Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
Dimanche, M. Barroso, chef des eurocrates, a déclaré que désormais l'Europe ou plutôt l'eurozone, ayant constitué je ne sais quel fonds de réserve ou de sauvegarde était désormais prête à affronter de nouvelles crises affectant tel ou tel maillon faible de notre zone monétaire.
Dès ce lundi, cette rodomontade s'est trouvée ridiculisée par l'épreuve des faits : personne ne croit vraiment en Europe et dans le monde à la solidarité de la zone euro et à sa résistance face à la défiance des marchés.
Les marchés ont raison de douter de la parole de M. Barroso : au milieu de l'année 2008, ce dernier déclarait à qui voulait l'entendre que la crise ne toucherait pas l'Europe...
En second lieu, l'expérience a déjà montré l'inefficacité des mesures de sauvegarde de la zone euro. En effet, un pays comme la Grèce souffre, malgré la garantie des autres pays, d'avoir encore à emprunter à dix ans pour ses bons du Trésor à des taux extrêmement élevés, tandis que les bourses européennes sont aujourd'hui en chute de près de 2%.
Enfin, il faut se demander où la fameuse Europe va prendre les sommes immenses qu'il faudrait mobiliser pour aller au fond des choses et parer à toute éventualité :
le sauvetage de la Grèce pourrait mobiliser soixante milliards d'euros...
celui du Portugal serait au moins du même ordre,
pour l'Irlande, il faut compter 90 milliards d'euros,
pour l'Espagne, c'est au moins 350 milliards d'euros !
Et pour l'Allemagne ? La question ne se pose pas, à ce détail près qu'il y a probablement de l'ordre de 900 milliards d'euros de créances illiquides dans les comptes des banques allemandes et que le gouvernement fédéral n'en finit pas de recapitaliser à coup de dizaines de milliards d'euros la seule banque bavaroise Hypo Real Estate.
J'imagine assez bien M. Barroso chanter comme à l'opéra l'air célèbre dans lequel Leporello comptabilise, pays par pays, les conquêtes de Don Giovanni, air célèbre dont le refrain est : « Ma in Ispagna son già mille e tre... ».
On pourrait paraphraser cet air et le faire chanter à M. Barroso mais je doute que cela suffise à rassurer des marchés qui pressentent l'ampleur du désastre, la facture de plus d'une décennie de folie qu'il faudra bien finir par solder et l'impossibilité réelle de l'Union européenne de faire face.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/11/2010
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