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« Le bourdon »

21/03/2012
« Le bourdon »
Hier matin, le grand bourdon de Notre-Dame a sonné pour rendre hommage aux trois jeunes enfants assassinés à Toulouse et à leur professeur.
On a dû entendre dans tout Paris et de très loin en banlieue cette cloche gigantesque et mythique avec ses treize tonnes de bronze et son battant de cinq cents kilos.
Elle résonne seulement quatre fois par an et pour des évènements exceptionnels : mort et élection de pape, libération de Paris, autrefois avènement d'un roi ou d'un empereur...
Les petits enfants de Toulouse n'étaient que des gens ordinaires.
L'assassin qui les a poursuivi, dans l'école même, pour les achever restera dans les annales de l'ignominie et l'hommage qui leur est rendu nous rappelle qu'en France, chacun est libre de sa religion, que la République respecte toutes les origines.
Le bourdon a sonné pour eux, comme il l'aurait fait pour un roi ou un pape, parce que les tuer c'est s'attaquer au seul souverain, spirituel et temporel à la fois, qui règne aujourd'hui sur la France : la République.
A la pensée que l'on a voulu tuer cette force souveraine, garante de nos libertés, j'ai, comme on dit justement, « le bourdon ».
Il me revient aussi, à propos de cloches, tous ces tintements aigres qui ont pollué l'environnement sonore de notre pays au cours des derniers mois, des dernières semaines, des derniers jours.
Vous les avez entendu ces maudites clochettes qui disent : « les vrais français sont les chrétiens », « les rites d'abattage koscher et halal sont des anachronismes » et tant d'autres phrases d'apparence anodine qui ont formé, hélas, un affreux concert de haine, une musique sordide qui a , qu'on le veuille ou non, contribué à ce climat répugnant dans lequel on vient d'assassiner quatre innocents, dont trois petits enfants, au seul motifs qu'ils étaient juifs.
Si l'on avait sonné le bourdon de Paris chaque fois que l'on a assassiné des petits enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale, il aurait alors résonné jour et nuit.
Il nous reste à espérer que cette sonnerie solennelle du bourdon fera taire, et pour longtemps, les ignobles petites cloches du racisme et de l'antisémitisme.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/03/2012
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