Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

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Le PIB ne fait pas le bonheur !
L'annonce selon laquelle le Produit Intérieur Brut de la Chine (PIB) aurait dépassé celui du Japon à la fin de l'année 2010 peut paraître un événement symbolique mais il faut aussitôt rappeler que ce n'est nullement une surprise et que, de surcroît, la réalité est peut-être allée beaucoup plus vite que ce que nous pouvions croire.
S'agissant des prévisions, j'avais déjà cité dans ce blog, depuis de nombreuses années, les études publiées par la banque Goldman Sachs dès octobre 2003 (Global economics paper n°99, « Dreaming with BRIC's : The path to 2050 »).
En effet, dans ce document qui a à peine sept ans, il était prévu déjà que le PIB de la Chine dépasserait celui du Japon en 2015 et celui des Etats-Unis vers 2040 tandis que le PIB de l'Inde devait passer celui du Japon vers 2031.
Une nouvelle projection effectuée en décembre 2009 (Global economics paper n°192) devait montrer que les choses risquaient d'aller beaucoup plus vite puisque, par exemple, la croissance qui était envisagée sur la période 2003-2008 pour des pays comme la Chine et l'Inde a été très largement dépassée dans les faits : la Chine devait avoir sur cette période une croissance moyenne de moins de 8% alors qu'elle a dépassé les 10% et l'Inde une croissance moyenne de 6% alors qu'elle a dépassé les 8%.
Les projections de croissance globale de 2010 à 2050 s'établissent maintenant à 6% pour l'Inde et à 5,5% pour la Chine.
Mais au-delà de ces analyses qui ne font que mesurer de manière assez primaire des flux ou des stocks monétaires, la réalité de l'évolution économique est encore plus stupéfiante si l'on s'intéresse aux statistiques établies sur la base dite PPP c'est-à-dire Purchasing Power Parity (Parité de pouvoir d'achat).
En effet, les statistiques de PIB sont toutes exprimées en dollars et ne tiennent pas du tout compte du fait qu'un kilo de riz, un séjour dans un hôtel de qualité comparable, un vêtement semblable ou même un ordinateur ou une automobile équivalents coûtent nettement moins cher en Inde ou en Chine qu'aux Etats-Unis ou en France. Les statisticiens ont donc fait des calculs en intégrant d'abord une correction de parité de monnaie puisque nous savons tous par exemple que la monnaie chinoise, le renminbi est probablement sous-évaluée de 30% au moins, puis ont tenu compte du pouvoir d'achat que la même quantité de monnaie procurait à son détenteur dans les différents pays pour mesurer le PIB en termes de pourvoir d'achat réel.
Dans ce cas, on constate que, pour 2010, le PIB du monde se situe aux environs de 74 000 milliards de dollars, que les Etats-Unis arrivent en tête avec 14 600, suivis par la Chine avec 10 000, puis par le Japon avec 4 300 et par l'Inde avec 4 000.
On peut aussi remarquer que, si elle existait en tant qu'entité économique globale, l'Union européenne se situerait à un niveau supérieur à celui des Etats-Unis.
Compte tenu des taux de croissance qui sont de plus du double en Chine et en Inde par rapport aux Etats-Unis ou à l'Union européenne, et plus encore par rapport au Japon, on comprend bien qu'il n'est pas exclu et qu'il est même probable qu'en 2050 l'Inde puisse arriver au second rang derrière la Chine.
Bien entendu, il faut rappeler aussi que ces pays sont extrêmement peuplés et que le PIB par habitant restera longtemps beaucoup plus modeste en Chine et en Inde qu'aux Etats-Unis.
Mais à l'inverse, il faut aussi être attentif au fait que la puissance économique de ces pays se manifeste aussi largement hors de leurs frontières et souligner, pour ne prendre que l'exemple de l'Europe, que le groupe industriel Tata emploie dans l'Union européenne plus de cent mille salariés, que le groupe sidérurgique Arcelor-Mittal qui n'a, à ce jour, aucune activité en Inde est de loin le numéro un de sa spécialité dans le monde mais aussi aux Etats-Unis, dans l'Union européenne et en Chine, et que des entreprises automobiles européennes aussi emblématiques que Volvo, Jaguar ou Land Rover sont désormais aux mains de groupes industriels des deux grands pays émergents (Volvo a été racheté par un groupe public chinois, Jaguar et Land Rover par le groupe Tata).
En réalité, cela fait belle lurette que la Chine a dépassé le Japon et l'on voit bien que les deux grands pays émergents que sont la Chine et l'Inde tendront à retrouver vers le milieu du XXIème siècle le poids prédominant qui était le leur dans l'économie mondiale au début du XVIIIème siècle.
Pour autant, le but de l'économie n'est certainement pas d'accumuler des performances calculées en milliers de milliards, mais de permettre une allocation optimale des ressources pour satisfaire au mieux les besoins d'une population, ce qui suppose tout à la fois le respect de l'environnement, c'est-à-dire la garantie d'un développement durable et un partage équitable de la richesse.
Là-dessus,il y aurait beaucoup à dire, à la fois sur les pays occidentaux et sur les pays émergents !

Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 15/02/2011
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