Lascaux 12 septembre
08/09/2010
Le 12 septembre prochain, il y aura au village de Montignac en Dordogne une remarquable cérémonie commémorant la découverte de la grotte de Lascaux par quatre très jeunes gens il y a soixante-dix ans.
Si cette grotte est fermée au public depuis 1963, et que les visiteurs n'ont plus l'accès qu'à une copie d'ailleurs remarquable, j'ai eu la chance, en 1980, de pouvoir admirer à deux reprises la grotte originale de Lascaux dont la visite était à l'époque limitée à cinq ou six personnes par jour, et d'être introduit en ce lieu par l'un de ses « découvreurs ».
Que les lecteurs de ce blog comprennent bien que ce n'est pas l'ancienneté, le fait qu'elle ait été peinte il y près de vingt mille ans et même qu'elle représente probablement une des plus anciennes manifestations de l'art humain qui donne son importance à cette oeuvre mais bien à tous les sens du mot, son incroyable fraîcheur, l'immense maîtrise technique du ou des peintres et leur génie créatif qui les placent au sommet de la hiérarchie artistique entre Beato Angelico et Raphaël ou Michel-Ange.
Un écrivain et critique français, Georges Bataille, ne s'y était pas trompé en inaugurant, par un premier volume magistral, une rétrospective de la peinture universelle chez Skira, qui s'intitulait : « Lascaux ou la naissance de l'art ».
Je conseille aux lecteurs de ce blog la lecture de cet ouvrage dont les photographies sont probablement les meilleures que l'on ait prises dans cette grotte.
Il me semble quant à moi toucher au coeur de l'art en me souvenant de la très simple image que j'ai eu la chance d'admirer à deux reprises dans la grotte de Lascaux et qui n'est d'ailleurs pas celle qui a retenu le plus l'attention des historiens de l'art et des paléontologues, ni celle qui sur le moment m'avait le plus ému.
Il s'agit de l'esquisse de ces cerfs qui battent l'eau de quelque lac préhistorique que l'artiste n'a même pas représenté mais que les têtes relevées de cette harde d'un autre âge nous font percevoir plus fortement encore que si elle avait été tracée sur la paroi.
Cette image sommaire, à la limite de la caricature, fait vivre éternellement tout à la fois ces animaux anxieux et placés dans cette condition vulnérable, et la pulsion des chasseurs avides de transformer ces merveilles de la nature en un festin du soir qui leur permettrait de survivre aux terribles conditions de leur époque.
Qu'un tracé aussi ténu soit plus émouvant et plus précis, après vingt mille ans, que les plus parfaites images captées et reproduites par des caméras sophistiquées, millionnaires en pixels, nous éclaire aussi sur ce que l'on doit rechercher dans l'art : la traduction exacte des perceptions bien loin de la tentation de plaire ou d'embellir.
Je regrette que mon emploi du temps ne me permette pas de retourner à Lascaux où d'ailleurs il ne serait vraiment plus possible de visiter l'original de la grotte. Cela n'est pas grave, nous vivons souvent l'art, et en particulier la peinture, par le souvenir et la reproduction.
Les lecteurs pourront, par l'image reproduite ci-dessus, se faire une petite idée de cette extraordinaire « frise des cerfs » ainsi qu'elle est appelée dans l'histoire de l'art.
Si cette grotte est fermée au public depuis 1963, et que les visiteurs n'ont plus l'accès qu'à une copie d'ailleurs remarquable, j'ai eu la chance, en 1980, de pouvoir admirer à deux reprises la grotte originale de Lascaux dont la visite était à l'époque limitée à cinq ou six personnes par jour, et d'être introduit en ce lieu par l'un de ses « découvreurs ».
Que les lecteurs de ce blog comprennent bien que ce n'est pas l'ancienneté, le fait qu'elle ait été peinte il y près de vingt mille ans et même qu'elle représente probablement une des plus anciennes manifestations de l'art humain qui donne son importance à cette oeuvre mais bien à tous les sens du mot, son incroyable fraîcheur, l'immense maîtrise technique du ou des peintres et leur génie créatif qui les placent au sommet de la hiérarchie artistique entre Beato Angelico et Raphaël ou Michel-Ange.
Un écrivain et critique français, Georges Bataille, ne s'y était pas trompé en inaugurant, par un premier volume magistral, une rétrospective de la peinture universelle chez Skira, qui s'intitulait : « Lascaux ou la naissance de l'art ».
Je conseille aux lecteurs de ce blog la lecture de cet ouvrage dont les photographies sont probablement les meilleures que l'on ait prises dans cette grotte.
Il me semble quant à moi toucher au coeur de l'art en me souvenant de la très simple image que j'ai eu la chance d'admirer à deux reprises dans la grotte de Lascaux et qui n'est d'ailleurs pas celle qui a retenu le plus l'attention des historiens de l'art et des paléontologues, ni celle qui sur le moment m'avait le plus ému.
Il s'agit de l'esquisse de ces cerfs qui battent l'eau de quelque lac préhistorique que l'artiste n'a même pas représenté mais que les têtes relevées de cette harde d'un autre âge nous font percevoir plus fortement encore que si elle avait été tracée sur la paroi.
Cette image sommaire, à la limite de la caricature, fait vivre éternellement tout à la fois ces animaux anxieux et placés dans cette condition vulnérable, et la pulsion des chasseurs avides de transformer ces merveilles de la nature en un festin du soir qui leur permettrait de survivre aux terribles conditions de leur époque.
Qu'un tracé aussi ténu soit plus émouvant et plus précis, après vingt mille ans, que les plus parfaites images captées et reproduites par des caméras sophistiquées, millionnaires en pixels, nous éclaire aussi sur ce que l'on doit rechercher dans l'art : la traduction exacte des perceptions bien loin de la tentation de plaire ou d'embellir.
Je regrette que mon emploi du temps ne me permette pas de retourner à Lascaux où d'ailleurs il ne serait vraiment plus possible de visiter l'original de la grotte. Cela n'est pas grave, nous vivons souvent l'art, et en particulier la peinture, par le souvenir et la reproduction.
Les lecteurs pourront, par l'image reproduite ci-dessus, se faire une petite idée de cette extraordinaire « frise des cerfs » ainsi qu'elle est appelée dans l'histoire de l'art.
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