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Le crash d’Airbus

28/11/2006
Dans le monde industriel la méthode Coué ne suffit pas, Airbus est une prodigieuse aventure industrielle créatrice d’emplois, géniale avancée technologique, qui a réussi à transformer une région française, à donner un second souffle à la vieille Europe industrielle et à démontrer que nous pouvions séduire le monde et concurrencer l’Amérique.
Mais il y a aussi les faiblesses structurelles d’Airbus. La filière aéronautique est très difficile.
Il n’existe plus que deux grands constructeurs d’avions dans le monde, des dizaines voire des centaines d’avionneurs emblématiques n’existent plus que dans les livres d’histoire de l’aéronautique. Sans les subventions déguisées à travers les programmes militaires de Boeing ou les avances théoriquement remboursables d’Airbus consenties par le secteur public, même les deux grands constructeurs mondiaux n’auraient pas survécus.
Deuxièmement, la gestion très politique des programmes Airbus conduit à des aberrations industrielles et à disperser de manière irrationnelle les sites de production avec des coûts de transport monstrueux et des contradictions dans les méthodes entre les différents sites nationaux qui handicapent terriblement le bon déroulement des programmes.
On peut surtout se demander s’il existe un pilote dans l’avion... Quelle est la stratégie d’Airbus ? Fabriquer le plus gros avion du monde par souci de performance, pour se faire plaisir ? Ou essayer de coller au marché en vendant en grande série des modèles vraiment rentables.
Il y a eu une grande réussite avec l’Airbus A320 alors que l’approche du marché des longs courriers a été calamiteuse : l’A340 trop petit, l’A380 beaucoup trop grand. Quel est aujourd’hui l’avenir d’Airbus ? Qui décide quoi ? Le secteur privé domine Airbus à condition de bénéficier des profits mais d’investir le moins possible. D’une certaine manière Airbus aujourd’hui est un exemple d’un système économique mixte dans lequel on privatise le profit et on socialise les pertes. Le public investi et prend des risques, tandis que le privé empoche les profits quand il y en a sans assumer ses responsabilités quand les temps sont durs. J’ai eu l’occasion de rencontrer M. Forgeard la veille de son éviction. Il était pitoyable et l’on se demandait comment on avait pu placer à la tête d’une telle entreprise ce personnage dont la seule action d’éclat a été de liquider ses actions quelque temps avant que le marché ne comprenne les difficultés de l’entreprise.
Et on ose nous parler de patriotisme économique et de stratégie industrielle pour la France !
Ce gouvernement inscrit à son passif économique déjà lourd, l’absorption d’Arcelor, la folle aventure du démantèlement de GDF heureusement vouée à l’échec et le gâchis historique d’Airbus. Aucun de ces évènements n’est lié à la mondialisation puisque dans aucun de ces trois dossiers on ne trouve la concurrence des pays émergents. Même si M. Mittal est né au Rajahstan et a grandi à Calcutta, il est de nationalité britannique et produit l’essentiel de son acier en Europe et en Amérique du Nord. Ce n’est pas une mondialisation inéluctable qui a conduit à ces trois échecs mais bien la sottise d’un gouvernement, sans parler des conséquences dramatiques de monstrueux copinages entre la sphère UMP et le monde des affaires. Pauvre France !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/11/2006
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