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Le Liban italien

29/08/2006
La France est au Liban comme un poisson… sans eau !

Il faut savoir que c’est la France qui a créé le Liban : sans remonter à François Ier et aux Capitulaires, on rappellera que Napoléon III avait œuvré pour la protection des chrétiens du Liban et que c’est la France qui lors du dépeçage de l’empire ottoman avait scellé le tragique destin de ce petit pays en souhaitant stupidement ajouter aux terres chrétiennes entourant le mont Liban de vastes étendues peuplées de musulmans ainsi que la montagne des druzes.
 
La francophonie n’est pas un vain mot au Liban où la classe dirigeante parle un français bien plus rigoureux que celui de l’élite française, ce qui n’est d’ailleurs pas tout à fait une référence.
 
Cependant, il a fallu tout le génie diplomatique de Dominique de Villepin inspiré par son maître et servi par un ministre des affaires étrangères qui permet au moins à ses homologues de rigoler franchement pour marginaliser la France au Liban et faire de l’Italie la nation européenne de référence dans cette partie du monde.
 
Comme d’habitude, notre diplomatie a trop parlé, s’est fourvoyée, et s’est montrée incapable d’honorer sur le terrain ses mirifiques promesses.
 
La France a trop parlé, à tort et à travers.
Notre ministre des affaires étrangères a même réussi à dire que l’Iran était un pays respecté qui participait à la stabilisation de ses voisins.
 
Cette brillante remarque a fait le tour du monde et restera dans les annales de la gaffe diplomatique longtemps bien placée.
 
La France s’est fourvoyée en pensant stupidement que les américains, leurs alliés arabes et Israël souhaitaient un cessez-le-feu rapide. Les uns et les autres, y compris la plupart des pays arabes, à l’exception peut-être de la Syrie, souhaitaient que le Hezbollah soit anéanti.
 
Il fallait donc gagner du temps et la France s’est ridiculisée en croyant que sa résolution passerait car c’est finalement la résolution de la ligue arabe qui a été votée par le Conseil de sécurité.
 
Enfin la France a beaucoup parlé des troupes qu’elle enverrait.
 
Incapable d’envoyer la moindre unité combattante, elle a tenté de poser des conditions alors même que d’autres nations n’hésitaient pas à s’engager sans demander plus que ce qui avait été décidé au Conseil de sécurité.
 
Finalement, la France s’est contentée jusqu’à présent d’envoyer quelques centaines d’hommes du génie, qui n’ont rien à faire dans le cadre d’une force d’interposition et qui ne peuvent être considérés comme des unités actives dans le cadre du dispositif demandé par les Nations Unies.
 
Dès lors que la France n’envoie pas d’unités appropriées, il est normal que les Nations Unies demandent à un pays sérieux, dont la diplomatie dans la région est discrète mais beaucoup plus efficace que la nôtre, qui promet peu mais qui honore ses engagements de prendre le commandement de la FINUL : l’Italie.
 
Historiquement, l’Italie, a travers Rome et la Renaissance a énormément appris à la France.
 
Je ne pensais pourtant pas que c’est de l’Italie que nous recevrions une sévère leçon de diplomatie au Liban.
 
Un prochain jour sans doute, le Lichtenstein nous expliquera les mécanismes de la dissuasion nucléaire.
 



Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/08/2006
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