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Le Pays des purs

09/09/2008

La presse occidentale, plus exactement la presse française, s'est réjouie du départ du général Musharaf et y a vu le signe d'une démocratisation du Pakistan.

Ces commentateurs zélés et ignorants assimilent une peu trop facilement M Zardari à feu son ex-femme, Benazir Bhutto, et cette dernière à une sainte et martyre de la vertu démocratique toute aussi sainte et toute aussi martyre que feu son père Zulfikar Ali Bhutto.

On ne redeviendra pas sur les canonisations successives et héréditaires de la famille Bhutto puisque les morts sont inattaquables.

S'agissant de M. Zardari qui était divorcé depuis longtemps de Benazir Bhutto, on ne retiendra pas le surnom désagréable qu'on lui donne au Pakistan et qui s'inspire du taux de prélèvement qu'il opérait sur les finances publiques de son pays pendant qu'il exerçait des fonctions ministérielles dans le gouvernement de son épouse.
On s'en tiendra donc à quelques faits objectifs:
-l'an dernier au cours d'un procès qui lui était fait en Grand-Bretagne dans une affaire de corruption, M. Zardari a présenté deux certificats médicaux émanant de psychiatres new yorkais attestant sa démence
-M .Zardari a vu plusieurs de ses comptes dotés en dizaines de millions d'euros placés sous séquestre par un magistrat helvétique en 2003
-en 1998 le New York Times estimait sans risque d'être contredit, que la fortune résultant des détournements de ce ministre zélé représentait un milliard et demi de dollars
-pour qu'il soit élu député il a fallu modifier la loi pakistanaise qui jusque là ne permettait l'élection d'un membre du Parlement qu'à la condition qu'il soit titulaire d'un diplôme universitaire.

Depuis les élections législatives et le retour des Zardari, Sharif et autres sympathiques héros de la démocratie pakistanaise, le fragile équilibre des finances pakistanaises s'est trouvé rompu au point que seul le Fonds Monétaire International pourra payer les factures d'électricité des bâtiments gouvernementaux et les salaires des fonctionnaires d'ici un mois.

Combien de temps ce personnage tiendra t-il face aux menaces d'éclatement de son pays ? Combien de temps l'armée pakistanaise détentrice de l'arme nucléaire supportera t-elle une situation politique qui est à la démocratie ce que le braquage de coffre-fort est à l'exercice de la profession de banquier ? Était-il vraiment indispensable que le président en exercice de l'Union européenne salue avec effusion l'accession au pouvoir de M. Zardari et l'invite sans délai à venir le rencontrer ?
Il est vrai qu'il faut bien, maintenant qu'il est couvert par l'immunité judiciaire qui est le privilège des chefs d'état, permettre à ce brave homme de voyager tranquillement en Occident sans craindre qu'un juge mal intentionné ne le retienne durablement contre son gré dans une résidence carcérale!
Le Pakistan est une création issue de la rancoeur des musulmans de l'Empire des Indes fort mal traités depuis 1856 et dont les leaders ont voulu créer, au moment de l'indépendance, un État musulman de l'Inde qu'ils ont appelé le Pakistan, c'est à dire le « pays des purs ».

Que le pays des purs élise un président comme M. Zardari en dit long sur la perversion qui peut altérer la démocratie.



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/09/2008
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