Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse

Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Conseiller à l'Assemblée de Corse


   
La spirale de la dette
En 2001, le budget de l'Etat clôturait l'exercice avec un déficit de 40 milliards d'euros.
En 2010, ce déficit a atteint 150 milliards d'euros.
Nous pourrions penser que le besoin du financement de l'Etat que l'on constate à chaque début d'année, ou que l'on calcule rétrospectivement à la fin de l'exercice est exactement égal au montant de ce déficit. Et ce serait déjà considérable, pour la République française que d'avoir à emprunter chaque année de telles sommes.
Malheureusement, le volume des emprunts, que la République contracte chaque année pour équilibrer ses comptes, est de plus en plus important et représente aujourd'hui deux ou trois fois le montant du déficit annuel.
C'est qu'en réalité, non seulement les comptes de l'Etat n'ont pas connu le moindre excédent depuis quarante ans mais qu'une pratique douteuse de notre comptabilité publique nous permet de ne pas compter dans le déficit annuel ce qu'il est nécessaire d'emprunter pour rembourser les emprunts passés venus à échéance.
Ainsi, en 2001, notre République a-t-elle dû emprunter 90 milliards d'euros, 40 correspondant au déficit de l'année et 50 correspondant au remboursement d'emprunts venant à échéance. En 2010, nous avons dû emprunter 237 milliards d'euros, 150 correspondant au déficit de l'année et le reste, 86 milliards d'euros correspondant au remboursement d'emprunts antérieurs.
Au cours de l'année 2011, le déficit a été ramené à un niveau très inférieur à ce qu'il était pour l'année 2010 mais il est encore de 90 milliards d'euros. Et comme il a fallu rembourser près de 100 milliards d'euros d'emprunts arrivant à échéance, nos nouveaux emprunts de l'année ont représenté 187 milliards.
Lorsque le gouvernement nous dit qu'il ramènera le déficit de l'Etat à 80 milliards d'euros en 2012, il oublie de préciser qu'il nous faudra aussi financer une centaine de milliards d'euros pour financer des emprunts arrivant à échéance, de telle sorte que nous emprunterons près de 180 milliards d'euros cette année.
Quand une collectivité locale emprunte pour rembourser un emprunt antérieur arrivant à échéance, on considère qu'il s'agit bien d'un déficit et votre banquier considérera un renouvellement d'emprunt comme un emprunt supplémentaire que parfois il vous refusera.
Il serait raisonnable que l'on se mette à compter honnêtement et de façon réaliste de manière à ce que chaque citoyen comprenne que si par miracle, en 2012, un nouveau gouvernement parvenait à équilibrer le budget français, il devrait encore emprunter environ 120 milliards d'euros parce que la moyenne d'emprunt des années se situant environ sept ans auparavant (la durée moyenne de nos emprunts est de sept ans) se situe aux environs de 120 milliards d'euros.
Il nous faut aussi comprendre que si, en 2017, le budget de l'Etat revient à l'équilibre, ce à quoi se sont engagés les deux principaux candidats à l'élection présidentielle, il faudra néanmoins que l'Etat emprunte environ 240 milliards d'euros, correspondant aux emprunts de 2007.
Je ne vous parle même pas des intérêts qu'il faudra payer sur de telles sommes : 240 milliards empruntés à 2% représentent une charge annuelle d'environ 5 milliards d'euros, soit sur sept ans, de l'ordre de 35 milliards d'euros...
Autrement dit, s'il est élu, ce que je souhaite, à la présidence de la République, et même s'il est réélu à l'issue d'un premier mandat, les dix ans de la présidence de François Hollande ne suffiront pas à payer les dettes de celle de Nicolas Sarkozy !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/02/2012
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