison que devrait avoir le gouvernement de s’opposer à l’opération est que il y a tout de même danger de faire cadeau d’une entreprise aussi importante pour l’Union européenne à une entreprise à tout le moins suspecte de l’ex-Union soviétique.
 
La troisième raison, ce serait précisément le patriotisme économique car il est tout de même stupéfiant que pour s’opposer à la vente à un prix très élevé d’une entreprise européenne à un groupe britannique, on décide de livrer pour presque rien ledit groupe à un digne représentant du « milieu » économique russe.
 
L’opération ne pourra sans doute pas se faire puisque les actionnaires semblent se révolter face à une telle spoliation mais le gouvernement français aura une fois de plus manqué une occasion d’appliquer les lois de la République, le principe d’intérêt national et quelques règles de la morale.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/05/2006
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Les dernières notes
Communiqué 20/02/2017
Pace e Salute ! 10/01/2017
Toutes les archives